Quel avion pourra remplacer le Brésilien du Berry ? La question taraude le ministère des Armées depuis maintenant trois ans avec des hauts et des bas, sur fond de crise budgétaire majeure. Pourtant il faut se rendre à l’évidence : l’Embraer EMB 121 Xingu vieillit et il devient urgent de lui trouver un successeur digne de ce nom ! Une décision est attendue avant l’été 2027.

Voulez-vous un scoop sur ce dossier ? Le successeur en question ne sera pas de facture française. Alors certes j’enfonce une porte ouverte pourtant il faut remarquer que si notre pays est très compétitif sur les marchés des avions de combat, des jets d’affaire, ou encore des hélicoptères sur l’ensemble de leurs spectres respectifs cela fait bien longtemps qu’il n’a pas pensé un avion de la catégorie du Xingu. Rappelons que ce dernier remplaça le Dassault MD.315 Flamant (bien français) daté de l’après-guerre.
D’abord afin de remplacer le Xingu il faut savoir si le ministère des Armées reste sur le format ATEF, abréviation d’Avion de Transport École du Futur, tel qu’on le connait depuis 2023 ou s’il évolue vers un aéronef moins économique type jet léger comme le Pilatus PC-24. Aux vues poches trouées et caisses vides de Bercy il m’est d’avis que l’ATEF restera la norme. C’est à dire un avion bimoteur turbopropulsé.
Si tel est le cas la compétition est pliée et le contrat peut d’ores et déjà être paraphé à Balard ! Le Beechcraft Super King Air 260 est l’avion idéal, ayant notamment donné naissance au T-54A Marlin II actuellement en cours de déploiement dans les écoles de l’US Navy. L’avion américain est sans concurrence sur le marché, il a écrasé toutes velléités de résistance. Il a su s’imposer comme la seule référence du genre. Et les avionneurs européens ont capitulé. L’Aviation Royale Canadienne l’a d’ailleurs elle aussi récemment sélectionné comme CT-145E Expeditor II à hauteur de sept exemplaires.
Sauf que le marché pour l’Armée de l’Air et de l’Espace et pour la Marine Nationale devrait être un peu plus conséquent. Les besoins de nos écoles s’orientent vers vingt-cinq à trente avions d’entraînement multimoteurs afin de remplacer les trente-deux actuels Xingu. À l’origine la France en avait reçu quarante-et-un de l’avionneur sud-américain. On est loin du compte mais les finances des années 1980 et celles des années 2020 ne sont pas tout à fait comparables.
La future sélection du Super King Air 260 sera aussi une rupture nette après deux mandats macronistes durant lesquels les avionneurs européens auront été privilégié au détriment de leurs concurrents américains. Sauf que là des avionneurs européens il n’y en a pas. C’est Beechcraft ou rien !

Vous l’aurez compris cette compétition n’existe pas, l’avionneur américain a gagné car il est hégémoniste sur son marché. Ça tombe bien que son Super King Air soit un avion d’exception.
Affaire (tout de même) à suivre.
Photos © Armée de l’Air et de l’Espace
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