Pour tout dire, lorsque j’ai réalisé une affiche pour saluer la première vente du Rafale à l’Égypte il y a 11 ans déjà, je n’imaginais pas un instant qu’elle deviendrait le point de départ d’une longue série (même si j’ai toujours pensé que le Rafale serait un succès à l’export depuis encore plus longtemps). Ce sont d’ailleurs les lecteurs (vous, donc) qui m’ont réclamé son impression, et la boutique du site est née de cette demande un peu inattendue. Depuis, la règle ne s’est jamais démentie : chaque nouveau client export du chasseur de Dassault Aviation a droit à son poster, de la Grèce à la Serbie en passant par la Croatie ou les Émirats arabes unis. Une tradition (presque devenue superstition) que je n’avais aucune raison de rompre avec l’Ukraine. Même si celle-ci tient une place un peu à part dans la collection.
Car le dossier ukrainien ne ressemble à aucune des autres ventes du Rafale à un pays étranger. Il a démarré en novembre 2025 sur la base aérienne de Villacoublay, où Zelensky et Macron ont signé une lettre d’intention portant sur l’acquisition de jusqu’à 100 Rafale F4 sur une dizaine d’années, avec leur armement, des systèmes sol-air SAMP/T de nouvelle génération et des drones. Restait la question du financement, qui avait fait couler beaucoup d’encre (et pas toujours la plus bienveillante). Elle a trouvé un début de réponse en juillet 2026, lorsque Kiev a annoncé la commande d’une première tranche de 16 appareils, payée grâce au dispositif de prêt européen en soutien à l’Ukraine. Les pilotes et mécaniciens ukrainiens doivent être formés en France, et les premiers avions devraient prendre l’air sous cocarde ukrainienne vers 2028 ou 2029. Le contrat ferme resterait encore à finaliser, ce qui n’a rien d’exceptionnel à ce stade d’une négociation de cette ampleur. Les Rafale viendront ainsi rejoindre les F-16 américains, les Mirage 2000 déjà cédés par la France et, peut-être un jour, les Gripen E suédois, dans une force aérienne qui se reconstruit en pleine guerre sur des standards occidentaux.

Côté graphisme, le Rafale survole Kiev et sa monumentale « Mère Patrie , la Batkivshchyna-Maty (Батьківщина-Мати) qui domine le Dniepr. Une statue née sous l’ère soviétique, dont le bouclier porte depuis 2023 le trident ukrainien à la place des armoiries de l’URSS. Le symbole est désormais assez parlant pour le répéter largement. Au passage, pour rappel, tous les posters et affiches sont réalisés sous le label « Fabrication Humaine » qui permet d’identifier et de valoriser les œuvres créées sans recours à l’intelligence artificielle générative, affirmant ainsi l’essence même du processus créatif humain.
Les plus attentifs d’entre vous remarqueront aussi que l’avion porte des réservoirs conformes plaqués sur le fuselage. Et ils auront raison de froncer les sourcils. Étudiés par Dassault sur le standard F4, ces réservoirs n’ont jamais été adoptés en série et ne devraient, selon toute vraisemblance, pas équiper les Rafale livrés à l’Ukraine, mais plutôt devenir réalité avec le Rafale F5. Il s’agit donc d’un choix délibéré, celui d’une vue d’artiste qui épaissit la silhouette du chasseur pour lui donner une allure plus massive, plus puissante, à l’image de ce que l’on peut souhaiter à l’aviation ukrainienne face à l’agresseur russe. À l’heure où les réseaux sociaux regorgent d’images générées par IA présentées comme des clichés authentiques, une licence artistique annoncée comme telle me semble plutôt honnête (et puis un poster de décoration n’a jamais eu vocation à servir de fiche d’identification, ni de support publicitaire à vocation marketing).
Il faut aussi le redire, puisque certains commentaires nous y obligent régulièrement : le soutien de ce site à l’Ukraine n’a jamais varié depuis février 2022, et il ne variera pas. Un pays envahi qui se défend n’a pas à justifier son besoin d’avions de combat. Et ce soutien devrait être celui de l’Europe entière, tant la sécurité du continent se joue aujourd’hui en partie dans le ciel ukrainien, là où les drones Shahed d’origine iranienne et les missiles russes frappent les villes nuit après nuit.
Dernier point, plus prosaïque. Le prix des affiches n’a pas bougé d’un centime depuis l’ouverture de la boutique, c’est toujours 19,90 €. À une époque où chaque passage en caisse rappelle la vraie définition économique du mot inflation, on peut dire que c’est une forme de résistance (à notre échelle, n’exagérons rien). Vous trouverez donc cette nouvelle affiche dans la boutique, aux côtés de toutes les précédentes. Une série qui, depuis 2015, s’allonge au rythme des succès à l’export d’un avion longtemps réputé comme invendable par certains.
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Une réponse
Bonjour
Je reviens sur l’histoire des réservoirs conformes. Ils ont été présentés lors du dernier salon du bourget sur un Rafale F4. Il n’y a donc pas de raisons de rejeter a priori cette option.