C’est donc un premier impact économique et industriel au drame d’Ethiopian Airlines. L’avionneur américain Boeing vient d’annoncer que les cadences de production des Boeing 737 Max 8 et Max 9 allaient baisser de dix avions par mois. Une décision qui concerne également les avions d’affaire Boeing Business Jet et retarde même l’entrée en service du futur Boeing 737 Max 10. Dans le même temps l’industriel a officiellement reconnu la responsabilité de son logiciel anti-décrochage MCAS.

Déjà aux États-Unis le spectre du chômage partiel touche les chaînes d’assemblage de Boeing. Car avec des cadences de production qui vont passer de 52 à 42 avions par mois il est clair que l’emploi est en danger chez Boeing. D’autant que d’ores et déjà plusieurs dizaines d’ingénieurs et de techniciens ayant œuvré sur le logiciel MCAS voient leur avenir professionnel remis en cause.

Car c’est désormais officiel : les deux accidents mortels récents, celui d’Ethiopian Airlines il y a moins d’un mois et celui de Lion Air en octobre dernier, sont bien le fait du logiciel MCAS. Ce système anti-décrochage porte donc désormais la responsabilité de la mort des 345 passagers et membres d’équipage se trouvant à bord de ces deux vols commerciaux. C’est donc bel et bien une avarie lors d’une perte de portance qui a conduit à ces deux drames.
Aux États-Unis la Federal Aviation Agency maintient la pression sur ce biréacteur commercial l’interdisant toujours de vol, hormis quelques rares transits sans passager.

En attendant les avions assemblés sont stockés à proximité des chaînes d’assemblage de Boeing, sur les parkings avions. Et cela pourrait bien durer jusqu’à la mi-mai au plus tôt. En effet la FAA a transmis son cahier des charges à l’avionneur d’une telle manière que le chantier devrait prendre au minimum entre six et huit semaines pour permettre de remettre à niveau le logiciel MCAS.

En attendant peut-on dire qu’en Europe Airbus tire son épingle du jeu ? Pas vraiment. Les commandes de biréacteurs monocouloirs de la famille A319 / A320 / A321 en version Neo n’ont pas explosé depuis l’annonce de l’interdiction quasi planétaire des vols de 737 Max.

Photo © Agence France Presse.

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