L’affaire semble plus trouble qu’il n’y paraît de prime abord. Ce samedi 18 mai 2019 sept avions de combat français Dassault Aviation Rafale M ont été déroutés vers une base de la force aérienne indonésienne sur l’île de Sumatra pour des raisons météorologiques. Seulement voilà si cinq avions et leurs pilotes ont pu rapidement reprendre les airs en direction du porte-avions Charles de Gaulle, deux autres sont toujours maintenus sur places. Les raisons invoquées par les autorités locales ne sont pas claires et la diplomatie française a été avisée des faits.

Les chasseurs omnirôles embarqués français réalisaient une série d’exercices au-dessus des eaux internationales en compagnie d’éléments indiens quand ils ont été obligés (selon l’Agence France Presse) de demander l’autorisation de se dérouter vers un site d’accueil. En effet une importante dégradation météorologique menaçait l’intégrité des sept Dassault Aviation Rafale M de la Marine Nationale. Immédiatement le contrôle aérien indonésien a décidé de les orienter vers l’aéroport international Sultan Iskandar Muda à la pointe nord de l’île de Sumatra. Cette importante plateforme commerciale dispose en effet d’une zone militaire sécurisée.

Rapidement les avions français se sont posés et les militaires indonésiens assistés de douaniers les ont inspectés. Selon la presse locale aucun des marins français n’était armé et le contrôle se serait passé sans aucune difficulté. Sauf qu’au moment de reprendre les airs seuls cinq des sept Rafale M ont été autorisé à quitter le territoire indonésien.
Les deux autres, ainsi que leurs pilotes respectifs, sont maintenus dans la partie militaire de l’aéroport officiellement pour des raisons techniques. Dans le même temps le ministère indonésien de la défense a prévenu l’ambassade de France à Jakarta de la situation.

Lors de l’incident les sept avions français avaient décollé du porte-avions Charles de Gaulle depuis environ une heure et demi. Le navire de la Marine Nationale croisait alors à environ 100 miles nautiques à l’ouest de la zone d’exclusion indonésienne. Aucun chasseur de ce pays n’a semble t-il été mobilisé pour l’opération.

Rafale M sur la partie militaire de l’aéroport indonésien Sultan Iskandar Muda.

Il est très difficile de comprendre les raisons qui ont motivé l’immobilisation (même temporaire) de nos deux avions de combat par les autorités indonésiennes. Et ce qui n’ajoute pas forcément de confiance dans ce dossier c’est que l’armée de ce pays n’est pas particulièrement réputée pour la transparence de ses opérations. Les raisons invoquées sont assez nébuleuses pour permettre toutes les spéculations, sans forcément tomber dans le complotisme de base.
Espérons que les diplomates français sauront très vite démêler cette affaire, que nos deux pilotes et leurs avions retrouvent le pont d’envol du porte-avions.

Photos © Agence France Presse.

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38 COMMENTAIRES

  1. Je suis étonné que les pilotes ne portaient pas d’arme, même s’il s’agissait d’un exercice, mais dans une zone pas complètement amicale, tout de même.

    • Ça n’a strictement rien d’une explication et absolument tout d’une spéculation de votre part. Ça ne repose sur rien du tout, et rien dans l’article du très sérieux Figaro ne va dans le sens que vous exposez. Désolé mais à mon sens, et je pense à celui de certains de nos lecteurs, votre exposé est vide de sens.

  2. Possible tentative d’espionnage industriel de leur part ? Je veux dire que certaines technologies des rafales pourraient être intéressantes aussi bien sur le marché interne que sur la revente d’informations à une puissance étrangère.

  3. Bonjour Arnaud. On parle maintenant que les 2 pilotes restants n’étaient pas qualifié « nuit »,; et ont fini par décoller. Pilotes non armés, ça n’existe pas, chez personne. Des photos circulent avec des pilotes français sous lourde escorte… Du grand n’importe quoi indonésien.

