Qu’est-ce qu’on ne ferait pas parfois pour bien vendre un avion de combat ? C’est certainement ce que se disent les gens de chez Lockheed-Martin. Dorénavant l’avion de combat connu comme F-16V Block70/72 sera désigné auprès des clients étrangers sous l’appellation F-21 Viper. Une manière comme une autre pour l’avionneur de Palmdale de rajeunir le «vieux» Fightning Falcon hérité de General Dynamics. Il est à signaler que cette désignation n’a cependant rien à voir avec le Pentagone, puisqu’aux États-Unis F-21 désigne les Kfir israéliens utilisés dans les années 1980.

Pour autant dans la stratégie commerciale de Lockheed-Martin le F-21 Viper ne devrait dans un premier temps désigner que les avions nouvellement construits. Car une bonne partie des Viper sont en fait des avions modernisés, rétrofités comme l’on dit désormais dans le secteur aéronautique. Souvent construits au départ aux standards General Dynamics F-16A/B ou F-16C/D Fighting Falcon ils sont ensuite amenés à celui de F-16V.
Sans compter que certains pays cherchent à racheter auprès de l’US Air Force des stocks d’anciens Fighting Falcon afin de les passer au nouveau standard Viper, c’est le chemin que semble prendre la Bulgarie.

Mais alors le Lockheed-Martin F-21 Viper est-il réellement viable ? Oui sans doute.
Car en fait ce ravalement de façade façon aéronautique vise en fait un client en particulier, et pas n’importe lequel : l’Indian Air Force qui cherche à acquérir une centaine d’avions de combat à très brève échéance. Et l’avion américain serait dit-on très bien placé dans la course face à ses concurrents européens et russes.
Sans compter que les avions commandés en octobre 2017 par Bahreïn seront vraisemblablement livrés sous cette nouvelle désignation et non à celle de F-16V.

L’émergence de ce F-21 Viper est sans doute une mauvaise nouvelle pour pas mal de constructeurs car il pourrait faire de l’ombre aux JAS 39E/F Gripen suédois et MiG-35 russes. Pour autant il ne semble pas en mesure de concurrencer d’autres avions, plus évolué. Chez Lockheed-Martin on le présente comme un Fighting Falcon très amélioré avec des éléments issus des F-22 Raptor et F-35 Lightning II. Bon sauf qu’à la différence de ces deux machines le F-21 Viper est tout sauf un avion furtif. Même s’il est annoncé plus discret que les premiers F-16A/B.
Sera t-il présent en juin prochain au Bourget ? Sans nul doute que Lockheed-Martin voudra le présenter lors de cette grand-messe destinée aux professionnels.

Illustration © Lockheed-Martin

Publicité

14 COMMENTAIRES

  1. Cela reste un superbe avion. De plus la furtivité devient de plus en plus aléatoire avec le potentiel des « S400 series » et la DCA/radar. Votre avis d’experts?

    • Pour l’instant le S-400 n’a toujours pas démontrer quoi que ce soit, rien, walou, nada ! Seuls les propagandistes russes leur tressent des couronnes de lauriers. Pour le reste on attend de voir sur pièce.

      • Il y a eu des expérimentations en Slovaquie, quelques années auparavant, avec le système S-300PMU opposé à divers appareils de l’OTAN dont le spectra du Rafale, lequel aurait passé le test haut la main.

    • La furtivité est surtout l’œuvre de la discrétion de ses émissions, un 2000-5 est bien plus discret qu’un 2000 C RDI sans changer l’avion. Les radars à antennes actives ne produisent que le stricte nécessaire d’émissions les rendant très discret en plus de leurs meilleures aptitudes en combat. Il en est de même pour les systèmes de contres-mesures. Le fer a repassé f35, le f117 ou même le prodigieux f22 ne sont pas du tout absents des écrans radars même avec leurs formes soit disant révolutionnaires, ni des senseurs optiques. Loin de là ! La furtivité est un mot souvent mal employé.

      • On a bien compris que la furtivité n’est pas binaire mais une quantité mesurable ou non par le matériel dont on dispose, en exagérant un peu, on peut dire que tout est furtif ou rien ne l’est, tout dépend de la distance de détection.

  2. Premier vol en janvier 1974, design remontant à 1970-1972 (presque 50 ans) et une famille incroyablement prolifique.
    On peut dire en tout cas, qu’en leur temps, les concepteurs étaient des visionnaires (inspirés – et bien inspirés – par les travaux de Boyd) et je suis pas certain qu’il s’imaginaient que le F16 serait encore en production en 2020 (alors qu’un appareil comme le F22 ne l’est plus)…
    D’ailleurs, idem pour le F-15 ou le F-18, le système d’évolution de gamme à l’américaine est l’un des points fort de son industrie aérospatiale. Y’a matière à réflexion sur le futur du fleuron français.

  3. L’administration Trump a menacé l’Inde de sanctions si elle achetait des S-400, les chances de victoire seront fonction de cela et l’Inde tient particulièrement à son indépendance d’achats de matériels militaires en double approvisionnements.
    De coté de Lockheed-Martin ont doit prier pour qu’un faux pas de leur chef d’État n’arrive pas.

  4. C’est surtout un avion qui servira qu’au acheteur donc l’Indian Air force et puis c’est une grande copie du célèbre fighting Falcon qui sera en service encore très longtemps .

  5. J’ai compris qu’un F21 Viper est un appareil neuf, construit neuf à la commande de maintenant.
    Par contre je n’ai pas bien saisi comment doivent se nommer les F16 A B C D retrofités ? Et les F16V disparaissent ? On dit au client on vous livre des F21 à la place pour le même prix ?

  6. On sait à quoi servent ses deux bosses sur la longueur des cotés ?
    Il a un bon look et doit être efficace, je pense que 2 comme ça valent un Rafale par exemple. Juste pour dire aussi qu’il ne faut pas oublier le nombre , un bon ration nombre/performance est à privilégier,
    ça va être dur pour le Gripen avec ça en face..

    • Les « bosses » sur le côté du fuselage sont des réservoirs annexes de carburant. Ils sont appelés CFT, pour Conformal Fuel Tanks. Ils sont également proposés à l’export par Boeing sur F-15E Strike Eagle.

  7. Quant à la furtivité du matériel – conception/matériaux employés -… Cf écho radar… du F-35 et donc F-21 à la furtivité toute relative… ce n’est plus qu’une illusion. Les russes, les chinois et probablement d’autres dans un proche avenir ont trouvé la parade avec des radars spécifiques… Les diverses composante de l »armée américaine mettant en oeuvre le F-35, au vu du coût d’achat mais surtout d’entretien, reviennent donc – demandent – vers de nouvelles version du F-18 (appareil embarqué) et du F-15… ils ont besoins de « bomb/missile truck » ce que le F-35 n’est pas en mesure de fournir…

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom