Dassault Mirage F2

Dassault Mirage F2


Fiche descriptive

Appareil : Dassault Mirage F2
Constructeur : Avions Marcel Dassault
Désignation :
Nom / Surnom : Mirage F2
Code allié / OTAN :
Variante :
Mise en service : 1966
Pays d'origine : France
Catégorie : Avions expérimentaux
Rôle et missions : Prototype de chasseur tactique lourd

Histoire

Dassault Mirage F2 :
prototype de chasseur et banc d'essais volant

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le nom de Dassault est étroitement lié à la conception et à la réalisation d’avions de combat toujours à la pointe des technologies de leur époque. De l’Ouragan au Rafale, les avions conçus par les bureaux d’étude de Saint-Cloud ont su imposer un style très particulier dans le monde entier. Pourtant si les avions de Dassault ont pour la plupart réussis à trouver des acheteurs, quelques machines n’ont pas dépassé le stade du prototype malgré des qualités technologiques hors du commun. L’un des exemples de ces appareils est le prototype de chasseur tactique lourd Mirage F2, un avion aujourd’hui tombé dans l’oubli.

En 1964, le Ministère de la Défense Nationale français et le motoriste SNECMA demandèrent Marcel Dassault de travailler sur l’étude d’un chasseur tactique biplace dont la motorisation serait assuré par le gros turboréacteur SNECMA TF-306. Ce dernier n’était pourtant pas exactement un propulseur français. Il s’agissait en fait d’une version produite localement du TF-30, un réacteur conçu aux Etats-Unis par Pratt & Whitney et dont le motoriste français avait acquis la licence de production. Le TF-30 était une version allégée, et destinée à l’export, du Pratt & Whitney J75-P, équipant entre autre le chasseur d’attaque standard de l’US Air Force à cette époque : le Republic F-105D Thunderchief. Le TF-306 fut donc testé sur le banc d’essais moteur du Centre d’Essais en Vol, le célèbre Mirage III-T. Ce dernier réalisa sa campagne d’essais en parallèle des études lancés par Dassault pour répondre au cahier des charges du futur chasseur.

Les équipes d’ingénieurs et de designers de Dassault décidèrent de travailler sur un avion résolument nouveau par rapport aux avions à ailes delta qu’étaient alors le chasseur Mirage III et le bombardier stratégique Mirage IV alors en développement. Le nouvel avion se présentait sous la forme d’un monoréacteur biplace en tandem disposant d’une aile haute en flèche et d’un empennage monobloc lui aussi en flèche. L’avion reprenait cependant quelques éléments du Mirage III, notamment le nez de l’avion, mais également les ouïes d’aération du propulseur, et l’avionique. L’avion disposait d’un nouveau train d’atterrissage assez haut. Il n’était pas ravitaillable en vol. Le premier prototype fut commandé sans aucun armement. Il effectua son premier vol le 12 juin 1966. Lors de ce vol inaugural, l’avion était mû par un TF-30 et non par un TF-306, celui ci n’étant réellement installé que deux mois plus tard.

L’avion fut baptisé Mirage F2, la lettre F signifiant Flèche et le 2 rappelant que l’avion était un biplace. Mais pour des raisons commerciales Marcel Dassault désira perpétuer le nom de Mirage. Les essais se poursuivirent tranquillement. Toutefois le programme connu en 1968 un premier revers quand l’Armée de l’Air décida de reporter le programme à 1972, préférant se recentrer sur un prototype de chasseur à géométrie variable, le Mirage G, conçu à partir des travaux du Mirage F2.

Alors qu’au CEV, le programme du Mirage F2 tentait de se poursuivre tant bien que mal, l’avion servant surtout de banc d’essais volant pour le TF-306, Dassault décida de se lancer sur fond propre dans une version monoplace de l’appareil. Ce Mirage F2 monoplace devait en outre être plus petit que son aïeul. Le Mirage F1 venait de naître, et il allait enterré définitivement le Mirage F2.  

En janvier 1975 alors que l’Armée de l’Air avait commandé en série le Mirage F1 comme futur chasseur tactique, et que le Jaguar était lui aussi dans les cartons des aviateurs français, Dassault et la SNECMA reçurent conjointement un avis d’annulation pour le programme du Mirage F2. Non seulement l’état major français ne voulait plus de cet avion, mais en plus il décidait de rompre avec la version française du Pratt & Whitney TF-30. Malgré des qualités intéressantes, cet avion ne suscita aucun intérêt par les clients étrangers y compris ceux qui avaient pour habitude d’acheter des avions auprès de Dassault.

Quasiment oublié de tous, le Dassault Mirage F2 n’a été construit qu’à un seul exemplaire, et n’a même jamais reçu le moindre armement, comble pour un prototype d’avion de combat. Toutefois, il mena une bonne partie de sa carrière comme banc d’essais volant. Même s’il ne connu pas le moindre succès le Mirage F2 amena de nombreuses améliorations dans la conception d’avions de combat moderne, ne serait-ce que dans la compréhension des erreurs à ne pas reproduire.

Actuellement, le Mirage F2 est exposé devant le bâtiment de direction du CEAT de Toulouse, et malheureusement pas au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget, comme le Super Mirage 4000, lui aussi resté sans suite.

Photos

Caractéristiques techniques

Modèle : Dassault Mirage F2
Envergure : 10.50 m
Longueur : 17.60 m
Hauteur : 5.80 m
Motorisation : 1 réacteur SNECMA TF-306A
Puissance totale : 1 x 9000 kgp.
Armement : aucun
Charge utile :
Poids en charge : 18000 kg
Vitesse max. : 2695 km/h
Plafond pratique : 20000 m
Distance max. : 1150 Km
Equipage : 2
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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.