    • Oui, l’explication du non qualif nuit est plus plausible, info à confirmer.
      Pour les armes des pilotes, serait-il possible qu’ils les ont laissées dans l’avion, endroit qui les indonésiens ne peuvent pas avoir accès sauf raison qui sortirait alors du cadre amical

  4. Cela pourrait ressembler à de l’espionnage… industriel. Par et pour qui ? C’est une aubaine, plus facile à faire que lors d’un salon ou dans des infrastructures militaires françaises voir chez Dassault.

  5. En effet plusieurs sources, relayées par l’AFP et Reuters, font état d’une non qualification des deux pilotes en questions aux appontages de nuit. Même si cela semble plausible, ça n’explique pas pourquoi certaines images montrent les pilotes français sous escortes lourdement armées de la part des forces indonésiennes.
    Pour mémoire Jakarta et Paris entretiennent de très bonnes relations diplomatiques depuis une vingtaine d’années maintenant.

    • Autre pays, autre culture . . .
      4ème pays le plus peuplé au monde et premier pays à majorité musulmane, , ils ont également eu à faire depuis le début des années 2000 à plusieurs attentats terroristes, dont le dernier en 2016.
      Couplé à appareil militaire peu féru de transparence, l’escorte qui colle au basques des pilotes ne me surprends pas plus que cela, en tout cas elle est à relativiser . . .

      Là où je suis un peu plus étonné, c’est la divulgation des identités des pilotes. En ces temps de terrorisme, cela peut poser un problème de sécurité à leurs familles, chose qu’ils devraient être capables de comprendre, étant eux-même soumis à ce genre de risque . . .

      Pour ce qui est de la non-qualification « Hibou » des deux derniers pilotes : http://www.opex360.com/2019/05/20/mission-clemenceau-7-rafale-m-ont-fait-une-escale-forcee-en-indonesie/

      Obé.

  6. Le fait qu’ils ne soient pas armés n’a rien d’anormal. Ils volent rarement armés. Il n’y a pas de conflit dans le secteur survolé donc rien Qu’y ne justifie le port d’une arme.

  7. C’est quoi, ces sept virtuoses du manche à balai et ces sept merveilles technologiques obligées d’aller se réfugier sur un aéroport civil pour éviter le mauvais temps ? Notre belle aviation militaire craindrait-elle la pluie ?
    J’ai l’impression qu’une nouvelle fois, notre Armée s’est bien ridiculisée devant toute l’Asie ( et peut être le monde entier) qui rigole. Et il n’a pas fini de faire rigoler, le pacha du Charles de Gaulle, d’utiliser des pilotes non qualifiés pour le vol de nuit !
    S’il faut 1/ du beau temps et 2/ la lumière du jour pour utiliser nos beaux avions, il ne reste plus qu’à convaincre nos ennemis de ne pas attaquer quand il pleut et quand il fait nuit.

    • Peut-être que la météo s’est subitement et fortement dégradée autour du porte-avions Charles-de-Gaulle au point d’empêcher tout appontage en toute sécurité. Et les Rafales déjà en l’air comme tout avion doivent se poser quelque-part avant la panne sèche …

    • Vous êtes totalement novice en matière d’aéronautique, un porte-avion dans la tempête à son pont qui monte et descend de plusieurs mètres d’où l’impossibilité d’apponter en toute sécurité, dans l’aéronavale c’est l’opération la plus délicate avant le ravito en vol et le catapultage. Le ridicule est de votre coté, critiquer sans maitriser le sujet.

  8. Le colonel indonésien commandant la base a communiqué à la presse locale en disant que les deux avions qui n’avait pas pu redécoller avaient des soucis techniques et. c’est une équipe technique envoyé par le CDG en hélico qui est venu dépanner; les deux derniers rafale on donc pu ensuite rejoindre le bord du CDG .dans l’après midi du 20 mai ..

    • Quand j’écris que le Rafale n’est pas bien tropicalisé (humidité 100% plus chaleur) on me rit au nez. J’ai déjà constaté cela à La Réunion. Mais bon …..je suis un novice ……

      • Au risque de choquer je suis assez d’accord avec vous Bravo-charlie, cet avion est bien adapté à la chaleur sèche du Moyen-Orient mais il semble plus fragile face à la chaleur humide. Ce qui dans le cas d’un chasseur naval fait un peu tâche.

