Nous ne sommes à raison pas avares de critiques envers les Américains, surtout ces dernières années compte tenu des positions géopolitiques et économiques de leur Président… M’enfin, côté préservation de leur patrimoine volant, il n’y a pas à dire, ils savent faire !
Vous aurez peut-être passé à côté de l’info, passionnés que vous êtes, mais aujourd’hui je vous propose de nous arrêter sur un « petit » évènement pour le monde des warbirds. La renaissance, ce mercredi 21 octobre 2026, d’un rarissime Douglas B-23 Dragon.
Cet appareil immatriculé N747M a repris les airs au Texas, après, excusez moi du peu, 35 années sans voler ! Cet ancien bombardier bimoteur, qui appartint notamment au célèbre industriel et aviateur Howard Hughes, vient de franchir une étape majeure de sa restauration. Un événement d’autant plus remarquable que seuls quelques exemplaires de cet avion méconnu ont survécu.
Sans vous refaire la fiche de l’appareil, laissez moi vous proposer un rapide retour en arrière. Le B-23 Dragon est un appareil méconnu de l’avant-guerre. Développé par Douglas pour succéder à son B-18 Bolo, il effectua son premier vol en juillet 1939. L’US Army Air Corps, qui ne l’attendait pas, en commanda tout de même quelques exemplaires : seulement 38 furent construits. Déjà dépassé par l’évolution rapide des bombardiers au début du conflit, il servit également à des missions d’entraînement, de reconnaissance et de transport. Certains exemplaires adaptés au transport militaire reçurent la désignation UC-67.
Après la guerre, plusieurs Dragons furent vendus sur le marché civil et transformés en appareils de transport, notamment pour des entreprises. C’est dans cette seconde carrière que le N747M se distingua. Après son retrait du service militaire, il passa aux mains de plusieurs propriétaires et fut acquis par Howard Hughes sous l’immatriculation NC49548. Il vola ensuite pour différentes sociétés avant d’être finalement retiré du service et entreposé.
Et c’est ainsi qu’il traversa les années, jusqu’à ce qu’il retrouve les airs depuis l’aéroport régional de Pearland, près de Houston, ce mercredi. Sa discrète restauration fut entreprise par des spécialistes de Warbird Aero Restorations. Aux commandes se trouvait Charlie « Tuna » Hainline, accompagné de Charlie Tilghman en copilote. Brad Pilgrim et Norman Russell assuraient quant à eux les fonctions de mécaniciens navigants. D’après l’équipe de restauration, ce premier vol s’est déroulé sans difficulté particulière.
Il ne s’agit là que d’une étape, certes importante, car il reste toutefois pas mal de boulot. Après cette première sortie dans les airs, l’avion doit encore recevoir sa peinture et voir son aménagement intérieur terminé. La société Aerometal International, installée dans l’Oregon, doit notamment intervenir sur la cabine.
Son retour en vol constitue ainsi une excellente nouvelle pour la préservation du patrimoine aéronautique américain. Le Dragon n’a certes pas connu la célébrité de certains bombardiers contemporains, et c’est justement ce que je trouve excitant ! Non pas que la restauration d’un énième Mustang ne me procure pas d’émotions, mais quand un appareil aussi rare, aux formes et à la silhouette atypiques, peut à nouveau fendre l’air, ça réveille en moi un romantisme pour les années 30.
Affaire (donc) à suivre.
Toutes les photos © Warbird Aero Restorations
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