FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Dornier Do 16 Wal
Constructeur : Dornier-Werke GmbH
Désignation : Do 16
Nom / Surnom : Wal
Code allié / OTAN :
Variante : Do J, Do 15 Militär Wal
Mise en service : 1923
Pays d'origine : Allemagne
Catégorie : Hydravions
Rôle et missions : Hydravion de reconnaissance maritime, reconnaissance côtière.

HISTOIRE

Dornier Do 16 Wal :
Aux origines d'une prestigieuse lignée d'hydravions à coques”

Plus sans doute que tout autre aspect de l’aéronautique l’hydraviation est un monde à part, avec notamment ses propres constructeurs. Bien sûr beaucoup ont su construire également des aéronefs terrestres mais se sont illustrés dans le design et la conception d’hydravions à coques ou à flotteurs. Les grands noms restent aujourd’hui encore Aichi et Kawanishi au Japon, Beriev et Grigorovich en Union Soviétique, Breguet et Loire en France, Grumman et Martin aux États-Unis, ou encore Short et Supermarine au Royaume-Uni. L’Allemagne nazie connut aussi ses entreprises spécialisées dans le domaine mais l’une d’elle survola littéralement la concurrence : Dornier. Et sa première véritable réussite fut l’étonnant bimoteur push-pull Do 16 Wal.

Dès la Première Guerre mondiale, alors qu’il travaillait pour Zeppelin-Lindau, l’ingénieur Claude Dornier se spécialisa dans l’étude et la réalisation d’hydravions à coques. Son Rs II/Rs IIb puis son Rs III préfigurent de grandes machines commerciales qui devront permettre de traverser les océans sous quelques années. Dornier avait déjà dans l’idée que l’hydravion puisse s’affranchir des distances, ce que les avions ne pouvaient alors pas faire.
Mais c’est véritablement avec le Zeppelin-Lindau Gs I que les choses deviennent sérieuses dès l’année 1918. Hydravion à coque monoplan à aile haute doté de deux moteurs à six cylindres en ligne Maybach de 260 chevaux montés en push-pull et d’un empennage double dérive il était dès sa construction ultramoderne. Malheureusement pour lui l’hydravion est dans le collimateur de la France et il est coulé le 25 avril 1920 au large de Kiel conformément à un amendement du traité de Versailles. Pour Claude Dornier ce fut un déchirement.

Afin de contourner les restrictions ordonnées par les Britanniques et les Français Claude Dornier décida de développer en secret un héritier de ce Gs I sous la désignation de Dornier Do J et de le faire assembler en Italie au sein de la CMASA. Ce nouvel hydravion était à la fois une version modernisée mais aussi simplifiée de sa machine précédente.
Dornier croyait mordicus dans son architecture push-pull et sélectionna le moteur français Hispano-Suiza Type 8 à huit cylindres en V d’une puissance nominale de 300 chevaux. Pour autant les essais en vol débutés le 6 novembre 1922 démontrèrent qu’il n’était pas adapté au Do J. Déposés ils furent remplacés par deux Rolls-Royce Eagle à douze cylindres développant chacun 360 chevaux de puissance. Dès lors le Do J devint un succès.
Son patronyme devint Wal, la baleine.

Il fut alors proposé aussi bien comme hydravion commercial pour le transport de huit à dix passagers ou comme appareil militaire dédié à la reconnaissance maritime et à la surveillance côtière. Casa produisit d’ailleurs six exemplaires pour le compte de l’Ejercito del Aire. Les premiers exemplaires arrivèrent en unité en 1923. Deux ans plus tard l’avionneur espagnol signait un protocole d’accord visant à la production en série illimitée du Dornier Do J Wal pour les besoins indigènes. Au cours des années 1920 des Do J furent ainsi vendus, à titre militaire, en Argentine, au Brésil, au Chili, au Danemark, en Italie, au Japon, au Portugal, aux Pays-Bas, en Union Soviétique, en Uruguay, et en Yougoslavie.
Des licences de fabrication furent cédées pour les versions commerciales vers le Brésil, la Colombie, le Japon, ou encore en Roumanie. Surtout à partir de 1929 l’avionneur allemand est autorisé par les Britanniques et les Français à produire lui-même ses Do J Wal depuis ses usines de Friedrichshafen. Cependant suite à quelques petits soucis avec Fiat, qui avait entre temps racheté la CMASA. De ce fait le premier Wal réellement Dornier ne sortit d’usine qu’en février 1932, alors même que cet hydravion était alors obsolète.