        • Je peux vous l’affirmer, il n’y a pas plus de soucis avec l’humidité tropicale pour le Rafale.
          Il y a juste une procédure supplémentaire à effectuer pour lutter contre l’humidité en appliquant certains produits prévus à cet effet. La Marine y est parfaitement préparée, moins l’Armée de l’Air car cette dernière ne commande les produits qu’en cas de nécessité.

        • Arnaud vous êtes bien sévère avec le rafale ,mais pour le f35 vous faite preuve de beaucoup de tolérance lui qui craint la foudre avec le nom qu’il porte sa ne fait pas tâche ??

  9. Bonjour,
    Je suis tout à fait d’accord avec le TRAVERSEUR DE LA MANCHE. C’est bien connu que les pilotes de l’an sont moins qualifiés que ceux de L’AA, un point c’est tout. Dites-moi depuis quand les avions ne peuvent pas voler lorsqu’il pleut où par mauvais temps. Pourvu que si un jour la France se trouvait en guerre, il faudrait demander à l’adversaire de ne combattre que les jours de beau temps.
    Fermez le ban.

  10. Et si le Charles de Gaulle se trouvait dans la même situation mais en plein milieu d’un océan. C’est quoi la suite ? Ejection en pleine mer des 7 avions ?

    • Lors de la création d’une mission , les pilotes envisagent tout les terrain de déroutage possible, qu’ils soient à terre ou sur un autre porte avion. C’est l’un des but de l’interopérabilité. Dans les cas rares (mais possible) de l’absence de déroutement, il existe deux solutions soit un ravitaillement en vol pour atteindre un terrain plus éloigné soit une annulation de la mission même en cours de réalisation et un retour à bord. Dans les cas très rare de l’impossibilité de ces options un retour par mauvais temps est envisageable avec de très grandes difficultés et de très gros risques à l’appontage. En temps de paix ces cas sont exceptionnels voir moins.
      Le commandement a notion de la valeur des appareils et des pilotes pour éviter ces prises de risque. En temps de guerre….

  11. Quelle chance d’avoir dans le même fil de discussion :

    – une personne qui était sur le pont du CdG au moment des faits ;
    – une personne sur la piste d’atterrissage Sultan Iskandar Muda au moment des faits ;
    – une personne dans la cellule des rafales (…) ;
    – un spécialiste de la formation des pilotes français.(aa et an) ;

    tout en étant certainement des militaires de carrière ayant volé des milliers d’heures en opération.

    Ah les combattants sur canapé..Vous m’avez fait beaucoup rire (il vaut mieux en rire qu’en pleurer)
    Et merci à ceux qui ont fait des réponses censées.

  12. Ce problème de déroutement fait vraiment couler beaucoup d’encre, avec beaucoup d’énormités.

    Rappelons en préambule que les éléments en prendre en compte pour un pilote de chasse n’est pas seulement décoller, et tirer ses missiles.

    Les paramètres de décollage, d’atterrissage et gestion du carburant sont peut-être plus important que le reste.

    1- pour le décollage, les éléments à prendre en compte sont la masse de l’avion, la longueur de la piste, la température, la visibilité et la force du vent. Il en est de même pour l’atterrissage.

    2 – pour l’atterrissage en plus des éléments cité en 1, on doit avoir une réserve de carburant permettant de faire une remise de gaz, un nouvel essai, puis le carburant nécessaire pour un déroutement avec attente à l’arrivée (principe général avec quelques variation entre les règles de la circulation aérienne générale et les règles de circulation opérationnelles).

    3 – pour un porte avion, on rajoute aussi le tangage et le roulis du bateau.

    4 – le décollage de l’avion nourrice, s’il avait pu décoller n’aurait pas suffit à ravitailler 7 avions pour leurs permettre d’attendre une amélioration météo.

    5 – pour que 7 avions se soient déroutés, c’est que les conditions d’atterrissage ne le permettaient pas.

