Par définition le concept de beauté est très suggestif, cet avion n’y fait pas exception : certains le trouvent magnifique, d’autres (comme moi) franchement très laid. Mais là n’est pas vraiment la question. Ce samedi 13 avril 2019 au petit matin l’avion expérimental Stratolaunch a décollé pour la première fois depuis le désert californien de Mojave. Un premier vol d’un peu plus de deux heures et demi qui a permis aux ingénieurs de prouver la viabilité de leur machine. Cet avion est un superlatif volant.

Déjà c’est actuellement le plus grand avion de l’histoire de l’aviation à avoir volé. Certes il n’est pas le plus long, les Airbus A340-600, Boeing 747-8, ou encore Antonov An-225 le dépasse largement mais question envergure c’est une autre histoire. Avec ses 117.30 mètres il dépasse tout ce que l’on a pu connaitre jusque là. Même l’hydravion expérimental Hughes H-4 à la fin des années 1940 n’avait pas les ailes aussi longues.

Et justement sa taille c’est un argument de choc pour celui dont le rôle est dans un proche avenir de permettre le lancement en plein vol de fusées vers l’espace. Un pari risqué que l’on doit autant à feu l’homme d’affaire américain Paul Allen, cofondateur du géant de l’informatique Microsoft, qu’au génie de l’ingénieur Burt Rutan. Entre autre réalisations on lui doit le Voyager destiné au tour du monde sans escale ou encore l’ambitieux SpaceShip 2. Un type qui a des idées et n’a pas froid aux yeux en sommes.

Pour autant ce Stratolaunch est-il viable ? Pour l’instant rien ne le promet, même si le programme est des plus intéressants. Et ce premier vol d’un peu plus de 150 minutes est des plus engageants. L’héxaréacteur a pu grimper à 17000 pieds sans problème et atteindre la vitesse, pour l’instant maximale de 300 km/h. Les six turbofans Pratt & Whitney PW4056 ne lui permettent pas encore de voler plus vite.
Comme quoi le fameux adage de Marcel Dassault ne s’applique pas toujours : cet avion vole bien alors qu’il n’est pas particulièrement beau.

Le programme d’essais de l’avion doit se dérouler jusqu’en 2022. Nous saurons alors si le projet est viable et si des lancements de fusées sont envisageables. Mais d’ores et déjà le Stratolaunch est entré dans l’histoire de l’aviation, et par la grande porte.

Photo © NASA.

Publicité

4 COMMENTAIRES

  1. Personnellement je lui trouve une certaine grâce, j’apprécie notamment les lignes des fuselages qui ne sont pas sans rappeler un planeur.
    Même si, bien évidemment, cette immense aile droite, les berceaux moteurs démesurés, et les stabilisateurs non reliés entre eux comme on aurait pu l’imaginer pour un bipoutre (rapport à la future cargaison qui dépassera sans doute), en font tout à la fois un drôle d’oiseau. Bref son héritage tient plus du HE111 Zwilling que des illustres P38 ou P61 😀 .
    https://aeroclubmodena.it/wp-content/uploads/2012/09/f.jpg

    Sur une vidéo de l’approche finale, volets sortis à quasiment 90°, il a une « nose-down attitude » (littéralement vol horizontal avec le nez pointant vers le bas) très similaire à celle du B52.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom