American Eurocopter MH-65 Dolphin

Fiche d'identité

Appareil : American Eurocopter MH-65 Dolphin
Constructeur : Eurocopter Group
Désignation : MH-65
Nom / Surnom : Dolphin
Code allié / OTAN :
Variante : HH-65, SA.366G, AS.366G
Mise en service : 1985
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Hélicoptères
Rôle et missions : Hélicoptère de recherches et sauvetages en mer, police des mers, soutien à la lutte antiterroriste

Sommaire

“ Le petit «Frenchie» de l'US Coast Guard ”

Histoire de l'appareil

Comme dans d’autres domaines l’aéronautique possède ses idées reçues parmi lesquelles figurent celle encore très présente d’une Amérique qui n’achèterait que des aéronefs développés et produits aux États-Unis. C’est évidemment faux. L’acquisition dans les années 1990 d’une poignée de bimoteurs Casa C-212 Aviocar par l’US Air Force ou plus récemment d’hélicoptères AgustaWestland AW.119 Koala devenus TH-73 Trasher dans l’US Navy peuvent parfaitement en attester. Et c’est d’ailleurs avec une voilure tournante que fut signé le premier vrai gros contrat entre un service officiel américain et un industriel européen, en l’objet l’hélicoptériste français Aérospatiale. Cela donna naissance au HH-65 aujourd’hui connu comme MH-65 Dolphin.

Tout commença en 1977 quand l’US Department of Transportation émit le programme Short Range Recovery relatif à un hélicoptère de recherches et sauvetages en mer destiné aux opérations côtières. En effet à cette époque l’US Coast Guard dépendait de ce ministère américain et souhaitait pouvoir retirer rapidement du service ses vieux Sikorsky HH-52A Seaguard hors d’âge. Un cahier des charges fut établi en ce sens. Le programme SRR prévoyait que le futur appareil soit biturbine et qu’il puisse disposer d’un rayon d’action de 150 miles (soit environ 240 kilomètres) depuis une base terrestre ou un navire en croisière tout en demeurant sur zone trente minutes et pouvoir retourner à sa base avec une réserve de carburant équivalente à vingt minutes de vol. En outre le futur appareil devait pouvoir voler en croisière à la vitesse de cent nœuds et à 1000 pieds d’altitude, soit environ 185 kilomètres heures et 305 mètres du sol.

Trois hélicoptéristes avancèrent chacun des avant-projets, deux étaient américains et le dernier français : Bell avec une version profondément modifiée de son Model 222 et Sikorsky et son S-76 Spirit dans le premier cas ; Aérospatiale et une version américanisée de son SA.365F Dauphin 2. Contre toute attente Bell fut très rapidement éliminé, les décideurs de l’US Coast Guard estimant l’appareil inapte à leurs besoins.
Sikorsky crut alors la victoire acquise puisque le constructeur Aérospatiale était français et que les coasties étaient tenus au titre de la loi dite du Buy American Act de mars 1933 d’acheter un produit conçu et fabriqué aux États-Unis. La France avait un atout dans sa manche : Aérospatiale Helicopters Corporation.

Cette société était, malgré ce qu’on pourrait penser, strictement américaine, avec son siège à Grand Prairie au Texas et ses usines attenantes. Les capitaux eux étaient français. Il s’agissait depuis 1974 d’une branche du géant aéronautique hexagonal. AHC allait pouvoir produire une version spécialement adaptée du SA.365F Dauphin 2.
En novembre 1984 le gouvernement fédéral américain rendit son avis et déclara vainqueur l’hélicoptère français. Il ne restait plus qu’à peaufiner la machine. Pour rester dans les clous du Buy American Act et de ses plus récentes révisions le futur appareil devait être composé de 70% d’équipements américains. La motorisation allait donc devoir évoluer.
C’était la mort annoncée de la turbine Turboméca Arriel 1M1 de 749 chevaux au profit de la Lycoming LTS-101-750B de 742 chevaux.

Dès lors le nouvel hélicoptère fut révélé comme Aérospatiale SA.366G. Par rapport au SA.365F existant ailleurs dans le monde l’appareil n’avait pas que la nouvelle motorisation comme différence. La porte latérale arrière droite a du être modifiée afin de permettre l’installation d’une baie à avionique exigée dans le cahier des charges.
En fait le SA.366G était un hélicoptère en kit. La cellule et le rotor anti-couple Fenestron étaient fabriqués en France et ensuite transportés par bateaux jusqu’aux États-Unis. L’assemblage final se faisait à Grand Prairie avec les équipements américains.
Au total quatre-vingt-seize hélicoptères furent commandés par l’US Coast Guard.

