Dewoitine D.21

Fiche d'identité

Appareil : Dewoitine D.21
Constructeur : Société Aéronautique Dewoitine
Désignation : D.21
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : Dewoitine D.12, Skoda-Dewoitine SD-1.
Mise en service : 1926
Pays d'origine : France
Catégorie : Chasseurs de l'entre-deux-guerres
Rôle et missions : Chasseur monoplace

Sommaire

“ Boudé par la France, plébiscité à l'étranger ”

Histoire de l'appareil

S’il est aujourd’hui surtout connu pour son remarquable chasseur à aile basse cantilever D.520 l’avionneur Dewoitine ne réalisa pas que cette machine. Avant la Seconde Guerre mondiale il se fit un nom, comme d’autres constructeurs français, au travers de monoplans parasols. Il s’agissait alors soit d’avions d’entraînement avancé soit de chasseurs, avec une nette prépondérance pour ces derniers. Malgré la qualité de ses machines il n’était finalement que peu représenté dans les rangs de l’Aéronautique Militaire (devenue ensuite l’Armée de l’Air) et de la Marine alors que ses productions se vendaient particulièrement bien à l’export, notamment en Suisse. L’un des exemples les plus frappants dans le genre fut le Dewoitine D.21.

Premier de ses avions construits en série le chasseur monoplace D.1 permit à l’avionneur Dewoitine de se familiariser avec les codes de l’usinage. Dans le même temps il lui servit de base de travail pour concevoir de nouveaux appareils. C’est d’ailleurs à partir de celui-ci qu’il lança en 1923 le développement du chasseur D.12 destiné à un programme C1 pour le compte de l’Aéronautique Militaire. Équipé d’un moteur à douze cylindres en W Lorraine 12E Courlis de 450 chevaux l’avion échoua à intéresser les militaires français. Malgré cela l’avionneur produisit deux prototypes. Le premier s’écrasa suite à une rupture de voilure tuant sur le coup son pilote ; le second fut lui conservé par le constructeur comme banc d’essais en vol.

Début 1924 le ministère de l’Air émit une nouvelle fiche programme type C1, c’est à dire pour un chasseur monoplace. Émile Dewoitine y vit l’occasion de proposer un nouvel avion dérivé du concept du D.1. Cependant afin d’économiser au maximum les ressources il réutilisa le second prototype D.12 et le fit modifier afin de donner naissance au D.21 qu’il proposa dans la compétition.
Les avionneurs Blériot-SPAD, Potez, et Wibault y participaient eux aussi.

Extérieurement le Dewoitine D.21 reprenait ce qui avait fait le succès du D.1 : voilure haute parasol, train d’atterrissage renforcé, large champ de vision et motorisation fiable. Celle-ci reposait alors sur un Hispano-Suiza 12Gb à douze cylindres en W d’une puissance de 505 chevaux. L’armement était lui assez conséquent pour l’époque : deux mitrailleuses Darne de calibre 7.5 millimètres montées dans la voilures et deux Vickers de 7.7 millimètres installées elles le long du fuselage et synchronisées.
C’est dans cette configuration que l’avion réalisa son premier vol en octobre 1925.

Malgré un intérêt certain pour lui le Dewoitine D.21 ne fut pas commandé en série par la France. À l’instar de ses concurrents Blériot-SPAD S.51 et Potez 26 il fut battu par le Wibault Wib.7 considéré comme plus novateur. Son aventure industrielle aurait pu s’arrêter là si le marché n’en avait pas décidé autrement. En effet présenté au Salon de Paris 1924, au Grand Palais l’avion y avait fait sensation.
D’une manière assez surprenante c’est une force aéronavale, l’Aviación Naval Argentina, qui passa commande pour huit machine en premier. Pour autant le D.21 n’avait pas été navalisé.

L’Aviación Naval Argentina utilisa ses Dewoitine D.21 de 1926 à 1935 comme chasseurs terrestres. À la différence du prototype destiné au programme C1 les avions argentins n’emportaient que les deux mitrailleuses Vickers de calibre 7.7 millimètres. La réputation internationale de la mitrailleuse française Darne n’était vraiment pas terrible, étant accusée de s’enrayer très facilement. Par la suite l’avionneur argentin FMA produisit trente exemplaires qui volèrent au sein de la Fuerza Aérea Argentina.
Le client le plus important fut cependant la Suisse qui acquis la licence de production pour quarante-huit machines construites les Eidgenössische Konstruktionswerkstätte, aussi connues comme EKW. À la différence des modèles argentins les avions suisses disposaient du moteur Lorraine 12E Courlis de 450 chevaux du Dewoitine D.12. Eux non plus ne firent pas appel aux mitrailleuses françaises, leur préférant les modèles britanniques plus fiables.

Deux contrats plus petits furent par la suite signés, le premier avec la Turquie pour dix exemplaires et le second par le Paraguay à hauteur de huit machines. Toutes furent produites en France avec le moteur Hispano-Suiza 12Gb et expédiées par bateau jusqu’à destination. À l’époque le constructeur français avait renoncé à proposer son D.21 avec ses quatre mitrailleuses, le limitant aux deux Vickers acceptées par les Argentins et les Suisses.
En cette seconde moitié des années 1920 le Dewoitine D.21 avait la réputation d’être un chasseur agréable à piloter, rapide, manœuvrable, et correctement armé. C’était un joli succès international pour un avion refusé par l’Aéronautique Militaire.
Le dernier client fut, en 1929, la Tchécoslovaquie qui acheta vingt-cinq exemplaires appelés à être localement construit par Skoda sous la désignation de Skoda-Dewoitine SD-1. Son moteur était lui aussi produit sous licence. Il servit jusqu’en 1936, étant alors remplacé par l’excellent chasseur biplan Avia B-534 de facture locale.

Hormis quelques rares accrochages frontaliers entre l’Argentine et la Bolivie le Dewoitine D.21 ne connut jamais véritablement le feu. La Suisse pour mémoire cultive une neutralité très forte. Dans ce pays les D.21 ont en partie été remplacés par les D.27 du même avionneur. L’avion français jouissait partout où il servit d’une excellente réputation, notamment due à sa fiabilité ; et ce malgré son rejet par les militaires français.
Il ne reste aujourd’hui plus aucun Dewoitine D.21.

 


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Photos du Dewoitine D.21

Caractéristiques techniques

Modèle : Dewoitine D.21, au standard C1 français.
Envergure : 12.80 m
Longueur : 7.64 m
Hauteur : 3.00 m
Surface alaire : 24.80 m2
Motorisation : 1 moteur en W Hispano-Suiza 12Gb
Puissance totale : 1 x 505 ch.
Armement : Deux mitrailleuses de calibre 7.7mm et deux autres de calibre 7.5mm.
Charge utile : -
Poids en charge : 1580 kg
Vitesse max. : 270 km/h à 2200 m
Plafond pratique : 6000 m
Distance max. : 400 Km à masse maximale
Equipage : 1
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Profil couleur

Profil couleur du Dewoitine D.21

Plan 3 vues

Plan 3 vues du Dewoitine D.21
Fiche éditée par
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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Vidéo du Dewoitine D.21

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