Gourdou-Leseurre GL.2

Fiche d'identité

Appareil : Gourdou-Leseurre GL.2
Constructeur : Gourdou et Leseurre
Désignation : GL.2
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : Zodiac Type A et Type B, GL.1, GL.21, GL.22, GL.23.
Mise en service : 1918
Pays d'origine : France
Catégorie : Chasseurs de l'entre-deux-guerres
Rôle et missions : Chasseur monoplace, avion d'entraînement avancé, ambulance volante

Sommaire

“ Le parasol qui rata (de très peu) la Grande Guerre ”

Histoire de l'appareil

À bien des égards la configuration d’ailes dite du parasol peut être considérée comme française. D’abord parce que c’est l’avionneur Morane-Saulnier qui la popularisa, notamment au travers de ses chasseurs AI ou encore MS.225, et ensuite parce que que cela soit en en anglais, en espagnol, ou même en italien on utilise le mot parasol français. D’ailleurs dans l’Hexagone d’autres avionneurs utilisèrent cette formule à l’image de Gourdou-Leseurre singulièrement avec son chasseur monoplace GL.2 et ses dérivés, y compris d’entraînement.

Le polytechnicien Charles Gourdou et le centralien Jean Leseurre travaillaient durant la Première Guerre mondiale pour le compte de Maurice Mallet, fondateur de la société Zodiac alors spécialisée dans les dirigeables. Pour autant ils avaient la charge de son bureau d’études spécialisée dans les aéroplanes. C’est qu’au début de l’année 1918 ils proposèrent à l’Aéronautique Militaire un projet de chasseur monoplace à aile parasol appelée Zodiac Type A. Construit en bois entoilé et doté de nervure en aciers, et animé par un moteur à huit cylindres en V Hispano-Suiza 8Ab d’une puissance de 180 chevaux l’avion n’avait rien de très original mais pouvait parfaitement trouvé sa place dans l’arsenal français. Le Type A réalisa son premier vol le 10 mai 1918 et le surlendemain fut présenté à un aréopage de généraux. Il les intéressa immédiatement. Cependant les essais en vol menés par deux pilotes militaires démontrèrent que l’avion était trop lourd, du fait de l’emploi de métal. Finalement l’Aéronautique Militaire demanda à Zodiac de revoir sa copie et de proposer une version plus affinée du Type A.

Logiquement le nouvel avion, qui reprenait 80% des éléments de celui-ci, fut désigné Zodiac Type B. L’empennage avait été revu et corrigé, l’aile parasol renforcée passant de quatre à huit mâts permettant de mieux la contreventer. L’armement lui aussi changea : d’une mitrailleuse synchronisée Vickers de calibre 7.7 millimètres les ingénieurs Gourdou et Leseurre étaient passés à deux. Pour autant la motorisation ne changea nullement.
Le Type B réalisa son premier vol le 2 août 1918 et fut commandé en série à hauteur de 300 exemplaires dès le lendemain. Les ateliers de Zodiac se mirent en ordre de marche et commencèrent l’assemblage des dix premiers exemplaires de série.
Ceux ci furent livrés à l’Aéronautique Militaire au début du mois de novembre. Ils furent officiellement accepté au service le 18 de ce même mois, soit pile une semaine après l’Armistice. La commande fut annulée et les militaires ne prirent en compte que ces dix premiers exemplaires et les dix suivants prêts à être livrés.

Début 1919 l’Aéronautique Militaire alignait donc vingt Zodiac Type B, un modèle de chasseur qu’elle considéra comme léger. Quelques mois plus tard Charles Gourdou et Jean Leseurre négocièrent avec Maurice Mallet leur départ de l’entreprise. Ils voulaient voler de leurs propres ailes. Surtout Zodiac cherchait à se recentrer sur son corps de métier : les dirigeables. Cela fut acté en 1920. L’année suivante les deux ingénieurs, et amis, fondaient les Établissements Gourdou-Leseurre à Saint-Maur-des-Fossés dans le département de la Seine, aujourd’hui du Val-de-Marne. Ils avaient réussi à obtenir de leur ancien employeur de pouvoir conserver tous les droits des chasseurs Type A et Type B. Ceux ci furent redésignés respectivement GL.1 et GL.2 dans la nouvelle nomenclature.

Désireux de poursuivre l’industrialisation de leur GL.2 les deux ingénieurs choisirent de proposer le GL.21, une version améliorée toujours animée par le moteur à huit cylindres en V Hispano-Suiza 8Ab d’une puissance de 180 chevaux mais doté d’une voilure encore renforcée et d’un empennage hérité du GL.1. Les essais en vol démontrèrent de bonnes qualités, mais pas suffisantes pour que l’Aéronautique Militaire ne le commande en série. L’idée qui voulait que la Grande Guerre soit la «Der des Ders» infusait de plus en plus dans les mentalités françaises. L’avion de chasse n’avait plus la côte. Chez Gourdou-Leseurre on paria alors sur l’export. L’avion fut proposé à plusieurs pays et c’est finalement la Finlande qui l’acheta entre 1923 et 1924 à hauteur de dix-neuf exemplaires. Il permit de remplacer les Blériot-SPAD S.34, Fokker D.VII et D.X respectivement d’origine française pour le premier et néerlandaise pour les deux autres. Ces trois modèles de chasseurs ne furent jamais vraiment adaptés aux besoins finlandais. L’Ilmavoimat conserva ses GL.21 jusque fin 1931, les remplaçant Bristol Bulldog en provenance de Grande Bretagne. Particularité notable l’avionneur local IVL reçut l’autorisation de construire sous licence un vingtième GL.21 à partir d’éléments fournis par les Établissements Gourdou-Leseurre.

En parallèle du GL.21 l’avionneur français développa le GL.22 doté de nouveaux éléments en métal, notamment des alliages légers, et pouvant servir à la fois comme chasseur et comme monoplace d’entraînement avancé. La seconde version voyait simplement ses deux mitrailleuses Vickers déposées. Là encore le GL.22 fut proposé à l’Aéronautique Militaire qui une fois encore rejeta le programme. Charles Gourdou et Jean Leseurre réitérèrent alors ce qu’ils avaient fait avec le GL.21, le proposant sur le marché européen. Les dix premières partirent en Finlande où ils renforcèrent les GL.21 tandis l’Estonie et la Tchécoslovaquie en prenaient chacune quinze exemplaires. La Lettonie se contenta d’en acheter un unique, qu’elle revendit en 1926 à l’Estonie. Pourtant le plus important client de ce chasseur fut la Yougoslavie qui acheta vingt exemplaires et négocia une licence de production locale pour le compte de Zmaj-Fizir. Ce constructeur assembla vingt-six exemplaires en deux lots. Les GL.22 yougoslaves étaient encore opérationnels, bien que totalement dépassés, en 1940.

Et la version d’entraînement alors ? Appelée GL.22ET, pour École de Transition, un lot de vingt exemplaires fut acquis par la Marine Nationale pour le compte de son Aéronautique Maritime. Il s’agissait du nom de l’aéronavale, durant l’entre-deux-guerres. Bien que désarmés ils furent versés à l’escadrille de chasse 7C3 où ils remplacèrent en 1924 les vieux Hanriot Dupont HD.2 hérités de la Première Guerre mondiale. Officiellement basés à Fréjus ces avions font régulièrement le vol de transit de quelques dizaines de kilomètres jusqu’à Hyères afin d’y être entretenus. C’est surtout là que neuf d’entre eux recevront une crosse d’appontage. Dès lors les avions purement terrestres deviendront des GL.22ET1 et les avions navalisés des GL.22ET2.
C’est un de ces appareil, codé P23, qui le 9 décembre 1926 réalisera le premier appontage sur le porte-avions Béarn alors mouillé en rade de Toulon. C’est le second-maître Guillou qui est alors aux commandes de l’avion. Le 10 mai suivant le lieutenant de vaisseau Montrelay réussit lui à accrocher les brins d’arrêt alors même que le navire est en mouvement. En avril 1928 les neuf GL.22ET2 embarquent de nouveau sur le Béarn à destination de la Corse pour une série de manœuvres aéronavales. Trois mois plus tard ils sont retirés du service et remplacés par de vrais chasseurs, des Dewoitine D.1.

En 1925 Gourdou-Leseurre tenta de surfer sur le succès à l’export de ses GL.22 avec le tout nouveau GL.23 pensé comme un chasseur aux performances accrues, pouvant notamment servir au sein de l’Aéronautique Maritime en complément des GL.22ET d’entraînement. Neuf exemplaires furent produits afin d’être proposés aux différents clients déjà connus des GL.21 et GL.22. Tous le rejetèrent. Finalement un dixième GL.23 fut assemblé avec un fuselage rallongé de 65 centimètre afin de pouvoir accueillir un blessé sur brancard.
Désigné GL.23TS, pour transport sanitaire, l’avion fut acquis par l’Aéronautique Militaire. Il s’agissait du premier avion de la famille GL.2 depuis le Zodiac Type B à voler sous les couleurs de l’aviation terrestre française ! Il demeura en service jusqu’au milieu de la décennie suivante, étant remplacé par un Bloch MB.81 bien plus adapté.

Malgré des succès en demi-teinte les évolutions du Gourdou-Leseurre GL.2 permirent de placer l’avionneur comme un constructeur sérieux et ayant de bonnes capacités. À bien des égards Charles Gourdou et Jean Leseurre furent des artisans acharnés du parasol avec ce GL.2 mais aussi avec tous les chasseurs qu’ils développèrent par la suite. Le GL.22ET2 reste dans l’Histoire comme le premier avion à avoir apponté et à avoir redécollé (on ne disait alors pas être catapulté) d’un porte-avions français, en l’objet le Béarn.
De nos jours un GL.22 est préservé et exposé au Suomen Ilmavoimamuseo, le musée de l’aviation militaire finlandaise.

 


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Photos du Gourdou-Leseurre GL.2

Caractéristiques techniques

Modèle : Gourdou-Leseurre GL.21
Envergure : 9.40 m
Longueur : 6.43 m
Hauteur : 2.52 m
Surface alaire : 18.80 m2
Motorisation : 1 moteur en V Hispano-Suiza 8Ab
Puissance totale : 1 x 180 ch.
Armement : Deux mitrailleuses Vickers de calibre 7.7mm
Charge utile : -
Poids en charge : 960 kg
Vitesse max. : 240 km/h à 1000 m
Plafond pratique : 3000 m
Distance max. : 450 Km
Equipage : 1
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Profil couleur

Profil couleur du Gourdou-Leseurre GL.2

Plan 3 vues

Plan 3 vues du Gourdou-Leseurre GL.2
Fiche éditée par
Image de Arnaud
Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Vidéo du Gourdou-Leseurre GL.2

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