L’année prochaine encore la chasse française sera quasiment à la diète. L‘année 2020 ne sera donc toujours pas celle des nouveaux Rafale au standard F4, que ce soit dans l’Armée de l’Air autant que dans la Marine Nationale. Dans le même temps la première d’entre-elles deux verra arriver en unité ses cinq premiers Mirage 2000D rénovés, des avions qui seront plus polyvalents. Un pis-aller très attendu par ses équipages et équipes au sol.

Si tous les Dassault Aviation Rafale B & C de l’Armée de l’Air sont actuellement en fonction au standard F3R ils doivent être ensuite modernisés au très polyvalent nouveau standard F4. Seulement voilà celui-ci n’arrivera pas avant 2022 au plus tôt, avec un premier escadron opérationnel sans doute deux ans plus tard.
Le Rafale F4 sera donc, on s’en doute, beaucoup plus polyvalent. Selon l’avionneur clodoaldien il disposera d’une capacité nouvelle en matière de communication, par satellite. L’avionique sera profondément revue, notamment le fameux optronique secteur frontal sans cesse remis au goût du jour et qui devrait avec ce standard F4 encore s’améliorer. Beaucoup des données à son sujet sont évidemment classer secret-défense. Dassault Aviation a néanmoins communiquer sur les nouveaux armements comme le missile air-air Mica nouvelle génération et la munition AASM portée désormais à une masse de 1000kg contre 250kg aujourd’hui.

Pour autant l’année 2020 verra arriver en unité les cinq premiers Dassault Aviation Mirage 2000D rénovés. Au total ce sont cinquante-cinq machines qui doivent l’être entre 2020 et 2023 afin de garantir que ces avions puisse demeurer en première ligne au moins jusqu’en 2030. S’ils sont actuellement principalement des avions d’attaque au sol les Mirage 2000D pourraient bien se transformer petit à petit en chasseur d’appoint. En effet leur arsenal va voir apparaitre un canon-mitrailleur de calibre 30mm, une arme qui avait été délibérément ôté de l’avion dès sa conception. Pour mémoire le Mirage 2000D avait été pensé en même temps que le bombardier nucléaire Mirage 2000N. L’armement air-air sera lui-aussi revu et corrigé. L’avion abandonnera définitivement le vieux missile R.550 Magic pour le Mica IR à guidage infrarouge, une arme bien plus moderne et disposant d’un meilleur rayon d’action. Par ailleurs les cellules vont être révisées à zéro afin de garantir une meilleur espérance de vie future.

Officiellement l’Armée de l’Air doit en effet voir partir ces avions d’ici onze ans. Cependant beaucoup estiment que dans l’état actuel des engagements français en Afrique et au Proche Orient dans des conflits asymétriques contre des groupes terroristes armés le Mirage 2000D pourrait demeurer efficient au moins jusqu’en 2035. Une sorte de survie qui le mettrait dans la lignée du Fairchild-Republic A-10 Thunderbolt II dont les missions sont globalement très proches. À cela près que le Mirage 2000D peut atteindre la vitesse de 2300km/h quand l’avion américain demeure subsonique.

Les pilotes et équipages de Rafale vont donc devoir patienter encore plusieurs mois tandis que leurs collègues sur Mirage 2000D verront arriver leurs presque nouvelles machines. Ainsi va la vie de la chasse française en ce premier quart de 21ème siècle.

Photo © Dassault Aviation.

 

Publicité

22 COMMENTAIRES

  1. PS: un mot à la tour de contrôle, une vigilance plus accrue de l’orthographe, avec une mise à niveau de l’accord des participes passés serait souhaitable, afin de rendre plus limpide de cet article, au demeurant passionnant.

