Dassault (FFA) Mirage IIIS

Fiche d'identité

Appareil : Dassault (FFA) Mirage IIIS
Constructeur : Avions Marcel Dassault
Désignation :
Nom / Surnom : Mirage IIIS
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1965
Pays d'origine : France
Catégorie : Chasseurs des années 60-80
Rôle et missions : Chasseur monoplace

Sommaire

“ Le chasseur scandaleux ”

Histoire de l'appareil

Au sein des nations européennes la Suisse a toujours tenu une place à part. D’abord son territoire est enclavé, encadré par cinq pays dont trois puissances continentales (Allemagne, France, et Italie) et deux nettement plus modestes que sont l’Autriche et la toute petite principauté du Liechtenstein, et ensuite elle cultive depuis longtemps une neutralité complète quoique bienveillante envers ses mêmes voisins. N’étant membre ni de l’Union Européenne ni de l’OTAN elle n’est pas censé risquer la moindre guerre et pourtant elle a toujours tenu à disposer de chasseurs de haut niveau. L’un des exemples les plus frappants est un avion d’origine française mais profondément modifié afin de répondre aux exigences suisses : le Dassault Mirage IIIS.

À la fin des années 1950 les Troupes d’Aviation Suisse disposent de chasseurs d’origine britannique, principalement des De Havilland Vampire FB Mk-6 / NF Mk-10 et Venom FB Mk-4, mais aussi leurs premiers Hawker Hunter F Mk-58. Les deux premiers modèles sont considérés comme vieillissants et doivent donc être remplacés.
À Berne les autorités fédérales cherchent alors l’avion idoine. Après quelques hésitations elles se tournent vers le Dassault Mirage IIIC. En 1960 un exemplaire est loué à l’avionneur français afin d’être remis à la FFA, la Fabrique Fédérale d’Avions, dans l’optique que ses ingénieurs étudient les transformations à même de satisfaire les Troupes d’Aviation Suisse.

L’année suivante les ingénieurs suisses ont remis leur rapport aux autorités de Berne. Un budget de 828 millions de francs (suisses) est alors débloqué afin d’acheter cent Mirage IIIC modifiés selon les désidératas des militaires. La commande se découpe en quatre-vingt chasseurs désignés Mirage IIIS, dix-huit exemplaires de reconnaissance Mirage IIIRS, et deux d’entraînement avancé et de transformation opérationnelle Mirage IIIBS.
Et dès le départ du programme un hic apparait : les Suisses ont confondu le Mirage IIIC avec sa version évoluée Mirage IIIE plus onéreux de 20%. C’est ce dernier qui doit servir de base de travail au Mirage IIIS.

Les ingénieurs de FFA décident de remplacer le radar de tir Thomson-CSF Cyrano d’origine par un Hughes Taran 18 américain. Cette option fait suite à l’acquisition par les Troupes d’Aviation Suisse de missiles air-air moyenne portée AIM-4 Falcon et courte portée AIM-9 Sidewinder.
Les pilotes suisses ayant pour habitude d’utiliser des routes secondaires comme piste d’atterrissage le train d’atterrissage du Mirage III doit donc être revu et corrigé afin d’intégrer un amortisseur gonflable ainsi que des pneus à basse pression. De la même manière il devait pouvoir décoller avec l’assistance de fusées JATO sous voilure. Les hangars suisses de grottes étant plus petits que ceux existant en France le nez de l’avion devait pouvoir se replier. Autant de modification qui n’ont jamais été gratuites et ont fait enfler la note finale du contrat.

Les Suisses étant ce qu’ils sont ils n’ont pas accepté de remettre la main à la poche. Un budget de 828 millions de francs (suisses) avait été voté il serait employé. Dassault et son partenaire FFA n’auraient pas un centime de plus. Ce dépassement ne tarda pas à faire la une des quotidiens, d’un côté comme de l’autre du Léman. On appela cela l’affaire des Mirage. Ce que nombre d’observateurs ont alors reconnu être un scandale d’état.
En 1964 la Suisse connait sa première commission d’enquête parlementaire après que les Troupes d’Aviation Suisse aient demandé une rallonge de 576 millions de francs (suisses) bien évidemment rapidement refusée. Des têtes sautent. Et l’année suivante l’avionneur français livre les deux premiers Mirage IIIS codés J-2301 et J-2302. Ce seront les seuls exemplaires produits par Dassault tous les autres l’étant par FFA.
De 80 exemplaires du Mirage IIIS le contrat est passé à 36 seulement. C’est là le fruit du scandale et des nombreuses modifications demandées. Les Mirage IIIBS sont portés au nombre de trois et les Mirage IIIRS demeurent inchangés.

