On pense souvent, à tort d’ailleurs, que l’OTAN est une grosse machine de guerre utilisant sans arrêt les aéronefs de ses états membres. C’est vrai et faux à la fois. Dans les rangs de l’organisation atlantiste existent trois avions de ligne Boeing 707-320B profondément modifiés et désignés CT-49A servant aussi bien à des missions de transport que d’entraînement. Mais au fait pourquoi se payer des avions d’entraînement aussi gros ? Focus sur ces avions méconnus.

Quand en janvier 1982 l’OTAN reçut le premier exemplaire de ses dix-huit avions de reconnaissance et de guet aérien radar Boeing E-3A Sentry peu sans doute pensaient que 35 ans plus tard ils seraient encore en service. En fait après l’effondrement du bloc communiste et le démantèlement de l’URSS l’organisation atlantiste leur trouva un nouveau rôle : les garants d’une certaine idée de la pax americana. Ainsi ces avions ont été récemment aperçus au-dessus de la mer Noire surveillant de près les agissements des armées et aviations russes après l’invasion militaire et l’annexion de la Crimée.

Mais au milieu de ces dix-huit avions figurent trois machines supplémentaires, très différentes même si elles possèdent une livrée très similaire. Point de rotodôme sur ces avions, aucune capacité de ravitaillement en vol, et encore moins d’équipement de guerre électronique. Connus sous la désignation de Boeing CT-49 ces avions sont tout à la fois chargés de former et d’entraîner les futurs équipages de pilotages des E-3A mais aussi assurer des missions de soutien logistique et de transport de personnels au profit de l’organisation.

boeing-ct-49a-02_natoC’est en 1983 que l’OTAN acheta de seconde main trois Boeing 707-320B aux États-Unis. Ces avions avaient tous connu une carrière commerciale avant de rejoindre le Luxembourg où ils sont immatriculés et stationnés la plus part du temps. Cependant l’un de ces avions est très régulièrement vu sur le tarmac de l’aéroport international de Zaventem dans la banlieue bruxelloise. En effet la capitale belge (et européenne) accueille le siège international de l’OTAN.

Ces avions furent modifiés en profondeur afin de les doter d’une double commande permettant les missions de formation. Ils ont aussi été modifié afin de pouvoir réaliser des missions mixtes transports de passagers et de fret. En 1992 ils furent renvoyés en usines afin de pouvoir désormais servir d’avions sanitaires.

Avions discrets et forts méconnus les Boeing CT-49A réalisent la majorité de leurs vols entre l’Amérique du nord (Canada & États-Unis) et l’Europe. Bien qu’appartenant à une organisation militaires et portant une livrée particulièrement martiale ces avions militaires sont considérés comme des machines civiles, même si les autorités aériennes européennes ne les considèrent pas comme telles. Les Boeing CT-49A représentent donc en quelques sortes un vide juridique international. Mais une forme de vide pérenne. Le remplacement de ces avions n’est pas encore à l’ordre du jour.

boeing-ct-49a-01_natoIl est à noter qu’en aucun cas ces avions ne servent au transport du secrétaire général de l’organisation. Ce dernier dispose généralement d’un biréacteur affrété spécialement auprès de la Composante Air. Quand aux généraux et aux officiers de haut rang ils volent souvent à bord d’avions provenant de pays membres, et notamment américains.

Photos © OTAN

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2 COMMENTAIRES

  1. On aimerait bien être sûr que l’Otan n’est pas qu’une bureaucratie (de plus) qui cherche à justifier son existence en attisant des tensions (dans les journaux) et en inventant des dangers imaginaires.
    Quand la Guerre Froide s’est arrêtée, et quand le rideau de fer est tombé, les Russes ont été très classe, finalement : ils ont discutés franchement du désarmement nucléaire, et ont dissous le Pacte de Varsovie.
    On l’oublie un peu vite dans les médias aujourd’hui. Et pour cause : ça agace l’industrie de l’armement US, qui vit confortablement sur la parano du genre : Poutine est le nouveau Staline.
    Ce dont on peut douter fortement.
    En toute objectivité.

    • Je comprends bien votre point de vue, même si je ne le partage absolument pas, mais j’aurais une question pour vous Lieury : quel est le rapport entre votre prose et ici l’existence des trois Boeing CT-49 ? Ou même plus largement l’histoire aéronautique ?

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