C’est une page de l’histoire aéronautique portugaise qui se tourne. Ce mardi 16 juin 2020 la Força Aérea Portuguesa a retiré du service ses huit derniers hélicoptères Sud Aviation SA.316B Alouette III. Ces légendaires monoturbines de facture française étaient en service depuis 57 ans. Il y ont rempli tout un tas de missions, y compris la représentation aérienne.

Une image désormais du passé : une Alouette III portugaise.

C’est en effet en janvier 1963 que l’état-major portugais sélectionna le Sud-Aviation SA.316B Alouette III comme hélicoptère standard. L’appareil français était en compétition face à l’Agusta-Bell AB.204B italo-américain. Ce dernier était dérivé de la version d’origine du Bell UH-1B Iroquois. La machine française fut jugée plus polyvalente et adaptée aux besoins portugais.

Entre avril 1963 et février 1975 Sud Aviation, puis Aérospatiale, livra un total de 142 Alouette III. Ces hélicoptères furent employés bien entendu pour les liaisons et la communication mais également pour l’entraînement basique et avancé. De manière plus surprenante le Portugal les adapta dans les années 1980 aux opérations spéciales, assurant le transport de commandos.

Increvable l’hélicoptère a atteint en 2013 le demi-siècle en opérations. Mais l’heure de la fin de carrière commençait à sonner pour lui. Initialement son retrait du service était prévu pour 2018. Seulement voilà trouver un successeur digne de ce nom à l’Alouette III n’est pas gagné. Après avoir envisagé plusieurs machines autant européennes que nord-américaines la Força Aérea Portuguesa jeta son dévolu sur l’Agusta-Westland AW.119Kx Koala.
Pour un pays aussi profondément européen que le Portugal il était inconcevable que Bell ou MD Helicopters remporte ce marché. L’honneur est donc sauf.

L’ancien hélico et le nouveau : Alouette III et Koala.

Reste à savoir si le Koala italien saura tenir aussi longtemps que l’Alouette française. Et ça c’est moins gagné. Fait particulier les plus hautes autorités portugaises ont rendu hommage à l’hélicoptère monoturbine conçu en France. Là-bas aussi l’Alouette III est légendaire.
Au moins trois des huit hélicoptères retirés du service devraient rejoindre des musées dans le pays.
Alors comme on dit en portugais : «Adeus Alouette III». La légende s’en va, et bientôt ce sera à la France de lui faire des adieux définitifs. Le si particulier son de sa célèbre turbine ne se fera plus entendre du côté de la base aérienne 11 de Beja.

Photos © Força Aérea Portuguesa.

 

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1 COMMENTAIRE

  1. Belle carrière…
    A-t’on idée du nombre d »exemplaires produits ? et du nombre d’engins encore en service aujourd’hui ?
    Ça serait intéressant également de comparer avec d’autres hélicos de la même époque.

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