FICHE DESCRIPTIVE

Appareil : Sikorsky HH-60 Pavehawk
Constructeur : Sikorsky Aircraft
Désignation : HH-60
Nom / Surnom : Pave Hawk
Code allié / OTAN :
Variante : MH-60 Pave Hawk
Mise en service : 1987
Pays d'origine : Etats-Unis
Catégorie : Hélicoptères
Rôle et missions : Hélicoptère de recherches et sauvetages au combat, soutien aux opérations spéciales, évacuation sanitaire.

HISTOIRE

Sikorsky HH-60 Pavehawk :
Le sauveteur du champ de bataille”

Parmi les missions les plus récemment apparues dans les forces aériennes et aéronavales modernes figure la recherche et le sauvetage au combat (aussi connue sous l’anglicisme CSAR pour Combat Search And Rescue) apparue d’abord durant la guerre d’Algérie puis de manière plus approfondie au Vietnam. Si dans un premier temps aucun aéronef proprement adapté ne fut créé afin de la mener, cela changea au cours des années 1980 aux États-Unis. L’apparition du premier hélicoptère spécialement s’y fit en effet et donna naissance à l’actuel Sikorsky HH-60 Pavehawk.

C’est en effet à la toute fin des années 1970 que le Pentagone chercha à acquérir un hélicoptère spécialisé dans les missions dites CSAR pour les besoins de l’US Air Force. Pour les généraux américains il s’agissait en fait de disposer d’une machine capable d’infiltrer un commandos et des équipes de sauvetage au-delà des lignes ennemis et d’en revenir avec en plus un pilote ou bien l’équipage d’un aéronef abattu. Pourtant à l’époque quelques Sikorsky HH-3E Jolly Green Giant finalement assez peu adaptés, de par leur taille imposante et leur faible discrétion. Dans le même ordre idée quelques Bell HH-1N Twin Huey étaient également employés dans ce rôle mais cette fois-ci ils étaient jugés trop légers et disposant d’un rayon d’action trop faible.

L’idée des généraux était de disposer d’une machine compacte comme ce dernier et pouvant voler aussi loin que le premier d’entre-eux deux. Et pour eux la solution passait par l’adaptation du Sikorsky S-70A, alors en cours de déploiement dans l’US Army en tant qu’UH-60A Blackhawk.
Début 1981 deux hélicoptères furent prélevés sur les stocks de l’armée par le Pentagone et affectés à l’US Air Force. Le cahier des charges prévoyait que le nouvel appareil conserve un des attributs du HH-3E Jolly Green Giant : sa perche de ravitaillement en vol. La mitrailleuse M240 d’origine de calibre 7.62mm, type gundoor, fut déposée et remplacée par une plus puissante M218 de calibre 12.7mm. Ainsi modifiés les deux hélicoptères reçurent la désignation de YHH-60A et le patronyme de Credible Hawk. Ils réalisèrent leur premier vol en août 1982.

Pour autant leur utilisation ne fut que théorique, ils ne dépassèrent jamais le stade de la présérie mais servirent de base au développement d’une première version de série désignée Sikorsky HH-60D Night Hawk. Un total de 98 exemplaires en fut assemblé et livré à l’US Air Force entre 1987 et 1989. Ces hélicoptères portaient un étonnant camouflage trois tons type centre-Europe particulièrement adaptés aux opérations le long du Rideau de Fer.
L’effondrement du Mur de Berlin en novembre 1989 et la fin du bloc communiste qui s’en suivi remodela complètement les forces armées américaines, et le HH-60D Night Hawk n’y fit pas exception.

Pourtant à l’été 1990 une quinzaine d’entre-eux fut déployée en Arabie-Saoudite afin de couvrir l’envoi par les États-Unis et leurs alliés, notamment britanniques et français, d’une coalition armée face aux forces baasistes de Saddam Hussein suite à l’invasion du Koweït. Ils connurent leur première action de combat à cette occasion quand quatre hélicoptères furent envoyés au-dessus de l’Irak à la recherche du pilote de l’US Navy Scott Speicher, éjecté de son McDonnell-Douglas F/A-18A Hornet. Malheureusement ils le ne retrouvèrent jamais, pas plus que sa dépouille. Durant ce conflit les Sikorsky HH-60D Night Hawk de l’US Air Force furent également engagés comme simples hélicoptères d’évacuation sanitaire, sans pour autant porter le symbole international de la croix rouge sur fond blanc.

L’année suivante l’US Air Force décida de modifier sa flotte d’hélicoptère. Ils furent équipés du système PAVE (pour Precision Avionics Vectoring Equipment) d’assistance informatisé. Comme aucun des 98 exemplaires construits n’avait été perdu ils furent tous concernés : Quatre-vingt deux devinrent des HH-60G Pave Hawk de recherches et sauvetages au combat et les seize derniers des MH-60G Pave Hawk d’infiltration et d’exfiltrations de forces spéciales.
Par rapport aux HH-60D Night Hawk les HH-60G Pave Hawk disposaient d’une meilleure capacité de vol sous instruments grâce notamment à l’apparition d’un nouveau FLIR type AN/AAQ-10A dérivé de celui équipant les Sikorsky MH-53M Pave Low. Mais surtout ils pouvaient s’appuyer sur un nouveau radar cartographique couplé à un radar météo nouvelle génération. Ces équipements faisait au début des années 1990 du HH-60G Pave Hawk l’hélicoptère le plus perfectionné au monde, tout du moins pour ce qui était de son pilotage et du vol tactique.

