C’est l’un des marchés aéronautiques de défense les plus emblématiques de ces dernières années. Comme Bell Helicopter et Leonardo le constructeur européen Airbus Helicopters fait partie des prétendants à la succession de l’appareil d’entraînement embarqué Bell TH-57 Sea Ranger. Seulement voilà aux États-Unis beaucoup avaient parié sur les deux premiers plutôt que sur ce troisième, et peut-être à tort. Sa proposition semble revenir sur le devant de la scène.

Et pourtant l’appareil proposé par Airbus Helicopters est certainement le plus ambitieux des trois. Il s’agit du biturbine H135M. En face de lui donc les monoturbines Bell 407GXi américain et Leonardo TH-119 européen. Ce dernier est une évolution spécifiquement développée de l’Agusta-Westland AW.119 Koala.
Deux monoturbines afin de succéder au Bell TH-57 Sea Ranger lui aussi monoturbine, ça pourrait avoir du sens.

Sauf qu’aux États-Unis tout le monde ne l’entend pas de cette oreille. L’Airbus Helicopters H135M (ou TH-135 tel qu’il est présenté dans les médias américains) a quelques soutiens de poids au Congrès ou encore au Pentagone. Et pas uniquement parce qu’il vole localement sous une livrée type US Navy, et ce depuis plusieurs mois.
En fait il semble bien qu’un des arguments qui ait fait revenir l’hélicoptère biturbine dans la course vienne d’Allemagne et plus particulièrement de la Heersflieger. En effet dans cette aviation terrestre le H135M sert pleinement comme hélicoptère d’entraînement. Et il y fait des merveilles. Or Airbus Helicopters et le Pentagone semblent bien s’en être rendus comptes.

Celles et ceux qui ont enterré l’Airbus Helicopters H135M comme successeur du TH-57 Sea Ranger l’ont peut-être fait un peu trop rapidement. Et cela au grand dam de Leonardo pour qui il s’agit là d’une occasion unique de se renforcer après sa victoire, aux côtés de Boeing, dans le marché de remplacement des Bell UH-1N Twin Huey de l’US Air Force.
Sauf que justement Airbus Helicopters est également fournisseur du Pentagone, et à une bien plus grande échelle. Entre les MH-65D Dolphin en service dans l’US Coast Guard et modernisés il y a peu par l’hélicoptériste européen et les UH-72A Lakota qui volent pour le compte de l’US Army on peut dire que les machines de feue la société Eurocopter sont habituées à voler sous la cocarde américaine.
Reste tout de même Bell Helicopter, le constructeur nord-américain qui n’a sans aucun doute pas dit son dernier mot.

Il faut donc attendre octobre 2019 pour savoir lequel des trois constructeurs remporte la timbale. Un marché estimé à entre 122 et 130 exemplaires suivant le type de machine acquis, et une incertitude sur le nombre qui pourrait jouer en faveur du biturbine européen face à ses concurrents monoturbines.

Photo © Airbus Helicopters.

 

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5 COMMENTAIRES

  1. Ne rêvons pas. Rappelons nous l’appel d’offre pour remplacer les KC135R. Le A330MRTT avait remporté l’appel d’offre face au KC46A. Nous en connaissons le résultat. Alors, avec l’Administration Trump, tous les rêves sont permis.

    • Un peut idiot comme commentaire quand on sait que Airbus Hélicopter est premier aux USA dans cinq des six segments du secteur (tourisme, parapublic, évacuation sanitaire, travail aérien et transport VIP) et 50% de part de marché largement devant Bell, Leonardo et Sikorsky. L’usine Airbus de Colombus a assemblé 1300 machines en 15 ans.

  2. Fabrication made in USA, y compris maintenance. les 400 exemplaires ont été livrés. L’inconnue de mon équation sera la position de Trump…

    • Vous savez que Donald Trump n’a pas autant de pouvoir sur les marchés d’armement que certains voudraient bien faire croire. Et Obama était autrement plus protectionniste que lui, et pourtant les Européens ont réussi des marchés sous sa présidence.

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