On aurait pu croire que ces avions allaient rester sur les bras du groupe Irkut, la maison-mère de Sukhoi, mais il n’en est finalement rien. Depuis quelques années maintenant cet industriel russe se bagarre pour tenter de replacer sur le marché de seconde main les Sukhoi Su-30K ayant auparavant appartenu à l’Indian Air Force et qui lui furent rétrocédés après la livraison du premier lot de Su-30MKI. Ce mois-ci la Força Aérea Nacional de Angola a pris livraison du dernier de ses douze exemplaires et désormais les espoirs russes convergent vers la Sri Lanka Air Force.

Pour mémoire ces dix-huit Sukhoi Su-30K étaient des avions très proches de la version russe d’origine et avaient été livrés à l’Indian Air Force entre 1997 et 1998, en attendant une définition plus adaptée. Dix ans plus tard, une fois les Su-30MKI en cours de livraison en Inde, ils avaient été rendu au groupe Irkut. Ces biréacteurs furent stockés à Baranavitchy dans l’ouest de la Biélorussie. Le groupe aéronautique russe espérait bien les revendre sur le marché de l’occasion auprès de forces aériennes n’ayant pas les moyens de se payer des appareil neufs.

Et le premier contrat fut signé en octobre 2013 avec l’état-major angolais. Intéressée un temps par les dix-huit avions du lot la Força Aérea Nacional de Angola dut finalement «se contenter» de douze exemplaires, fautes de moyens financiers suffisants. Les six premiers exemplaires ont été livrés entre 2017 et 2018 tandis que les six derniers le furent cette année. Ils sont pleinement opérationnels depuis ce mois de mai. Ils ont notamment permis de retirer du service leur vingtaine de vieux Mikoyan-Gurevitch MiG-21 datant de la guerre froide.

Depuis novembre 2017 Irkut est en pourparlers avec l’état-major sri-lankais autour de la fourniture des six derniers Sukhoi Su-30K encore en stock. Ce petit pays cherche en effet à redonner un peu de puissance à la SLAF, dont actuellement le gros de la puissance de feu tourne autour de quatre Chengdu F-7. En fait ces jets sont avant tout dévolus aux missions de défense aérienne et n’ont que des capacités très limités d’attaque au sol et d’appui aérien rapproché. Les six avions ex-indiens permettraient d’assurer tout ce panel opérationnel. Pour autant le retrait du service des chasseurs de facture chinoise n’est pas à l’ordre du jour.
La Sri Lanka Air Force aimerait disposer d’une dizaine d’avions de combat.

Objectivement le Su-30K n’est pas la version la plus efficace du Flanker-C. Pour autant pour des pays comme l’Angola ou le Sri Lanka c’est une machine parfaitement adaptée, alliant rusticité, polyvalence, et prix abordable. La balle est donc désormais dans le camp du gouvernement de Sri Jayawardenapura Kotte, pour mémoire Colombo n’étant que la capitale économique et non politique du pays.

Photo © Indian Air Force.

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