L’affaire pose pas mal de questions moins d’un mois après la révélation d’un scandale sur l’entourage de la sécurité rapprochée du Président de la République. Ce lundi 6 août 2018 à la mi-journée un drone a survolé le fort de Brégançon alors même qu’Emmanuel Macron s’y trouvait. Les systèmes de brouillage ont fort heureusement fonctionné et l’engin sans pilote s’est abîmé dans la Méditerranée à quelques dizaines de mètres de la résidence présidentielle. Pour mémoire depuis un arrêté interministériel de mars 2008 le survol du site par tout aéronef est strictement interdit à moins de 3300 pieds.

Or lors de son survol le drone semblait bien plus bas selon les dépêches de l’Agence France Presse. Les systèmes de brouillage qui protègent le fort de Brégançon ont permis d’abattre le drone en question qui est tombé en mer à environ 150-200 mètres de la bâtisse. Immédiatement une équipe de plongeurs-démineurs de la Marine Nationale s’est rendu sur place mais une demi-journée après l’incident l’aéronef sans pilote n’avait toujours pas été retrouvé. Il pourrait gésir par 30 mètres de profondeur et avoir fortement dérivé.
Une information judiciaire pour : «survol avec aéronef sans pilote d’une zone interdite» a été ouverte par le parquet de Toulon qui a saisi la Gendarmerie Nationale des investigations.

Bien entendu aux vues de la sensibilité du lieu l’affaire a été médiatisée.
Il est peut-être utile d’ailleurs d’expliquer à nos lecteurs étrangers, et notamment canadiens ce qu’est le fort de Brégançon. Il s’agit depuis 1964 de la résidence officielle de vacances des Présidents de la République. De Charles de Gaulle à Emmanuel Macron tous nos présidents y ont séjourné, parfois à contre-cœur. Installé sur une presqu’île c’est un site hyper sécurisé.
La veille de ce survol par exemple le président Macron y recevait la Première Ministre May pour une entrevue officielle.

Alors pour quelles raisons pourrait-on vouloir survoler le fort de Brégançon pendant les vacances présidentielles. Trois thèses semblent les plus évidentes :

  1. Le survol accidentel par un télé-pilote amateur n’ayant pas eu connaissance de la nature exacte du site ou simplement voulant réaliser la bonne photo pour épater ses amis.
  2. La tentative de prise de vues par un ou des photographes professionnels au service de la presse à scandale. Les paparazzis sont très friands des photos volées de nos présidents et de leurs épouses ou compagnes. Les plus récents prédécesseurs d’Emmanuel Macron en ont fait les frais à Brégançon, mais vraisemblablement pas à cause de drones.
  3. L’acte de malveillance destiné à repérer les lieux en vue de la commission d’un délit grave voire d’un crime ou d’un acte terroriste.

Malheureusement les deuxièmes et troisièmes hypothèses sont les plus vraisemblables. Car être dans le Var et ne pas savoir qu’on approche du fort de Brégançon ça implique de ne pas apercevoir les presque discrets cars de gendarmes mobiles stationnés à bonne distance de la résidence présidentielle.

Quoi qu’il en soit il semble bien que la France n’ait pas (encore) su tirer les enseignements des survols de sites sensibles à Paris et ailleurs en France. Le brouillage est certes déjà un bon début mais il n’a pas pu empêcher que ce drone ne s’approche du Président de la République. Or à ma connaissance les policiers d’élites du GSPR, aussi excellents soient-ils, ne sont pas formés pour abattre de tels engins avec leurs armes de service. Après il reste toujours l’option d’une arme au laser.

Photo © Wikimédia Commons.

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2 COMMENTAIRES

  1. Si le drone était à la portée des brouilleurs, on pourrait supposer qu’il était en dessous des 3300 pieds!
    Commentaire sur le précédent commentaire: Pourquoi tant de haine? Effet de la canicule ?

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