La France revient en force dans le domaine de renseignement aéroporté. Depuis le début du mois l’Armée de l’Air et de l’Espace fait voler à partir de sa Base Aérienne 105 d’Évreux le tout premier Dassault Aviation Archange. Dérivé de l’avion d’affaire haut de gamme Falcon 8X cet appareil est mis en œuvre le prestigieux Escadron Électronique Aéroporté 1/54 Dunkerque. L’histoire militaire française est en marche.
Porteur de l’immatriculation temporaire française F-ZJFM et de son code tactique 509 l’Archange est surtout présenté avec le lion des Flandres stylisé en basse visibilité. Ce dernier est depuis toujours l’emblème de l’EEA 1/54 Dunkerque. Pour mémoire Archange signifie «Avion de Renseignement à CHArge utile de Nouvelle GEnération» et s’inscrit dans le cadre de la CUGE, la «Capacité Universelle de Guerre Électronique». Toute une novlangue qui indique en fait que le Dassault Aviation Archange est un avion de reconnaissance électronique et stratégique, c’est à dire un avion-espion.

Depuis les retraits du service des Sarigue NG et Transall Gabriel la France ne jouissait plus d’une capacité réelle de reconnaissance stratégique et d’espionnage aéroporté. L’Archange va changer cela. Pourtant il n’est pas encore pleinement en service, il est toujours en expérimentation avec le concours du Centre d’Expertise Aérienne Militaire.
À terme l’Armée de l’Air et de l’Espace alignera trois de ces avions dont les livraisons doivent s’échelonner jusqu’en 2029. Sont également concernées trois systèmes sol qui doivent permettre l’emploi des Archange en opérations extérieures autant qu’en dehors de son nid de la Base Aérienne 105 d’Évreux.

Dérivé du Falcon 8X, lui-même issu du best-seller Falcon 7X, l’Archange est un pur produit français. Conçu par Dassault Aviation et par Thales pour les besoins de l’Armée de l’Air et de l’Espace et au-delà de la communauté française du renseignement ce type d’avion n’a quasiment aucune chance d’être exporté, ou tout le moins pas dans sa configuration actuelle. On imagine mal le ministère des Armées autoriser l’exportation d’un avion doté des pus hautes technologies tricolores en matière de reconnaissance stratégique et électronique.
Reste désormais à savoir si une version export n’est pas actuellement à l’étude afin de concurrencer le L3Harris EA-37B Compass Call II américain déjà vendu à l’Italie et qui intéresserait le Japon.
Photos © Armée de l’Air et de l’Espace
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