C’est un chantier de remplacement symbolique, puisqu’il concerne le pays constructeur de ce petit avion d’entraînement primaire apparu dans les années 1980. La Fuerza Aérea de Chile a lancé un processus visant à trouver un successeur aux trente-deux ENAER T-35 Pillán actuellement en dotation. Au plus tard les militaires chiliens espèrent voir entrer en service ce futur avion en 2028. Des négociations autour d’une construction en série sous licence locale seront nécessaires, le Chili tenant à conserver une forme d’indépendance aéronautique.

Actuellement donc l’aviation chilienne dispose de trente-deux avions de ce type, dont deux sont actuellement inaptes aux vols et utilisés pour la formation statique des mécaniciens. Les autres avions assurent depuis l’été 1985 la formation initiale des futurs pilotes mais également leur sélection en vol. Malheureusement pour eux l’ENAER T-35 Pillán arrive désormais au bout de son espérance de vie opérationnelle, et ENAER n’a pas les moyens de proposer une modernisation à moindre coût. La seule solution est donc d’avoir recours à de nouveaux avions. Or le constructeur national chilien est également en totale perte de vitesse depuis plusieurs années. Il n’a plus dans ses rangs d’ingénieurs susceptibles de proposer une machine de conception actuelle.

Alors d’ores et déjà les militaires chiliens annoncent s’intéresser à plusieurs avions. Le cahier des charges est suffisamment complet sans être pointilleux pour permettre à plusieurs machines de concourir. Avant tout il faut savoir que le remplaçant du Pillán devra lui-aussi être mu par un moteur à pistons, aucun turbopropulseur n’est demandé. Les avions du type KT-1 Woongbee, Emb-314 Super Tucano, ou encore PC-21 n’ont aucune chance d’être commandés. Il faut voir d’ailleurs que le deuxième d’entre-eux est déjà en service au Chili pour l’entraînement intermédiaire à hauteur actuellement de douze exemplaires.

Les médias locaux (non spécialisés) font état d’un intérêt des militaires chiliens pour au moins quatre avions très différents : le Cirrus SR20 américain, le Diamond DA40 Star autrichien, le Tecnam P2010 italien, et enfin le Yakovlev Yak-152 russe. Si trois d’entre-eux sont clairement des avions destinés aux marchés militaires ce n’est absolument pas le cas du P2010. En outre le Yak-152 a un énorme souci actuellement : il est toujours à l’état expérimental malgré de bonnes qualités annoncées.
Pour autant aucune annonce officielle n’a été faite concernant un ou plusieurs supposés favoris. Le marché demeure donc très ouvert.

Même si effectivement il ne s’agit pas du plus passionnant marché de remplacement d’avions militaires des prochaines années celui-ci a le mérite d’intéresser un avion dans la force aérienne de son pays de conception et de construction. D’autant qu’en le T-35 Pillán est un aéronef jouissant d’une excellente réputation.

Photo © Fuerza Aérea de Chile.

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