Le Grumman C-2A Greyhound demeurera en service jusqu’en 2024.

C’est désormais un des avions de transport militaire parmi les plus mythiques aux États-Unis. Pourtant à l’instar d’autres avant lui le Grumman C-2A (R) Greyhound devra tôt ou tard quitter le devant de la scène, mais pas avant l’été 2024 ! Des doutes subsistaient jusqu’à encore récemment pour un éventuel retrait du service anticipé à l’année prochaine. Il n’aura pas lieu, le calendrier d’origine sera respecté.

Normalement un avion comme le C-2A (R) Greyhound passe toute sa carrière dans l’ombre sans attirer à aucun moment les feux des projecteurs. C’est bien mal connaitre ce bimoteur à turbopropulseurs ! Premier véritable avion de transport conçu comme Carrier Onboard Delivery, c’est à dire destiné à opérer depuis et vers les porte-avions de l’US Navy, il a eu la lourde charge de succéder au fameux C-1 Trader. Surtout en près d’un demi-siècle de carrière l’avion a su sortir de l’ombre, notamment grâce à Hollywood et à des apparitions furtives mais ô combien efficaces dans nombres de films.
Surtout avec le remplacement progressif des E-2C Hawkeye par des E-2D Advanced Hawkeye bien plus moderne la retraite annoncée du C-2A (R) Greyhound semble sonner le glas des avions Grumman à bord des bâtiments américains. Une histoire qui remonte tout de même au chasseur biplan FF et s’est ensuite prolongée avec la saga des matous mouillés.

Pendant quelques mois cependant on pensa que le retrait prévu pour le début de l’été 2024 serait avancé d’un an, voire d’un an et demi. Certains porte-paroles très officiels commençaient à publiquement envisagé d’envoyer à Davis-Monthan AFB les derniers Grumman C-2A (R) Greyhound dès le mois de janvier prochain. Ils avaient tort.
Mais au fait pourquoi une telle précipitation à voir partir un avion aussi légendaire ? En fait tout cela provient des réussites de son successeur désigné, le Bell-Boeing CMV-22B Osprey.

Pourtant le consortium à l’origine de sa production et composé des deux géants Bell Helicopter et Boeing ont bien confirmé de leur côté que l’usinage des pièces et leur assemblage afin de donner naissance aux dits convertiplanes ne pourraient pas se faire dans la hâte. Le calendrier initial du CMV-22B Osprey sera tenu mais ne pourra nullement être accélérer, au risque de fragiliser toute la chaîne de production.
D’une certaine manière donc Bell et Boeing ont sauvé les derniers mois de carrière d’un avion toujours autant apprécié de ses équipages… mais aussi des passionnés d’aviation.

Pour autant il ne faut pas s’y méprendre et rappeler qu’un rachat même partiel de la flotte des C-2A (R) Greyhound par la Marine Nationale serait la plus mauvaise des idées ! D’abord cet avion n’est pas du tout adapté au pont d’envol du Charles de Gaulle, bien trop petit pour lui. Mais surtout aussi séduisant et attachant soit t-il le Greyhound n’est désormais plus qu’un énorme tas de ferrailles bouffé par la corrosion accumulée après des milliers d’heures de vol dans l’environnement le plus malsain pour un avion : les mers et océans. Malgré les bons soins des mécanos de l’US Navy ces avions partent littéralement en lambeaux.

Malgré cela beaucoup, et j’en fais totalement partie, verseront une larme lors du dernier vol de ce magnifique oiseau des mers.
Affaire donc à suivre.

Photos © US Navy.


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Arnaud
Passionné d'aviation tant civile que militaire depuis ma plus tendre enfance, j'essaye sans arrêt de me confronter à de nouveaux défis afin d'accroitre mes connaissances dans ce domaine. Grand amateur de coups de gueules, de bonnes bouffes, et de soirées entre amis.
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Commentaires

11 Responses

  1. Moi aussi, je verserai une larme lors de sa retraite définitive.
    Je ne pensais pas qu’ils étaient usés jusqu’à la corde.
    Bon, ils serviront peut-être de « pots de fleurs » sur certaines bases de l’US Navy.
    Merci pour ce bon et instructif article sur le Greyhoud.

    1. Tu es sur Eric d’avoir lu l’article Eric ? Arnaud explique clairement dedans que racheter serait une mauvaise idée mais toi tu t’accroche à ton idée. Donc tu voudrais des vieux C-2 Greyhounds aux cotés de nos beaux Rafales F3-R futurs F4 et des E-4D commandés l’an dernier. On aurait l’air ringards.

  2. je vous signale que nous avons acheté dans les années 90s, plusieurs cellules de Crusaders aux USA.
    je crois que le C2 est qualifié sur le PACDG, lors de certains déploiements opérationnels du GAN un ou deux nous avaient été mis à disposition.
    Pour les Cruz, ça n’avait pas été une opération très intéressante. L’opération a été réalisée pour la « Prolongation » des F8 dans l’espoir de récupérer des pièces détachées. Les voilures étaient pleines de criques (missions au Vietnam), les sièges éjectables pas compatibles, peut être quelques réservoirs souples mais je n’en suis pas sur, quelques ferrures, et surtout de magnifiques mygales du déser.t

    1. Désolé mais sur ce coup là vous croyez mal. Le C-2A, même en version C-2A (R) n’a jamais réussi à être qualifié pour emploi sur le porte-avions français. Il y a réalisé des touch-and-go mais rien de plus.

  3. En plus de l’argument d’un avion dont les exemplaires disponibles sont usés et dont la production est arrêtée, le hangar du CdG est plein à craquer donc il faudrait enlever quelques exemplaires de Rafale pour accueillir ce COD

    1. Ça aurait pu être une bonne idée si le Tracker n’avait pas déjà été remplacé par les Dash 8 commandés en 2019.

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