  2. Bonjour Arnaud,
    Le F3-R est déjà très bien avec le Meteor (game changer) que les forces sont impatients de l’utiliseré en opérations..
    Le fait de ne pas payer des Rafale encore cette année permet de renouveler d(autres équipements, ce n’est pas un mal.
    Pour le M2000D, sa vitesses max est plafonnée à Mach 1.3 car il est optimisé pour les pénétrations à basses voire très basses altitudes, ses souris sont rendues fixes, position optimisée pour cette vitesses max, mais il reste tout de même plus rapide que le Phacochère! :). En ce qui concerne l’adoption du Mica IR, en plus des performances meilleures que le MagicII et ce pour un poids contenu +25%, l’avion peut accéder à la détection IR via les têtes chercheuses de ses 2 missiles.
    PS: En espérant que je n’ai pas fait trop de fautes d’orthographe et/ou de grammaire

  3. La vitesse max du 2000 D c’est mach 1.4.
    Le canon pour le 2000 D c’est une bonne nouvelle car dans le Sahel il est souvent obligé de voler au côté d’un 2000 C pour jouir d’un canon. Un comble pour un avion spécialisé dans le bombardement et l’attaque conventionnelle et pour un chasseur de supériorité aérienne qui échange son role l’espace d’une mission. C’est là qu’on se dit qu’un Jaguar A aurait vraiment bien sa place au Sahel. Avec quatre paniers de 36 roquettes et ses deux DEFA il aurait fait un carnage contre les convois de pick-up.
    2035 c’est vraiment bien pour le 2000 D, il aura la même longévité qu’un Mirage F1.

  4. Derrière cela, un problème bien plus grave existe. La livraison retardée des rafale a des conséquences de sécurité pour notre pays.
    Ainsi, la disponibilité est faible en métropole que ce soit sur les avions de combat ou le matériel qui est indisponible (soit il ne fonctionne pas ou le trop faible nombre de systèmes fait qu’ils sont pratiquement tous en OPEX).
    D’après le rapport « Défense, préparation et emploi des forces : Air » du député Jean-Jacques Ferrara, la BA 118 de Mont-de-Marsan dispose de 47 Rafale Air.
    Sur ces 47 Rafale,
    – 15 sont en maintenance et/ou stockés,
    – 10 engagés en Jordanie et à Al Dhafra,
    – 4 sont utilisés pour la Permanence Opérationnelle,
    – 3 en alerte opérationnelle,
    – 5 réservés pour la formation des Qataris (SOUTEX)
    – et 3 pour les expérimentations au CEAM.
    Il ne reste donc que 7 Rafale pour l’entraînement et la formation des pilotes aux différents types de missions. Nombre trop insuffisant.
    Autre exemple, Mont-de-Marsan devrait avoir à sa disposition au minimum trois nacelles DAMOCLES pour assurer correctement l’entraînement et la formation des équipages. Il y en a aujourd’hui qu’une de disponible.
    Par ailleurs, le sur-engagement OPEX occasionne une baisse de la qualité de la préparation opérationnelle. Les pilotes doivent effectuer au minimum 180HDV/an (recommandations OTAN) pour entretenir tout le spectre des missions. Or, ces pilotes effectuent sur trois ou quatre mois seulement une centaine d’HDV en OPEX et sur des missions bien précises (Close air support, Air interdiction et reconnaissance). Ils ne leurs restent alors plus que peu de temps pour s’entraîner, le reste de l’année, sur d’autres types de missions.

    il y a aussi un manque en terme d’effectif. Ainsi, on peut lire dans le rapport que « selon le directeur des ressources humaines de l’armée de l’air, le général de corps aérien Rony Lobjoit, il manquera près de cent pilotes de Rafale dans cinq ans, soit un cinquième des besoins ». Enfin, il est aussi écrit que sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey, « il manque près de vingt navigateurs pour armer l’ensemble des avions, soit l’équivalent d’un escadron ».

    Lorsque l’on réalise que pour la pénétration très basse altitude de nuit ou par mauvaise météo, le navigateur est la pièce maitresse, on ne peut avoir que des inquiétudes.

