C’est une guerre quelque peu oubliée en Europe et aux États-Unis. Ce mardi 10 avril 2018 des avions de combat nigérians ont attaqué des positions de la secte djihadiste Boko Haram grâce à des renseignements obtenus à l’aide d’avions de reconnaissance nigériens. Une coopération étroite entre ces deux pays qui souffrent quotidiennement de la barbarie et de la violence extrême de ces djihadistes bien implantés.

Il a fallut tout d’abord se fier à des informations émanant de services alliés de renseignement (localement on parle des États-Unis ou de la France omniprésents dans la région) avant de lancer une reconnaissance aérienne à l’aide d’un bimoteur Diamond DA-42 Twin Star équipé pour repérer les signaux des téléphones portables de Boko Haram. Après cette phase il a fallu rapidement coordonner l’attaque aérienne.

Malgré les liens très étroits qui unissent désormais le Niger francophone au Nigeria anglophone seuls les avions de combat de ce dernier pays ont pu opérer car toutes les forces djihadistes ont été repérées sur son seul sol. Et c’est plus précisément dans l’historique fief de Boko Haram, l’état de Borno à la frontière entre ces deux pays mais aussi avec le Tchad que les terroristes ont été localisés. Et c’est plus précisément autour des villages de Arege et Tumbun Rago que ce sont concentrées les frappes aériennes.

Seulement voilà rien à voir avec la précision extrême des frappes de la coalition contre Daech au-dessus de l’Irak et de la Syrie, ici cela reste bien plus artisanal et pour cause. La Nigerian Air Force ne possède aucune munition guidée et attaque donc avec des armes plus… traditionnelles. Les dix avions de combat qui ont frappé Boko Haram l’ont fait à l’aide de bombes lisses et de roquettes en paniers.

Tout d’abord quatre Chengdu F-7NI, une version export de la copie officielle chinoise du MiG-21 Fishbed soviétique, ont réalisé des frappes à la bombe lisse de 250kg contre un important site de communication et de logistique de la secte islamiste. En parallèle six Dassault-Dornier Alpha Jet attaquaient à la roquette une autre cible, renfermant apparemment des stocks d’armements et de carburant pour les véhicules 4×4. Selon les communiqués officiels nigérians cette opération conjointe aurait semé le chaos auprès de Boko Haram. Néanmoins la prudence est de mise car les deux pays ont souvent annoncé la mort de cette organisation terroriste qui aujourd’hui menace toujours autant.

Mais surtout cette série de frappes issue d’une reconnaissance aérienne illustre bien les alliances qui se sont dessinées en Afrique sub-saharienne afin de contrer la menace djihadiste. Des états jadis voisins mais réels liens sont aujourd’hui partenaires, et cela dépasse rapidement le cadre de la défense.

Photo © AFP.

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