Le premier d’entre eux entra en service à l’automne 1985 sous la désignation d’Aérospatiale HH-65A Dolphin. L’US Coast Guard obtint sa pleine dotation moins de cinq ans plus tard, permettant rapidement la mise en retraite de l’ensemble des Sikorsky HH-52A Seaguard.
Lors de son entrée en service l’hélicoptère de conception française révolutionna la défense américaine, faisant ainsi la fierté des coasties : il était la première voilure tournante construite en métal et matériaux composites à entrer en service actif sous cocarde américaine. Très rapidement ses facilités de pilotage mais aussi d’appontage, y compris par mauvaise mer, en firent l’hélicoptère favori des pilotes de la garde côtière américaine.
À l’usage pourtant les deux turbines Lycoming LTS-101-750B ne donnèrent pas pleine satisfaction. À la différence de tous les autres Dauphin dans le monde le HH-65A Dolphin était incapable de retourner à sa base ou à son navire de rattachement en cas de panne d’une des deux turbines. Le crash était la seule issue possible.
Dès l’année 1993 une commission fut mise en place afin de réfléchir à une alternative. Le constructeur Aérospatiale Helicopters Corporation proposa alors de remotoriser les HH-65A avec deux Turboméca Arriel 2C1 de facture française. Afin de rester conforme aux lois américaines l’hélicoptériste proposa que celles-ci soient assemblées dans son usine texane par des techniciens américains sous la supervision d’ingénieurs américains et français. L’idée sembla géniale à beaucoup mais l’US Coast Guard n’avait pas le budget nécessaire.

En 1999 pourtant un chantier permit de transformer les quatre-vingt-douze HH-65A encore en service en HH-65B. Le chantier fut cette fois mené par la société American Eurocopter, raison sociale d’AHC depuis la création d’Eurocopter en Europe. L’avionique était au cœur des modifications, notamment une qualification aux jumelles à vision nocturne et l’emport d’un GPS et d’un TCAS sur les machines de série. L’ensemble de la flotte fut transformée entre fin 2000 et fin 2001.
L’idée d’une nouvelle motorisation trottait toujours dans la tête des amiraux de l’US Coast Guard, très attachés au HH-65 Dolphin. Il faut dire que de par sa rapidité et sa flexibilité d’emploi l’hélicoptère était devenu le chouchou des équipages qui volaient dessus.
En outre il avait conquis le cœur de nombreux Américains au travers de séries télés et de productions hollywoodiennes.
Moins de trois ans après l’entrée en service du dernier HH-65B l’usine texane d’American Eurocopter fut rappelée afin d’assurer le chantier dit HH-65C. Il s’agissait alors du plus ambitieux. Désormais les turbines Lycoming LTS-101-750B de 742 chevaux allaient laisser la place à des Turboméca Arriel 2C2 d’une puissance unitaire de 934 chevaux gagnant ainsi plus de 25% de puissance supplémentaire. Surtout désormais le HH-65C Dolphin allait disposer d’une capacité multi-missions, aux profits notamment des forces spéciales de HITRON. Ils furent livrés entre l’automne 2004 et l’été 2006.

La mésaventure des MD Helicopters MH-90A Enforcer puis quelques années plus tard des Agusta MH-68A Mako avait vacciné l’US Coast Guard : l’American Eurocopter HH-65C Dolphin ferait très bien l’affaire, mieux même sans doute que ces deux modèles. C’est pourquoi fin 2008, quatre semaines seulement après le retrait du service des MH-68A Mako les Dolphin virent leur désignation modifiée. Désormais ils seraient appelés MH-65C.
Cela indiquait qu’en plus des fonctions habituelles de recherches et sauvetages en mer et de contrôle des pèches ces hélicoptères allaient assurer des missions plus diverses comme la lutte contre les trafics dans le golfe du Mexique et l’arc caribéen ou encore la lutte anti-terroriste. L’Amérique vivait dans la peur d’un nouveau 11 septembre, les MH-65C Dolphin allaient s’adapter.