    • Pour le manque de pilotes c’est un problème qu’ont presque toutes les forces aériennes dans le monde. Chez l’USAF ils leur manquent environ 20% de pilotes. Ces derniers sont davantage attirés par le civil où les salaires sont bien plus attrayants.

  5. Vous gerez un site passionnant, avec des infos que l’on trouve rarement ailleurs, ou alors vous etes en avance de 2 ou 3 jours … vous touchez donc un public de passionnes : s’il vous plait, de grace, attention a l’orthographe.

  6. Pour la défense d’Arnaud et de tous les contributeurs du site, qui rappelons-le ne sont pas rémunérés par leur travail ici, c’est la passion aéro leur carburant.
    Alors si de temps en temps, il y a une erreur ou plus, mettons les sur l’inattention découlant par la volonté de poster un nouvel article le plus vite possible et peut-être de retourner vers leur boulot ou famille, qui sait?
    La perfection c’est bien, mais la tolérance et la compréhension arrangent plus les choses.
    Désolé Arnaud, mes proses sont loin du domaine aéronautique.

  7. Justement, nous sommes tous des passionnés d’aviation, et pas nécessairement pilotes. En revanche, et c’est là une main tendue, un coup de main en ce sens est possible de notre part. Au plaisir

  8. Euh sauf erreur de ma part tous les rafales de l’armée ou de la marine n’ont pas encore été rétrofités au standard F3R. Les premiers natifs F3R ont été réceptionnés à partir de 2018 mais depuis le retrofit suit son cour pour les autres.

  9. Les ayatollahs de l’orthographe ont encore frappé.
    Mais comme toujours ces « contributeurs » sont bien plus intéressés par le fait d’exister au travers de leur commentaire que de rendre service. Donc ils relèvent qu’il y a des fautes mais sans dire lesquelles, et encore moins donc en essayant de les expliquer, histoire qu’à l’avenir elles ne soient pas reproduites. Non ces gens là ne sont en fait animés que par le fait de relever ces erreurs de forme plutôt que le fond. S’ils corrigeaient les fautes à l’avenir ils n’auraient plus de raisons d’exister puisqu’ils nous aideraient à nous améliorer. Ce qu’ils ne cherchent pas.

    • Sauf erreur de ma part ; ce sont les parties coniques que l’on peut voir à l’entrée des réacteurs (aussi bien sur les Mirage que sur les Rafale)
      En fonction de la vitesse de l’avion ces parties avancent ou reculent de manière à maximiser le flux d’aire entrant dans les réacteurs.

    • Le cone à l’entrée d’air des mirages 2000 qui peut se deplacer légèrement d’avant en arrière ce qui permet de faire entrer plus ou moins d’air dans les réacteurs selon la vitesse de l’avion pour que ce dernier est suffisamment d’air pour optimiser les performances des réacteurs sans que ceux-ci sature en air et étouffe. On appelle ça « souris » car la forme rappelle une tête de souris qui entrerait et sortirait d’un trou.

      • Pour compléter la réponse de Dimitri:
        – À partir d’une certaine vitesse proche de Mach 1, il y a une onde de choc (forme de cône) dont la pointe coïncide avant la pointe de la souris.
        – Plus la vitesse est grande, plus l’angle de ce demi-cône diminue, il se rapproche de la souris.
        – La vitesse de l’air avant cette onde de choc est supersonique (> Mach 1), en passant l’onde, elle devient subsonique, plus compatible avec les compresseurs du réacteur,
        – Sur une souris mobile, elle est pilotée de telle manière à ce que l’enveloppe du demi-cône vienne coïncider avec les lèvres de l’entrée d’air,
        – Sans souris, les compresseurs recevraient de l’air supersonique avec beaucoup de turbulences dans la conduite d’air, le moteur fonctionnerait beaucoup moins bien.
        Sur le M2000D, la souris est positionnée pour que l’air arrive sans perturbation au compresseur jusqu’à Mach 1.3,

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom