FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Hanriot H-43
Constructeur : Aeroplanes Hanriot et Cie
Désignation : H-43
Nom / Surnom :
Code allié / OTAN :
Variante : H-431, H-432, H-433, H-434, H-436, H-437, H-438, et H-439
Mise en service : 1928
Pays d'origine : France
Catégorie : Avions d'entraînement
Rôle et missions : Avion d'entraînement intermédiaire et avance, entraînement au tir, liaisons.

HISTOIRE

Hanriot H-43 :
La lente modernisation de l'aviation française d'entraînement”

Leader avec l’Allemagne et la Grande Bretagne durant la Première Guerre mondiale la France a vu son industrie aéronautique se laisser distancer dans les années suivantes par les avionneurs d’outre-Atlantique et d’outre-Manche. Si bien que rapidement une partie de ses productions n’a plus été aussi compétitive que celles provenant de l’étranger. S’il est un segment industriel où cela aura été particulièrement visible c’est bien celui des avions écoles.
Les machines françaises d’entraînement sont alors généralement moins efficaces que celles des constructeurs américains ou britanniques en raison d’une conception finalement non évolutive. L’un des avions les plus représentatifs de cette période est le biplan d’envergure inégale Hanriot H-43.

En 1926 l’état-major de l’Aéronautique Militaire Française lança un programme visant à se doter d’un T2, un biplace de travail. Sous cette étrange appellation se cachait ce qui devait être un avion très polyvalent pouvant à la fois remplir des missions de liaisons, d’observation, de surveillance, et d’entraînement intermédiaire et avancé. En outre le futur appareil devait pouvoir voler aussi bien depuis la métropole qu’à partir des territoires sous occupation coloniale française. Étrangement seuls quatre avionneurs y répondirent : ANF Les Mureaux, Blériot, Hanriot, et Potez. Des avant-projets furent envoyés au ministère de la guerre qui les étudia. Finalement seul Hanriot se vit gratifier d’une demande prototype, les autres avions étant considérés comme trop novateurs et donc demandant un trop gros investissement financier. Paris était donc allé au plus facile.

Le futur avion polyvalent fut baptisé Hanriot H-43. Un prototype et un avion de présérie avaient été commandé.
Extérieurement le H-43 se présentait sous la forme d’un biplan d’envergure inégale de construction mixte. Le fuselage était métallique tandis que la voilure demeurait en bois entoilé. Un moteur Salmson CM9 à neuf cylindres en étoile d’une puissance de 260 chevaux l’animait et entraînait son hélice bipale en bois. L’avion possédait un poste de pilotag biplace en tandem et un train d’atterrissage classique fixe se terminant par un patin de queue.
C’est dans cette configuration que le premier vol eut lieu en mars 1927.

Le premier avion de présérie servit lui à valider l’emploi de plusieurs équipements. Après avoir essayé un moteur à neuf cylindres en étoile Salmson 9Ab de 230 chevaux il se vit finalement greffer un Lorraine 7Ma d’une architecture similaire mais développant 240 chevaux et ne disposant que de sept cylindres. C’est finalement ce dernier motoriste qui fut choisi pour la première série désignée H-431 et concerne cinquante avions d’entraînement désarmés. Ils entrèrent en service en 1928.
Quatre d’entre eux furent livrés à une école de pilotage sise à Grenoble avec une paire de skis à la place du train classique. Employés pour des formations aux atterrissages et décollages depuis des pistes enneigées ils n’eurent qu’une efficacité limitée.
Un temps ils furent désignés LH-431 (LH pour Lorraine Hanriot) avant de redevenir des H-431. La majorité de ces avions volèrent depuis des écoles militaires sises à Dijon et Orly.

