Depuis la mi-novembre 2016 c’est de nouveau le ballet des avions radars de l’OTAN aux abords de l’oblast de Kaliningrad, territoire russe enclavé au milieu de pays de l’Union Européenne et disposant d’une sortie maritime sur la Baltique. Plusieurs fois par semaine des quadriréacteurs Boeing E-3A Sentry décollent de leur base allemande de Geilenkirchen pour réaliser des vols de surveillance au-dessus des installations militaires de ce mini-territoire d’à peine 15 000 km². Il faut dire que Kaliningrad est souvent, pour ne pas dire presque toujours, la destination ou l’origine des avions espions russes qui violent fréquemment l’espace aérien de pays membres de l’organisation atlantique.

Alors bien sûr en Russie certains poussent des cris d’orfraie, tandis que les médias gouvernementaux avancent plutôt l’argument (fallacieux il faut bien le reconnaitre) du déploiement de la présence des missiles anti-aériens S-400, alias SA-21 Growler pour l’OTAN. Il faut dire que depuis plusieurs années la propagande russe tente de faire croire au monde entier que ce système de missiles à longue portée serait le cauchemar numéro 1 des généraux atlantistes. Sans remettre en question les qualités réelles du S-400, l’intérêt de l’OTAN est cependant à chercher ailleurs.

En effet si l’OTAN voulait vraiment surveiller les sites de lancements de missiles sol-air S-400 elle aurait eu recours à d’autres moyens de reconnaissance tels des drones ou des satellites de surveillance. La présence des Boeing E-3A Sentry implique que c’est bien l’espace aérien de l’oblast qui est étroitement observé.
Ainsi les Occidentaux pourront savoir quand décollent les fameux avions militaires russes, du bombardier Tupolev Tu-95 Bear à l’avion de transport Antonov An-72 Coaler en passant bien entendu par les avions-espions Ilyushin Il-20 Coot-A. Ou bien entendu quand ils atterrissent.

Il faut savoir que la puissance des radars embarqués du Boeing E-3A lui permet de demeurer dans l’espace aérien international ou bien dans celui des états membres tout en surveillant intégralement le ciel de l’enclave russe. Une capacité opérationnelle qui interdit à l’aviation russe de prendre les airs pour intercepter ces avions. Une preuve de plus que l’AWACS demeure la référence dans ce domaine.

Photo © OTAN

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4 COMMENTAIRES

  1. Bonsoir
    Je ne pense pas qu’il y ait jamais eu de Tu-95 basé dans l’oblast de Kaliningrad. Tout au plus de Su-24 …
    En tout cas, une provocation de plus …

    • Oui une provocation russe de plus contre la communauté internationale en générale, et l’OTAN et l’UE en particulier. Mais bon nous voyons ici que nos militaires ne se laissent pas impressionner par les gesticulations de l’aviation russe.
      Quand aux avions militaires russes, rien ne dit qu’ils y soient basés tout au plus y transitent-ils afin de justifier les violations d’espaces aériens des états souverains comme les trois républiques baltes.

  2. Votre réponse est plus que curieuse, car tous les vols de Tu-95 ou Tu-160 interceptés venaient du nord, en longeant les côtes de Norvège. Ces vols de l’aviation stratégique russe n’ont jamais, mais alors JAMAIS eu lieu au dessus de la Baltique.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Engels-2_(air_base)
    Il se trouve que je connais particulièrement bien cette région pour y avoir été affecté autrefois… et avoir pris part au premier vol d’AWACS de l’OTAN sur zone.
    Le but des vols de l’aviation stratégique russe est de se mettre à portée de tir des puissances nucléaires, pas des autres… Pour cela, il y a les Fencer ou les Su-34 qui eux peuvent être basés à Kaliningrad, comme à Chernyakhovsk…
    A+

    • Se référer à Wikipédia n’est pas forcément une référence. Ensuite, malgré tout je vous trouve bien empirique dans vos déclarations.

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