Les relations diplomatiques entre Lima et Washington DC risquent bien d’en prendre un sérieux coup ! Ce lundi 20 avril 2026 le gouvernement péruvien a annoncé avoir gelé les 3,42 milliards de dollars US alloués à l’achat ferme de douze Lockheed-Martin F-16V Viper. Ces avions auraient dû assurer le remplacement des actuels Mikoyan MiG-29 Fulcrum et Sukhoi Su-25 Frogfoot d’origines russes. Il compte bien annuler totalement la commande et relancer le programme d’acquisition, privilégiant les avionneurs européens.
C’est en février dernier que le gouvernement péruvien de droite du président José Jerí a annoncé la commande de douze F-16V Viper, auxquels devaient s’ajouter une option pour autant d’exemplaires à signer ultérieurement. Le jeune président péruvien comptait ainsi s’acheter la protection des États-Unis face aux accusations de corruption et d’enrichissement personnel qui lui collaient à la peau. Malheureusement pour lui la justice péruvienne et son opposition ont été plus rapides que les faucons trumpiens. Jerí a été démis de ses fonctions à peine une semaine après l’annonce de la décision d’acquérir les douze F-16V Viper pour les besoins de la Fuerza Aérea del Peru.
Aujourd’hui c’est la coalition de gauche du président José María Balcázar qui dirige le Pérou. Et celle-ci a décidé d’annuler la commande de ces douze F-16V Viper, et donc l’option d’achat pour douze avions supplémentaires. La méthode a été simple et radicale : geler les 3,42 milliards de dollars US que José Jerí avait provisionné pour le compte des États-Unis.
Outre un anti-trumpisme totalement assumé le président José María Balcázar compte bien faire revenir à la table des négociations les avionneurs européens Dassault Aviation, Eurofighter, et Saab afin qu’ils puissent clairement montrer les capacités de leurs avions de combat respectifs. La gauche et le centre-gauche péruviens n’ont jamais caché leur intention d’acheter européen.
À Lima les juges anti-corruption s’intéressent de près aux conditions d’attribution du contrat à Lockheed-Martin. Ils veulent comprendre pourquoi Dassault Aviation et Eurofighter semblaient avoir bien plus le vent en poupe auprès de la Fuerza Aérea del Peru que l’avionneur américain à qui le contrat a finalement été attribué ? De son côté l’ambassade américain à Lima a d’ores et déjà fait savoir qu’elle n’en resterait pas là.
José María Balcázar est-il devenu le nouveau caillou dans la chaussure de Donald Trump ? Et l’avionneur américain le dindon de la farce du locataire du bureau ovale ?
Affaire (évidemment) à suivre.
Photo © Lockheed-Martin
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3 réponses
Merci pour l’article. Le rêve de voir le Rafale poser ses roues en Amérique du Sud est donc à nouveau permis. Une bonne nouvelle pour l’Europe, quelque soit le choix final et souverain du Pérou.
Ce ne sera pas le premier pays à faire de même, tant que le 47ème président américain sera en poste ! Espérons que la secte MAGA va s’estomper suite à son départ. Le Saab Gripen me semble un avion taillé sur mesure pour ce genre de pays.
Et comme cela se fait de plus en plus quand l’Amérique trumpienne n’obtient pas ce qu’elle veut les menaces commencent à tomber : https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20260421-achat-d-avions-de-chasse-am%C3%A9ricains-les-%C3%A9tats-unis-menacent-le-p%C3%A9rou-de-repr%C3%A9sailles