Notre ami Marcel nous avait prévenu voici un peu plus de deux ans que cela allait arriver ; c’est fait ! Au salon de Farnborough les dirigeants de l’avionneur De Havilland Canada ont fait savoir qu’ils proposaient désormais à la vente le bimoteur turbopropulsé Sherpa, issu du célèbre Short 330 britannique. Leur démarche s’inscrit dans la logique de ce que le constructeur canadien avait déjà réalisé en 2023 avec le Twin Otter 300. Les marchés civils et militaires sont clairement visés par cet avion ô combien rustique.
À la grande différence du Twin Otter le Sherpa n’a jamais été un avion canadien. Afin de relancer sa production il fallait que De Havilland Canada en acquiert l’intégralité des droits. Car si l’entreprise britannique, basée en Irlande du Nord, a bien été un temps la propriété du géant canadien Bombardier cela est terminé depuis novembre 2020. Depuis lors Short Brothers est passé dans le giron de Boeing via sa filiale Spirit AeroSystems. Il a donc fallu négocier.
Et ce mardi 21 juillet 2026 monsieur Neil Sweeney, numéro 2 de De Havilland Canada, a révélé à Farnborough que désormais l’avion était proposé sur le marché, comme un produit du constructeur. Le Sherpa est donc désormais un avion canadien, en tous cas dans sa définition 2026.
La plus grosse différence entre l’avion des années 1970, vendu dans les années 1980 à l’US Army comme C-23 Sherpa, et cette nouvelle version c’est la motorisation ! Adieu les deux turbopropulseurs Pratt & Whitney Canada PT6A-45-R de 1200 chevaux chacun et bonjour les Pratt & Whitney Canada PT6A-65-AR de 1425 chevaux, à hélice cinq pales.
Présenté au Salon de Farnborough dans une livrée grise qui n’est pas sans rappeler celle des avions de l’armée américaine le De Havilland Canada Sherpa arbore une surprenante mâchoire ensanglanté de rat. Baptisé Pack Rat l’avion est d’ores et déjà une des vedettes du rendez-vous anglais de l’aéronautique contemporaine. L’avionneur le présente comme ultra polyvalent, pouvant aussi bien faire du transport de fret que de personnels, de paras, ou encore de troupes mais aussi des évacuations sanitaires ou du soutien aux forces spéciales. En gros exactement ce que feu le Short 330 faisait déjà.
Reste désormais à savoir combien de clients se trouvent désormais dans le carnet de commandes de De Havilland Canada. L’avionneur nord-américain n’aurait jamais pris le risque d’annoncer le grand retour de cet avion mythique s’il n’avait pas déjà deux ou trois contrats sous le coude.
Affaire à suivre.
Photos © De Havilland Canada
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