Au Hanriot H-431 allait succéder une version d’entraînement au tir. Armé d’une mitrailleuse Vickers de calibre 7.7 millimètres montée sur affût annulaire arrière le nouveau H-432 ne suscita aucun engouement de la part de l’Aéronautique Militaire Française qui rejeta l’avion.
Les ingénieurs redessinèrent alors l’avion, déposant l’armement et le moteur de 300 chevaux au profit d’un modèle de 240 chevaux. Le train d’atterrissage fut renforcée et une canopée permettant la formation aux vols de nuit fut installée. Elle était amovible. Désignée H-433 cette version fut construite à hauteur de vingt-six exemplaires pour les aviateurs français.
Le vingt-troisième d’entre eux fut livré avec le moteur de 300 chevaux du H-432 sous la désignation H-434. Il servit principalement d’avion de liaisons au sein de l’école de Dijon. Son code tactique était H503.

C’est en janvier 1932 qu’apparut la première version qui n’était pas destinée à la formation des pilotes. Le Hanriot H-436 devait pouvoir remplir des missions d’observations et de liaisons. L’affût annulaire arrière fut armé d’une mitrailleuse Darne de calibre 7.5 millimètres. Cinquante exemplaires furent commandés un mois plus tard par l’Aéronautique Militaire Française. Quand le premier exemplaire arriva en août 1932 au sein des Groupes Aériens d’Observation ceux-ci étaient passés sous le contrôle de la nouvelle Armée de l’Air.
Pour autant à l’usage les aviateurs français se rendirent très vite compte que cette machine n’avait rien d’un avion d’observation, étant trop lent, trop fragile, et absolument pas adapté à ce rôle. C’est pourquoi dès octobre 1932 les vingt premiers H-436 furent relégués à des rôles d’entraînement avancé, de liaisons, ou de remorquage de cibles.
En 1934 treize H-431 furent modifiés avec l’ajout de la mitrailleuse Darne des H-436. Ils devinrent des H-439. Ils étaient affectés à l’école de pilotage de Bourges.

Avion surtout d’entraînement, difficilement adaptable aux missions de biplace de travail le Hanriot H-43 donna cependant naissance à l’été 1932 à une version d’évacuation sanitaire construite à deux exemplaires et prise en compte par l’École d’Application du Service de Santé des Troupes coloniales stationné à Marseille. Jamais vraiment opérationnels ces deux H-437 permirent pourtant aux aviateurs et médecins des armées de défricher le domaine de vol des ambulances volantes. Les enseignements de l’utilisation de ces deux biplans permirent de développer ultérieurement le monoplan Bloch MB-81.

Hanriot ne réussit à exporter qu’une seule version de son biplan. Il s’agissait du H-438 animé par un moteur en étoile Lorraine 7Me de 330 chevaux. Cet avion d’entraînement intermédiaire et avancé non armé fut vendu à douze exemplaire à la Fuerza Aérea del Peru qui les utilisa de 1933 à 1946. À partir de 1942 ils furent relégués à des missions de liaisons, de remorquages de cibles, ou encore de travail agricole.
Certaines publications font également état de la livraison de deux H-431 aux forces républicaines espagnoles sans pour autant que cela ne soit pleinement confirmée. Cette donnée est donc à prendre avec toutes les réserves nécessaires.

Le biplan Hanriot H-43 et ses dérivés sont symptomatiques d’une entre-deux-guerres durant laquelle l’industrie française ne réussit jamais à produire des avions de grande qualité. Mauvais pour les missions d’observation, médiocre dans celles de l’entraînement au tir et à la reconnaissance, il se révéla finalement aussi un piètre aéronef de formation primaire et intermédiaire. Pourtant il demeura en service jusqu’aux premières heures de la Seconde Guerre mondiale. Le dernier quitta l’Armée de l’Air en novembre 1939. L’avion était alors totalement obsolète.
Il n’en reste plus rien de nos jours.

 

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Hanriot H-431
Envergure : 11.40 m
Longueur : 7.98 m
Hauteur : 3.16 m
Motorisation : 1 moteur en étoile Lorraine 7Mc
Puissance totale : 1 x 230 ch.
Armement : aucun
Charge utile :
Poids en charge : 1370 kg
Vitesse max. : 180 km/h au niveau de la mer
Plafond pratique : 4900 m
Distance max. : 450 Km à masse maximale
Equipage : 2
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Hanriot H-43

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Hanriot H-43

VIDÉO

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