Le Père Noël a eu un peu d’avance cette année pour les ingénieurs de Pilatus. Ce jeudi 7 décembre 2017 les services aéronautiques officiels des États-Unis et de l’Union Européenne ont délivré les certificats de type pour le jet d’affaire léger suisse Pilatus PC-24, permettant ainsi à l’avion de débuter son aventure commerciale. Les livraisons de cette machine de nouvelle génération devraient débuter dès l’année prochaine.

Dans les faits les responsables de Pilatus ne cachent plus leurs intentions de vendre en 2018 encore plus d’exemplaires de l’avion. Quatre-vingt-quatre ont d’ores et déjà trouvé preneur ! Prévu pour transporter entre quatre et six passagers sur une distance pouvant aller jusqu’à un peu plus de 3750 kilomètres ce nouvel appareil ne fait nullement d’ombre aux jets d’affaires conçus par Bombardier ou Dassault Aviation. Le constructeur français est en effet absent de ce segment depuis l’arrêt en 1991 de la production du «petit» Falcon 10.

En fait c’est plus Cessna aux États-Unis et Embraer au Brésil qui ont à craindre de l’arrivée sur le marché du Pilatus PC-24. Leurs (respectivement) CJ4 et Phenom 300 pourraient pâtir de ce nouveau-venu. Pour autant le biréacteur brésilien s’est taillé depuis quelques années la part du lion dans ce marché très compétitif avec plus de 400 machines vendues.

Les certifications américaines et européennes reçues la semaine dernière par Pilatus ouvrent donc la voix à l’exploitation commerciale dans les espaces aériens des États-Unis et de l’Union Européenne. Pour mémoire le PC-24 est le tout premier avion à réaction conçu et usiné par Pilatus. Ces deux certifications concernent aussi bien le pilotage à un seul pilote qu’à un pilote et un copilote.

Alors la question est aussi de savoir si ce nouvel acteur du domaine peut avoir une carrière militaire ? Comme pour n’importe quel jet d’affaire je dirais oui tout en se souvenant que bien souvent les décisionnaires des différentes ministères de la défense préfèrent transporter leurs généraux et hautes autorités civiles à bord d’avions de plus gros tonnage tels les actuels Bombardier Global Express, Dassault Aviation Falcon 7X, ou encore Gulfstream G450.
Cependant une carrière en temps que plateforme d’entraînement avancé, à l’instar des Phenom 100 fournis par le Brésil à la Royal Air Force, n’est pas impossible à envisager. Des jets d’affaire de ce type existent déjà, à l’exemple des Beechcraft T-1A Jayhawk en service dans l’US Air Force.

Photo © Wikimédia Commons.

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5 COMMENTAIRES

  1. Devant le succès rencontré, Pilatus a bloqué son carnet de commande à 84 appareils, et ne prends plus de nouvelles commandes. Le premier appareil de série à fait son roll-out et devrait être livré ce moi ci; Le constructeur suisse compte en livrer 23 en 2018. Il faudra attendre le salon EBACE à Genève en mai afin de savoir à quelle date le carnet de commande sera à nouveau ouvert..

    Le Phenom 300 d’Embraer est à peu près de la même catégorie ( 8 t de masse max au décollage pour le ¨PC-24, 8,4t pour le Phenom 300) mais le PC-24 présente l’avantage de pouvoir opérer depuis des pistes plus courtes et en terre battue ou en herbe et il est équipé d’une porte cargo pour le transport de fret. Pilatus le qualifie à ce titre de « super versatile » que l’on pourrait traduire par polyvalent.

    Le Honda-jet n’est pas de la même catégorie, il est plus petit avec une masse max au décollage de 4,2 t. ( environ 5 ou 6 passagers alors que c’est environ 8 à 10 pour le PC-24 et le Phenom 300 ) Il présente la particularité quasi unique d’avoir ses deux réacteurs positionnés sur les ailes.

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