Les regards de nombreux passionnés et spécialistes des questions de défense se tournent actuellement vers la péninsule coréenne. Et pour une fois les gesticulations du dictateur de la partie septentrionale n’y sont pas pour grand chose. L’exercice annuel bilatéral Ulchi Freedom Guardian vient de débuter, et devra se dérouler jusqu’au jeudi 31 août inclus, entre les forces américaines et sud-coréennes. Une série de manœuvres très complètes qui existe depuis l’été 1976 mais n’a jamais cessé de hérisser les dirigeants nord-coréens.

Il faut dire que le scénario d’Ulchi Freedom Guardian est des plus simples, et n’a jamais été remis au gout du jour en quarante-et-une années d’existence. Il s’agit de s’entraîner aux réactions à avoir face à une agression nord-coréenne aussi bien par des missions aériennes que par des opérations amphibies, c’est à dire en mêlant des moyens navals et terrestres.
Mais cette année avec les menaces (non voilées) de guerre nucléaire que se sont envoyées durant les dernières semaines le Président des États-Unis Donald Trump et le dictateur nord-coréen Kim Jong-Un l’exercice prend une tournure très particulière.

La grande inconnue concerne la présence ou non des deux porte-avions américains initialement prévus mais qui au premier jour de l’exercice n’avaient toujours pas rejoint les eaux sud-coréennes. Pour autant l’US Navy a d’ores et déjà déployé dans la région des avions de combat embarqués F/A-18E & F Super Hornet et EA-18G Growler, ainsi que des patrouilleurs maritimes P-8A Poseidon. L’US Air Force de son côté n’est pas en reste avec notamment la présence annoncée de bombardiers stratégiques B-1B Lancer et de chasseurs multirôles F-15E Strike Eagle, en plus des habituels F-16C & D Fighting Falcon du 8th Fighter Wing basés en permanence dans le pays. Sans compter les 17500 soldats américains (avec véhicules et matériels) appartenant à  l’US Army et l’US Marines Corps qui y participent au sol.

Biplace General Dynamics F-16D Fighting Falcon du 8th Fighter Wing américain.

Côté sud-coréen l’engagement est encore plus pléthorique : 50000 soldats de toutes les armes différentes, des blindés et véhicules en tous genres, navires et aéronefs en tous genres. La Republic Of Korea Air Force et la Republic Of Korea Army mettent généralement en avant leurs capacités de lutte contre les menaces blindées. Un scénario qui en ses temps de guerre asymétrique peut sembler anachronique mais qui se comprend dans l’optique d’un conflit conditionnel avec le voisin du nord et sa supposée puissante armée.

Un exercice dont à coup sûr nous vous reparlerons d’ici la fin du mois, notamment si la situation évolue concernant la présence des deux porte-avions annoncés.

Photos © ROKAF & USAF

7 COMMENTAIRES

  1. La désescalade des provocations verbales entre Trump et Kim Jun Hun, fait suite à un accord informel entre les deux diplomaties, qui prévoie entre autre un désengagement partiel des Etats Unis aux actuelles manœuvres militaires Sud-Coréennes.
    D’où peut-être l’absence des porte-avions …
    A suivre …

    • Un accord même informel entre les diplomaties américaines et nord-coréennes me parait fort discutable. Vous êtes sûr de vous sur ce coup là ?

      • C’est franchement pas un scoop, l’info est passée sur plusieurs émission d’info à la télé et la radio et des articles sur le net.
        En échange d’un renoncement à l’envoie de missiles sur l’île de Guam, la Corée du Nord a demandé des manœuvres militaires plus apaisées
        Cet article par exemple, me parait clair il parle même explicitement des deux porte-avions absents, mais il y en a beaucoup d’autres :
        asialyst.com/fr/2017/08/21/coree-du-nord-exercices-militaires-américains-plus-apaises

        • Définitivement je ne comprendrais jamais ces articles qui parlent d’exercices « apaisés ». Ulchi Freedom Guardian n’a rien d’agressif, sauf peut-être dans l’esprit dérangé du dictateur et des généraux nord-coréens. Ce genre d’articles manque cruellement d’objectivité !

  2. A moins que l’absence des deux porte-avions soit due à la « pause opérationnelle » que s’inflige l’US Navy suite à la deuxième collision meurtrière de l’un de ses destroyer.
    Il est vrai que ça la fou mal de subir des pertes humaines lors de simples navigations en temps de paix. Il y a de quoi faire une pause et se poser de sérieuses questions !!!

  3. Arnaud l’article me parait pourtant clair : On parle d’exercice apaisé et moins agressif car au lieu des 25000 GI de l’année dernière les Etats Unis n’en engageront « que » 17500, ils n’engageront pas semble-t-il, selon la journaliste, ni les bombardiers stratégiques B-1B, ni les porte-avions et ni les sous-marins.
    Cet article n’exprime pas un point de vue anti-US, le sujet de l’article n’est pas de savoir si les USA sont agressifs ou pas. L’article explique que suite à une monté des tensions entre les deux camps, ceux-ci on décidé d’un commun accord, que l’un abandonne ses menaces d’envoyer des missiles sur Guam et que l’autre baisse d’un cran son engagement dans les manœuvres militaires avec la Corée du Sud.
    On peut pinailler sur le fait que la journaliste aurait pu employer le terme de « baisse d’intensité » au lieu de « moins agressif » ou « moins d’engagement » au lieu de « apaisé » mais cela ne change rien au fond du sujet : La baisse d’engagement des Etats-Unis dans l’exercice Ulchi Freedom Guardian 2017 par rapport à 2016, semble se confirmer, et l’arrêt des menaces de bombardement de Guam la Corée du Nord est un fait . Certain journalistes expliquent que ces deux fait sont liés par un accord informel des diplomaties des deux pays.

    Vous allez encore me reprocher du hors sujet mais je ne fait que répondre à vos propos.

  4. Le premier ministre sud coréen, Lee Nak-Yon dans une interview accordé au site d’info YONHAP NEWS, confirme a demi mots l’existence d’un tel accord.

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