Début 2011 American Eurocopter produisit cinq AS.366G2 totalement neufs et les versa immédiatement à l’US Coast Guard. Financés par l’US Department of Homeland Security et par l’US Department of Defense ils furent désignés MH-65D Dolphin. Ils préfiguraient une nouvelle évolution intégrant désormais la possibilité d’emporter un armement minimal et notamment des fusils de précisions pour tireurs d’élites ou encore une mitrailleuse légère de calibre 5.56 millimètres OTAN.
Six ans plus tard l’US Coast Guard prit la décision de moderniser encore un peu plus sa flotte en passant au standard MH-65E. Pour la première fois ce chantier n’allait pas intégralement se dérouler dans l’usine de Grand Prairie mais également dans les ateliers aéronautiques de la garde côtière américaine à Elizabeth City en Caroline du Nord. Un accord fut passé en ce sens avec Airbus Helicopters Incorporation, la raison sociale d’American Eurocopter depuis janvier 2014. Sur MH-65E une avionique dernier cri, compatible avec celle du Sikorsky MH-60T Jayhawk, l’autre hélicoptère opérationnel de l’US Coast Guard, fut installée ainsi qu’un glass cockpit. Il s’agit d’un poste de pilotage tout écran ultramoderne. Une partie des transmissions mais également le train d’atterrissage révisés sont issus du Dauphin N3. Le treuil mécanique fut lui aussi revu et corrigé, il s’agissait toujours du modèle d’origine daté du HH-65A.

Les American Eurocopter MH-65E ont pris un certain retard à arriver en unité du fait de la pandémie de Covid-19. Les premiers n’ont été déployés qu’au cours de l’année 2021 et non 2019 comme initialement prévu. En fait sept MH-65D convertis étaient en stockage en Caroline du Nord.
Appareil ultra efficace ayant sauvé plus de vies depuis son entrée en service que n’importe quel autre aéronef de l’US Coast Guard, Grumman HU-16B Albatross et Sikorsky HH-3F Pelican compris, le MH-65 Dolphin est devenu mythique. Les Américains l’appellent souvent «Mighty Little French», ce qui se traduit par le «Puissant Petit Français».

Début 2022 l’US Coast Guard a annoncé que ses quatre-vingt-dix huit American Eurocopter MH-65D/E Dolphin devraient rester en service au moins jusqu’en 2039. Cela fera alors 54 ans qu’elle possèdera cet étonnant petit biturbine d’origine française. Un chantier de modernisation d’ici là n’est pas à exclure.
Particularité notable, alors que l’Aérospatiale SA.366G avait été spécialement conçu pour les États-Unis deux exemplaires furent acquis par Israël qui les utilisa de 1985 à 1997, perdant l’un d’entre eux en missions. Ils furent remplacés par des Eurocopter AS.565 Panther bien plus modernes. L’état hébreu fut le seul pays «étranger» à faire voler le HH-65 Dolphin.

Appareil bien pensé, malgré des défauts de motorisation à ses débuts, l’American Eurocopter MH-65 Dolphin est la démonstration parfaite de l’adaptabilité aux besoins du client des constructeurs français et aujourd’hui européens. C’est cette même faculté qui amena quelques années plus tard à la naissance de l’American Eurocopter UH-72 Lakota issu de l’Eurocopter EC-645.

 

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Photos du American Eurocopter MH-65 Dolphin

Caractéristiques techniques

Modèle : Aérospatiale HH-65A Dolphin
Envergure : 11.88 m diamètre du rotor principal
Longueur : 11.58 m
Hauteur : 3.96 m
Surface alaire : N.C.
Motorisation : 2 turbines Lycoming LTS-101-750B
Puissance totale : 2 x 742 ch.
Armement : aucun
Charge utile : trois passagers ou deux blessés et un soignant ou 900kg sous élingue
Poids en charge : 4032 kg
Vitesse max. : 305 km/h à 1500 m
Plafond pratique : 3000 m
Distance max. : 725 Km en convoyage
Equipage : 3
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Profil couleur

Profil couleur du American Eurocopter MH-65 Dolphin

Plan 3 vues

Plan 3 vues du American Eurocopter MH-65 Dolphin
Fiche éditée par
Arnaud
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Vidéo du American Eurocopter MH-65 Dolphin

Décollage en alerte d'un MH-65 Dolphin.