Est-ce la réponse du berger à la bergère après le lancement de l’exercice Eagles of Civilization 2026 ? Depuis environ deux jours la parole se libère totalement en République de Chine où désormais le Dassault Aviation Rafale F4 est clairement vu comme le seul avion capable de damer le pion aux forces de la République Populaire de Chine. Sur le plan diplomatique Paris peut-elle ainsi défier Pékin et vendre son fleuron aux Taïwanais sans craindre des représailles commerciales ? Les Américains ont de leur côté déjà tranché la question.
Pour être honnête le Rafale F4 n’est qu’un second choix… mûrement réfléchi.
Entre 2016 et 2024 les Taïwanais ont tout fait pour obtenir des Américains l’autorisation d’acquérir une quarantaine de Lockheed-Martin F-35A Lightning II. Dans un premier temps la première administration Trump s’était dite favorable à ce marché avant de se rétracter en 2018 et d’offrir aux Taïwanais une fin de non recevoir. Ils ont retenté leur chance quelques temps plus tard avec l’administration Biden qui là dès le départ a refusé toute négociation en ce sens. L’année dernière, au retour de Donald Trump ils sont revenus à la charge et se sont pris un troisième rejet.
OK jamais deux sans trois mais cette fois ils ont compris la leçon.
C’est à peu près à ce moment là que l’idée du Dassault Aviation Rafale F4 est apparue dans les têtes des Chinois de l’île de Formose. Le principe était que s’ils ne pouvaient pas obtenir de chasseur de 5ème génération il leur fallait le nec plus ultra des avions de combat de génération 4.5 , donc le biréacteur français ! Des Chinois de l’île de Formose qui d’ailleurs connaissent très bien les productions Dassault Aviation pour voler sur Mirage 2000-5Ei depuis la fin du siècle dernier.
Sauf que l’île de Formose c’est un peu le furoncle sur les relations entre Pékin d’un côté et les États-Unis et l’Union Européenne de l’autre. On a compris que les Américains ont baissé leur pantalon, administrations Trump aussi bien que Biden, la balle est donc dans le camp du Vieux Continent et en particulier de l’Hexagone.
Peut-être plus encore que dans n’importe quel autre contrat d’exportation d’avions de combat la dimension diplomatique est essentielle avec Taïwan. État indépendant, non officiellement reconnu par une bonne partie des membres de l’ONU, et considéré par Pékin comme lui appartenant c’est un régime démocratique en face de la plus grosse dictature de la planète par ailleurs première puissance commerciale de la planète.
Vendre des Rafale F4 à Taïwan c’est non seulement faire un coup énorme mais qui ne serait pas sans risque.
D’abord Dassault Aviation serait assuré de se fermer au marché chinois pour les années à venir, plus question d’y vendre d’ultramodernes Falcon 6X et Falcon 10X. Ce serait du pain béni pour la concurrence américaine et canadienne ! Ensuite sur le plan économique les mesures de rétorsion décidées par Pékin contre la France seraient inédites. Le pouvoir chinois refuse qu’on le mette en défaut, ne serait-ce pas un pays comme le nôtre. Le commerce franco-chinois pourrait devenir très tendu.
Malgré cela vendre le Rafale F4 aux Chinois serait le genre de signal qu’Emmanuel Macron pourrait envoyer au monde. À quelques mois de la fin de son second quinquennat le président qui a le plus vendu l’avion de combat terminerait sur un point d’orgue extraordinaire. Et il montrerait l’indépendance française… tout en laissant la patate chaude à celle ou celui qui lui succèdera à la tête du pays.
Alors oui les Taïwanais veulent le Dassault Aviation Rafale F4. Depuis quelques temps maintenant on le sait. Et depuis deux trois jours tout semble s’accélérer sur l’île de Formose. Car ses habitants savent que l’avion français file de l’urticaire aux généraux chinois comme aucun autre avant lui, à part peut-être le F-35 Lightning II. Et les Taïwanais aiment défier le pouvoir central de Pékin. Et si le chef d’œuvre clodoaldien leur en donnait lui aussi l’occasion ?
Affaire à suivre.
Photo © Armée de l’Air et de l’Espace
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