Les désignations des avions soviétiques et russes de 1925 à nos jours

Les désignations des avions soviétiques et russes de 1925 à nos jours

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Jusqu’en 1925, l’Union Soviétique n’utilisa pas de système particulier pour la désignation de ses aéronefs civils et militaires. Nation marxiste léniniste, donc par définition opposée à toute idée de propriété privée, l’URSS ne possédait que des appareils d’état. A la suite de la Révolution de 1917, l’ensemble du secteur aéronautique avait été globalement nationalisé, à l’instar du reste de l’économie du pays. Cette planification de l’économie eut pour résultat un amoindrissement de la capacité de production du pays, couplé à la fuite de quelques uns de ses plus grands ingénieurs comme par exemple Igor Sikorsky qui décida de rejoindre les Etats-Unis afin d’y fonder sa propre société, avec le succès qu’on lui connait dans le domaine des voilures tournantes.

Toutefois à la demande de quelques responsables de l’Aeroflot (aviation civile soviétique) et de l’armée, Moscou développa un système basique mais très efficace de désignation des appareils qui entra en service dès 1925. Ce système se basait, à l’instar de ce que faisait les Américains, sur un code alphabétique définissant la mission des appareils. Mais à la différences de l’US Army Air Corps, l’Aviation du Front n’avait quasiment pas d’appareil n’utilisant qu’une lettre base, à l’exception des appareils de chasse basique et ceux de reconnaissance, ou d’entraînement.

Voici une petite liste, non exhaustive, des principales désignations d’appareils portés par les appareils soviétiques de 1925 à 1940. Vous trouverez pour certains, la désignation qu’ils portaient après cette date, dans le cas où ils servaient encore à ce moment de la Seconde Guerre Mondiale.

Les désignations par code simple

  • I pour Istrebitel, c’est à dire chasseur en français, comme sur le Polikarpov I-16.
  • R pour Razvedchik, c’est à dire reconnaissance en français, comme sur le Neman R-10 devenu Ne-5 en 1940.
  • U pour Uchebno, c’est à dire entraînement en français, comme sur le Polikarpov U-2.
Polikarpov U-2.
Polikarpov U-2.

Les désignations par code complexe

  • BB pour Blizhniy Bombardirovschik, c’est à dire bombardier à court rayon d’action en français, comme sur le Yakovlev BB-22.
  • DB pour Dalniy Bombardirovschik, c’est à dire bombardier à long rayon d’action en français, comme sur l’Illyushin DB-3.
  • FB pour Frontovoi Bombardirovschik, c’est à dire bombardier du front en français, comme sur le Tupolev FB.
  • SB pour Skorostnoi Bombardirovschik, c’est à dire bombardier rapide en français, comme sur le Tupolev SB-2.
  • TB pour Tyazholy Bombardirovschik, c’est à dire bombardier lourd en français, comme sur le Petlyakov TB-7.
  • ShB pour Shturmovoi Bombardirovschik, c’est à dire bombardier d’appui rapproché en français, comme le Sukhoi ShB-1.
  • MTB pour Morskoi Tyazholy Bombardirovschik, c’est à dire bombardier lourd de la marine en français, comme sur le Tupolev MTB-1.
  • SPB pour Stostavnoi Pikiruyuschiy Bombardirovschik, c’est à dire bombardier composite en français, pour l’assemblage d’un bombardier TB-3 et de deux chasseurs I-16.
  • DI pour Dvukhmestnyi Istrebitel, c’est à dire chasseur biplace en français, comme sur le Tupolev DI-8.
  • MI pour Mnogomestnyi Istrebitel , c’est à dire chasseur multiplace en français, comme sur le Tupolev MI-3.
  • TIS pour Tyazholiy Istrebitel Soprovozdeniya, c’est à dire chasseur lourd d’escorte en français, comme sur le Polikarpov TIS.
  • ITP pour Istrebitel Tyazholiy Pushechniy, c’est à dire chasseur lourd armé d’un canon en français, comme sur le Polikarpov ITP.
  • PS pour Passagirskij Svjaznoj, c’est à dire transport de passagers en français, comme sur le Lisunov PS-84.
Tupolev DB-2
Tupolev DB-2

Les désignations par avionneur

En 1940, le système de désignation adopté utilisait la raison sociale même des avionneurs, et reprenait généralement son initiale à deux lettres, voire une troisième dans certains cas. Ce système de désignation perdura jusqu’à la chute de l’empire communiste en 1990. Par la suite la Russie le pérennisa. Voici là encore une petite liste, pas forcément là encore exhaustive des principaux avionneurs soviétiques, puis russes, et de leurs appellations.

  • An pour Antonov, comme sur l’An-124.
  • Be pour Beriev, comme sur le Be-200.
  • Ka pour Kamov, comme sur le Ka-25.
  • Il pour Ilyushin, comme sur l’Il-2.
  • La pour Lavotchkine, comme sur le La-5.
  • Mi pour Mil, comme sur le Mi-12.
  • MiG pour Mikoyan-Gurevitch puis simplement Mikoyan, comme sur le MiG-31.
  • Po pour Polikarpov, comme sur le Po-2.
  • Su pour Sukhoi, comme sur le Su-27.
  • Tu pour Tupolev, comme sur le Tu-22.
  • Yak pour Yakovlev, comme sur le Yak-28.
  • Yer pour Yermolayev, comme sur le Yer-2.
Mil Mi-6 durant la guerre froide.
Mil Mi-6.

Il est à noté toutefois que cette règle comporte quelques exceptions tels certains prototypes comme le Sukhoi T-4 qui n’entre pas dans la nomenclature habituelle du constructeur, ou encore avec certains appareils de chez Beriev qui utilise la lettre « A » en lieu et place du « Be » comme par exemple sur l’avion de veille radar et de guet aérien A-50.

En outre vous remarquerez que cet article n’aborde pas le thème des désignations OTAN des appareils, ceci étant traité par ailleurs sur le site. De même les appareils occidentaux fournis à l’URSS durant la Seconde Guerre Mondiale n’apparaissent pas, puisqu’ils ont conservés leur désignation d’origine et sont arrivés en unité après 1940, à l’image de l’hydravion Naval Aircraft Factory PBN Nomad ou encore le chasseur Bell P-63 Kingcobra.

Enfin je demande aux éventuels russophones une grande largesse car la traduction du russe au français via l’anglais laisse parfois des fautes d’orthographe dans la langue slave. D’autant que la plupart des informations étaient originellement écrites en cyrillique.

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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.