Au sein des Troupes d’Aviation Suisse en cette année 1965 le Dassault Mirage IIIS est une véritable révolution. Avec lui les pilotes découvrent enfin la possibilité de dépasser le mur du son. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde. Des pétitions apparaissent aux quatre coins de la fédération. Dans tous les cantons ou presque on se plaint du bruit effrayant de ces nouveaux jets. La taille réduite du pays interdit en outre, ou presque, les vols à Mach 2.
Sans atteindre le scandale de l’affaire des Mirage le bruit devient le problème récurrent des Suisses envers leurs pilotes de chasse entre la seconde moitié des années 1960 et toutes les années 1970. Une solution est trouvée quand des accords sont trouvés avec la France et l’Italie afin de pouvoir voler haut et vite au-dessus de leurs territoires respectifs.

Entre août 1970 et mars 1981 les Troupes d’Aviation Suisse perdent quatre Mirage IIIS lors de crashs. Le dernier secoue l’opinion publique car son pilote est tué sur le coup, n’ayant pas réussi à s’éjecter. À Berne on prend la chose très au sérieux et un contrat est passé à l’été 1983 avec Dassault-Breguet afin que les monoplaces encore en état de vol soient modernisés. Leurs sièges éjectables sont tous remplacés par un modèle plus récent tandis que des plans canards font leur apparition. Il s’agit de ceux testés quelques mois auparavant sur le Mirage 3 NG expérimental. Quelques autres menues modifications sont apportés aux avions et les quatre premiers sont remis aux Troupes d’Aviation Suisse à la mi 1984. Le chantier se termine en 1988.
La carrière du Mirage IIIS se poursuivra encore une grosse dizaine d’années. Les derniers monoplaces sont retirés du service en 1999, quatre ans avant les derniers biplaces et exemplaires de reconnaissance tactique.

Malgré un début d’aventure plus que chaotique le Dassault Mirage IIIS fut un chasseur apprécié des pilotes suisses. Ironie de l’Histoire le missile AIM-4 Falcon à l’origine de tous ses déboires financiers fut déclaré obsolète par Berne après seulement une petite quinzaine d’années de service. Le musée de l’aviation militaire de Payerne expose un des deux seuls exemplaires construits en France tandis qu’un autre appareil est visible chez nous, à Montélimar pour être plus précis, au sein du célèbre Musée Européen de l’Aviation de Chasse.
Le Mirage IIIS est indissociable du célèbre Milan, demeuré expérimental.

 


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Photos du Dassault (FFA) Mirage IIIS

Caractéristiques techniques

Modèle : Dassault Mirage IIIS
Envergure : 8.22 m
Longueur : 15.30 m
Hauteur : 4.30 m
Surface alaire : 34.85 m2
Motorisation : 1 réacteur SNECMA Atar 9C
Puissance totale : 4280 kgp. à sec ou 6200 kgp avec post-combustion
Armement : Deux canons de 30 millimètres et 4000kg de charge, incluant en priorité des missiles air-air AIM-4 Falcon et AIM-9 Sidewinder.
Charge utile : -
Poids en charge : 13700 kg
Vitesse max. : 2150 km/h à 14000 m
Plafond pratique : 18000 m
Distance max. : 1200 Km en patrouille air-air
Equipage : 1
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Profil couleur

Profil couleur du Dassault (FFA) Mirage IIIS

Plan 3 vues

Plan 3 vues du Dassault (FFA) Mirage IIIS
Fiche éditée par
Image de Arnaud
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Vidéo du Dassault (FFA) Mirage IIIS

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