OK j’assume le jeu de mot pourri du titre, mais il a du sens quand on voit la situation confuse autour de l’avion de combat d’origine française auprès de la Fuerza Aérea del Perú. Son état-major a récemment déclaré que finalement le Dassault Aviation Mirage 2000P devra demeurer opérationnel jusqu’au début de la décennie prochaine, et ce alors qu’il est désormais le seul chasseur en dotation localement. Les Mikoyan MiG-29SMP Fulcrum ont cessé de voler voici deux ans et les Lockheed-Martin F-16V Viper ne seront pas livrés avant au moins quatre ans. Quand aux Cessna A-37B Dragonfly et Sukhoi Su-25K Frogfoot on peut retourner la question dans tous les sens ce ne sont nullement des avions de chasse.
En théorie le Pérou n’a pas actuellement d’ennemi nécessitant l’engagement d’avions de chasse afin de le protéger. Ainsi les onze Dassault Mirage 2000, neuf monoplaces Mirage 2000P et deux biplaces (de transformation opérationnelle) Mirage 2000DP, ne devraient normalement pas avoir à beaucoup voler. Sauf que ce n’est pas aussi simple que ça.
Car un avion de chasse comme le Mirage 2000P c’est bien plus qu’un simple intercepteur ou qu’un banale chasseur de supériorité aérienne. Comme en France ou ailleurs dans le monde ce type d’avion peut décoller en alerte pour une mission de police du ciel, et notamment d’assistance aux aéronefs en difficulté. Mais surtout le Pérou est un pays d’Amérique du Sud dans lequel les cocaleros, les cultivateurs de coca, sont omniprésents. Aussi bien ceux qui font ça légalement que ceux qui travaillent pour les cartels de la drogue. Et il n’est pas rare que ces marchands de mort sortent leurs cargaisons du pays par voie aérienne. La chasse est alors essentielle pour intercepter ces aéronefs chargés de cocaïne et pour les forcer à atterrir sur des terrains d’aviation sous contrôle de l’armée ou des forces de l’ordre.
Jusqu’au début de la décennie prochaine la Fuerza Aérea del Perú repose donc sa chasse sur un seul et unique modèle d’avion de combat : le Mirage 2000P. Neuf chasseurs dont il n’est plus du tout question de perdre le moindre exemplaire. Il en va de la survie de cette aviation de chasse. Mais surtout l’état-major péruvien indique désormais clairement que l’arrivée d’ici quatre ans, donc au second semestre 2030, des premiers des douze F-16V Viper ne marquera pas la mise à la retraite des deltas clodoaldiens. Les avions de combat d’origine américaine auront pour mission de remplacer des MiG-29 Fulcrum retirés du service six ans auparavant.
Et la succession des onze dits Mirage 2000P/DP dans tout ça ? Bah c’est là que le bat blesse puisque pour permettre qu’ils partent à la retraite il faut une nouvelle commande de F-16V Viper qui se fait toujours attendre. Et puis chez Lockheed-Martin d’autres ont déjà pris un ticket dans la file d’attente, genre la Bulgarie. L’option du printemps dernier doit être transformée d’ici le printemps 2028 sans quoi les Péruviens devront tout renégocier avec les Américains, y compris les coûts d’achats et les délais de livraison. Et plus ils tardent plus les Mirage 2000P/DP devront voler longtemps.
Or l’un des soucis majeurs des Mirage 2000P c’est que ce ne sont pas exactement les versions les plus modernes de l’avion de combat français. En gros ce sont des Mirage 2000E, c’est à dire une évolution du vieux Mirage 2000C. Vous l’aurez compris ce n’est pas le Pérou.
Photo © Fuerza Aérea del Perú
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