Habituellement le colonel Moutarde on le connait pour sa tendance à zigouiller le docteur Lenoir dans la véranda avec la clef anglais, sauf que là il est venu sur Avions Légendaires pour poser la bonne question. Notre cher colonel Moutarde donc nous demandait récemment ce qu’on entendait par le terme de biplan tardif. L’occasion pour nous de vous expliquer ce petit point de vocabulaire issu de la littérature aéronautique anglo-saxonne. Merci mon colonel.

C’est à l’occasion d’un article récent sur un double écrasement d’avions d’épandage que le terme de biplan tardif est apparu sur notre site. Et que donc il a interloqué notre lecteur régulier. Ce concept est apparu dans les années 1970 dans plusieurs publications aéronautiques en langue anglaise (où ils sont connus comme «belated biplane») dont certaines ont été traduite en français. Aujourd’hui il peut paraître désuet mais apparait encore dans certains bouquins réédités.

Un biplan tardif est donc ni plus ni moins qu’un biplan apparu après 1945. Il faut savoir que pour la majorité des néophytes biplan = Première Guerre mondiale. Les passionné(e)s d’aviation savent bien que c’est faux. La Seconde Guerre mondiale notamment a connu quelques-uns des plus célèbres biplans comme l’Avia B.534 tchécoslovaque, le Gloster Gladiator britannique, le Gotha Go 145 allemand, ou encore le Polikarpov U-2 soviétique.

Et c’est d’ailleurs en URSS qu’est apparu le plus célèbre biplan tardif : l’Antonov An-2/An-6. Ce monomoteur léger en est même l’archétype même. C’est à dire un biplan apparu à une époque où cette architecture aurait dû paraître anachronique mais qui a réussi à faire sa place sur son marché. L’avion agricole américain Grumman G-164 Ag Cat est également de ceux-ci.
Un des exemples les plus récents est l’avion électrique Solar Riser développé à la fin des années 1970 par l’ingénieur américain Larry Mauro. L’aviation légère a donné naissance également à l’hydravion biplan tardif en kit Seastar de conception canadienne.

Bien entendu les biplans tardifs représentent un épiphénomène. Cependant rien qu’avec les seuls An-2 et G-164 cet épiphénomène est bien palpable par les aérophiles.
Si au travers de nos publications, d’actualité ou encyclopédiques, vous retrouvez des termes que vous ne comprenez pas il ne faut pas hésiter à nous le faire savoir.

Photo © San Diego Air & Space Museum.

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12 COMMENTAIRES

  1. L’anglais étant ma langue maternelle, et l’aviation une passion depuis mes tendres années, je suis étonné de n’avoir jamais entendu cette expression. J’ai donc été voir sur Google, et il n’y a pas la moindre référence à cette expression.
    Je ne remet pas en doute votre érudition que je sais vaste, mais là j’ai quand meme un doute …

    • Dutertre ou Jade ? Lequel de nos deux trolls exclus êtes-vous en réalité monsieur van Ackere ? Puisque vous ne savez commenter que pour critiquer de manière négative et vérifier chacune de nos informations. Vous devez avoir un égo surdimensionné dites-moi. Une chose est sûre : vous n’êtes bien plus un troll qu’un passionné d’aviation.

  2. Toute langue vivante s’enrichit grâce aux néologismes, bien avant qu’ils soient reconnus officiellement dans les dictionnaires. Dans une publication francophone, il est de bon aloi de franciser des termes et expressions plutôt qu’utiliser bêtement leur équivalent anglais, quitte à en créer de nouveaux. Un défi à relever pour les « aérophiles » que nous sommes. Donc, bravo Arnaud !

  3. Sans oublier bien sûr les Pitts et (il me semble) de Waco et autres constructions amateures;
    Une question me taraude et va sans doute m’empécher de dormir 😉 :
    C’est quoi ce poste au pied de la dérive avec un si gros rétroviseur? Jamais vu vu ça sur aucune photo de Ant-2 ?
    Quelqu’un aurait une idée?

    • Dans l’article vous avez un lien interne vers l’Antonov An-6 « Meteo », en cliquant dessus vous aurez toutes les infos sur cet avion dérivé de l’An-2. 😉

    • Bon j’ai trouvé la réponse, sur un excellent site que je vous conseille vivement : avionslegendaires.net !!!
      C’est là que l’opérateur météorologique prenait place pour réaliser ses prélèvements d’air atmosphérique. C’est dans cette configuration que l’avion réalisa son premier vol le 21 mars 1948. Rapidement sa désignation fut changé en Antonov An-6.23 avr. 2016

  4. J’ai la réponse à ma question suite à l’article concernant l’écrasement des avions d’épandage !
    Biplan tardif ? scrogneugneu !
    Le ME262 était un jet précurseur, ça je le savais bien !
    Merci Mr Arnaud

  5. Super l’article sur le An-6, je suis toujours impressionné par ces avions russes ou américains avec leurs moteurs en étoile de conception robuste et fiable. L’ An-6 pouvait transporter une quinzaine de passagers ! et quelle belle idée la petite cabine devant l’empennage arrière, l’opérateur météo avait une vue imprenable sur son environnement. Par contre qu’il soit devenu un piège mortel pour les passagers dans l’observation des explosions atomiques est particulièrement navrant. Mais bon venant de l’U.r.s.s cela n’a rien d’étonnant …

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