En fait à la même époque Claude Dornier avait commencé à travailler sur le Do JII, aussi appelé Wal 8T ou Wal 32. Cette version améliorée était dotée de moteurs allemands BMW Type VI à douze cylindres en V d’une puissance nominale de 600 chevaux et avaient été pensés pour pouvoir être catapultés depuis deux navires postaux allemands, les Schwabenland et Westfalen. Quand ils entrèrent en service en septembre 1931 les Do JII étaient les plus gros hydravions embarqués au monde.
Deux exemplaires supplémentaires furent produits en URSS pour les besoins de l’Aeroflot.
En mai 1933 apparurent les six Dornier Do JII Wal 33 encore modernisés et destinés à des vols transatlantiques vers l’Amérique du sud pour les besoins de la Lufthansa. Cette fois ci ils furent équipés de BMW Type VII.

L’arrivée au pouvoir des nazis permit la création du RLM, et avec lui une certaine uniformisation des désignations dans l’aéronautique allemande. Tous les Dornier Do J reçurent alors la désignation de Do 16. Cependant la jeune Luftwaffe, non encore officialisée de manière internationale passa commande pour trente exemplaires d’une version de reconnaissance côtière désignée Do 15 Militär Wal, dotée de quatre mitrailleuses mobiles de calibre 7.92 millimètres montées deux par deux dans un poste de tir dorsal et un poste de tir avant. Les Do 15 possédaient des moteurs BMW de 750 chevaux chacun.

Outre leurs vols commerciaux et leurs missions de reconnaissance côtière les Dornier Do J s’illustrèrent comme hydravions d’exploration et de raids. Le célèbre explorateur danois Roald Amunsen tenta notamment de survoler le pôle nord à l’aide d’un de ces hydravions, finissant par le poser sur la glace. Au printemps 1930 l’aviateur allemand Otto Beltram dirigea une mission entre la mer Baltique et les Canaries sur Do J.
Plus tard en janvier-février 1939 deux Do JII Wal 33 furent utiliser pour cartographier 600 000 km² en Antarctique, photographiant au passage plus de la moitié des terres émergées et de la banquise survolées. C’est le cartographe et aviateur allemand Georg von Neumayer qui commanda cette expédition nommée «mission Wegener» du nom du géophysicien ayant découvert la dérive continentale.

Le Dornier Do J / Do 16 Wal a donné naissance à trois machines très différentes : le quadrimoteur commercial Do R Super Wal, ayant lui même débouché sur le mythique Dornier Do X, le Do N de bombardement terrestre, et l’hydravion Do 18 à vocation principalement militaire et ayant volé durant une bonne partie de la Seconde Guerre mondiale.
Dès septembre 1939 ces derniers ainsi que les Blohm und Voss Bv 138 reléguèrent les Do 15 Militär Wal à des missions de recherches et sauvetages en mer. Finalement ils furent retirés du service fin 1943 au profit de trimoteurs Dornier Do 24 plus adaptés. Ainsi se terminait la carrière militaire d’un hydravion mythique.

De nos jours un des quarante-deux Do J produits par Casa est préservé soigneusement en Espagne. Il est le témoin d’une époque durant laquelle les hydravions Dornier sillonnaient les océans et mers de la planète.

 

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Dornier Do 15 Militär Wal
Envergure : 23.20 m
Longueur : 18.30 m
Hauteur : 5.40 m
Motorisation : 2 moteurs push-pull en V BMW Type VIa
Puissance totale : 2 x 750 ch.
Armement : Quatre mitrailleuses mobiles de calibre 7.92mm.
Charge utile : jusqu'à six personnes secourues
Poids en charge : 8500 kg
Vitesse max. : 225 km/h au niveau de la mer
Plafond pratique : 6000 m
Distance max. : 1750 Km
Equipage : 4
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Dornier Do 16 Wal

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Dornier Do 16 Wal

VIDÉO

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