Alors que le chantier de transformation de ces machines allait bon train, Sikorsky essaya de placer son hélicoptère à l’export auprès de quelques clients jugés comme fiables par Washington. Après l’avoir proposé au Canada comme possible successeur du Boeing-Vertol CH-113 Labrador, et y avoir essuyé un refus catégorique, l’hélicoptériste américain tenta de nouvelles pistes avec la France et le Royaume-Uni qui tous deux disposaient d’un embryon respectif de forces de recherches et sauvetages au combat. Mais là encore le HH-60G Pave Hawk ne réussit pas à convaincre face respectivement à l’Eurocopter AS.532 Cougar et au Westland Sea King HC Mk-4.

En septembre 1995 alors que le dernier exemplaire avait été livré à l’US Air Force le Pentagone passa commande pour une seconde série de quatorze nouveaux HH-60G Pave Hawk, si bien que fin 1996 elle alignait un total de 112 machines dans les deux versions.
C’est d’ailleurs à cette époque que l’hélicoptère enregistra sa seule commande à l’export : vingt-huit exemplaires pour le compte de Republic Of Korea Air Force qui entrèrent en service à partir de 1990 sous la désignation Sikorsky HH-60P Pave Hawk. À la différence des machines américaines celles-ci n’étaient pas destinées à voler en permanence avec la perche de ravitaillement en vol, mais uniquement de manière occasionnelle.
Pour la petite histoire d’ailleurs seuls douze exemplaires de cet équipement fut livré à la Corée du sud par les États-Unis.

Entre 1995 et 2019 ces hélicoptères furent engagés dans pratiquement tous les conflits où l’Amérique envoya le moindre contingent. Et à chaque fois ils avaient la même mission : secourir sous le feu ennemi des pilotes ou combattants américains, voire appartenant à des forces alliées. Mais du coup ils payèrent un lourd tribut : officiellement ce sont seize hélicoptères de ce type qui ont été perdus en opération, avec bien souvent la perte de leurs équipages et des commandos se trouvant à bord. On les a donc largement vu au-dessus des montagnes afghanes autant que des plaines irakiennes ou encore de la campagne ex-yougoslave.
Il est intéressant de savoir qu’ils ont été au cœur d’un véritable imbroglio administratif entre 2012 et 2018. En effet à cette époque tous les HH-60G encore en état de vol furent désignés MH-60G, afin ainsi d’épouser la même logique que celle qui fit que dans l’US Coast Guard les MH-60J Jayhawk s’appelaient auparavant HH-60J. Sauf que ce qui fonctionnait pour les gardes-côtes ne fonctionnait pas pour les aviateurs puisque les MH-60G Pave Hawk existaient déjà et avaient pour rôle d’accompagner les HH-60G.
Finalement fin 2018 tout cela rentra dans l’ordre et les hélicoptères de recherches et sauvetages au combat retrouvèrent leur désignation d’origine.

Le remplacement de ces machines est désormais acté. C’est le Sikorsky HH-60W Pave Hawk II qui assurera ce rôle entre 2021 et 2029 pour un total de 112 nouveaux hélicoptères. Ils permettront ainsi de compenser les pertes tout en envoyant à la casse ou au musée les plus anciens d’entre-eux.
Il est impossible de terminer cette monographie sans aborder le cas du Blackhawk furtif. En effet il est fort possible que depuis 2009-2010 le Joint Special Operation Command utilise une petite poignée de HH-60G très profondément modifiés afin de les rendre indétectables aux radars ennemis. Ces hélicoptères auraient été utilisé lors du fiasco de la tentative de capture du terroriste Oussama Ben Laden en mai 2011. Pour mémoire le chef historique et fondateur d’Al-Qaïda avait péri dans l’assaut des forces spéciales américaines. L’un des deux hélicoptères engagés est endommagé lors de son approche de la cible et détruit ultérieurement par les commandos américains.
Pour autant le Pentagone n’a jamais confirmé l’existence de cette version même si celle-ci a toutes les chances d’être réelle.

Entre le Sikorsky HH-60G Pave Hawk et le futur HH-60W Pave Hawk II il semble bien que l’US Air Force n’a pas fini de disposer de son extraordinaire hélicoptère de recherches et sauvetages au combat. Une machine qui actuellement ne connait qu’un seul véritable concurrent : l’Eurocopter EC725 Caracal, désormais connu comme Airbus Helicopters H225M Caracal et qui lui se vend bien à l’export. Pour autant l’appareil américain demeure dans ce domaine le véritable mètre étalon.

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PHOTOS

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Modèle : Sikorsky HH-60G Pave Hawk
Envergure : 16.36 m diamètre du rotor principal.
Longueur : 17.37 m
Hauteur : 3.76 m
Motorisation : 2 turbines General Electric T700-GE-700
Puissance totale : 2 x 1644 ch.
Armement : Deux mitrailleuses latérales GAU-18 de calibre 12.7mm ou M134 Minigun de calibre 7.62mm
Charge utile : Huit commandos armés, deux sauveteurs équipés et deux blessés médicalisés.
Poids en charge : 9979 kg
Vitesse max. : 270 km/h à 2900 m
Plafond pratique : 4250 m
Distance max. : 600 Km sans ravitaillement en vol.
Equipage : 3
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PLAN 3 VUES

Plan 3 vues du Sikorsky HH-60 Pavehawk

PROFIL COULEUR

Profil couleur du Sikorsky HH-60 Pavehawk

VIDÉO

Décollage d'un Sikorsky HH-60G Pave Hawk au RIAT 2012.