    6 – pour que les avions puissent atterrir, il faut qu’ils aient reçu les autorisations des autorités locales (pénétration de l’espace aérien et autorisation d’atterrir). Donc cet aérodrome étai une possibilité de déroutement

    7 – pour toute mission, que se soit à partir d’un porte-avions ou à partir d’un aérodrome, il est nécessaire de prévoir plusieurs aérodromes de déroutement tout au long du cheminement de l’aéronef.

    • Merci Richard pour ce commentaire objectif, sensé, et respectueux de tous (notre Marine et nos pilotes y compris).

      En effet, beaucoup d’excitation et d’encre virtuelle qui coule pour un épiphénomène somme toute banal vu le contexte météo (extrêmement changeante dans cette partie du globe, avec des phénomènes de très grande ampleur).
      7 avions d’une même formation à faire poser sur le PA en cas de très gros temps (orage / tempête tropicale ça n’est pas rien), c’est prendre beaucoup de risques inutiles pour les appareils et les pilotes lors d’une période de qualifications / entrainements à la mer (surtout quand certains sont encore bleus).
      Car si les 7 appareils sont limite en carburant et détournés trop tard sans possibilité de faire décoller les « nounous » ravitailleurs, il y a obligation de les faire apponter tous sinon c’est l’éjection à la baille (et les Américains ont perdu un paquet d’appareils de la sorte au Vietnam). En sachant que le risque d’échec d’un appontage (wave-off / bolter) est décuplé par le tangage / roulis par mer démontée, la mauvaise visibilité, les bourrasques, le pont plus glissant, que tous les appareils ont la même contrainte carburant mais qu’ils ne peuvent pas se poser en même temps, et qu’en cas d’éjection il est très difficile de récupérer un pilote éjecté dans ces conditions, non franchement c’était une très sage décision que de les faire poser à terre.

      Les commentaire cyniques sont donc selon moi déplacés : ce n’est surement pas nous qui allons apprendre au pacha ou au chef du département aviation du Charles-de-Gaulle leur métier, eux qui ont entre leurs mains la responsabilité des pilotes et d’appareils à plusieurs millions d’euros pièce.
      Être pilote sur porte-avions c’est prendre des risques en soi, l’essence même du métier me direz-vous, mais dans de telles conditions défavorables, ajouter un risque supplémentaire au risque de base inhérent à l’appontage alors qu’ils sont à l’entrainement / qualif, cela aurait été déraisonnable. Autant y aller mollo et assurer la sécurité de tous en les détournant vers la terre, nous ne sommes pas en temps de guerre, et avec des pilotes encore trop peu expérimentés (si on considère l’argument de non-qualif de nuit de 2 d’entre eux), les faire atterrir tous ensemble était plus logique de toute façon.
      N’oublions pas que la Marine forme les pilotes par roulement, certains expérimentés ayant plusieurs « croisières » à leur actif volent donc aux côtés de ceux dont c’est la première expérience sur porte-avions (encore des élèves pilotes, en somme). Il y avait des vies en jeu, outre les appareils extrêmement coûteux. Entre un appontage périlleux et une escale à terre, le jeu en aurait-il valu la chandelle ? Est-ce si dur à appréhender ?
      Et que n’aurait-on pas dit si l’un des Rafale s’était abimé en mer dans de telles circonstances, n’est-ce pas ?!…

      J’ajouterai à ceux qui s’émeuvent que les MP indonésiens soient armés à ce point, que les fusils d’assaut font partie de l’équipement de base de ces forces dans de nombreux pays, à ce titre leur rôle d’escorte est aussi d’assurer la sécurité des VIP, nos pilotes en l’occurence. Je n’y vois rien de choquant ni menaçant en ce qui me concerne, j’ai déjà vu de nombreuses images similaires de MP de par le monde, fusil d’assaut au poing (même en faction devant des bâtiments), et que je sache, ils ne tiennent pas en joue nos pilotes tout de même 😉 !

  13. Marrant (ou déplorable) les posts de certains… Sinon juste une petite question, le poser /décollage de nuit s’appelle bien la qualification « Hibou » ?

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