Le désormais vénérable Sikorsky SH-60 Seahawk ne cesse de se réinventer. Sa version de combat la plus récente, désignée MH-60R, sera désormais capable de lancer le missile de croisière anti-navire NSM de facture norvégienne. Avant même l’US Navy c’est l’Indian Navy qui a fait le choix de cette arme de dernière génération pour équiper les machines qu’elle a commandé le mois dernier. Pour mémoire ces hélicoptères doivent entrer en service à partir de 2022.

C’est quelques jours seulement après l’officialisation de cette commande que l’état-major de la marine indienne annonçait avoir sélectionné le NSM ( pour Naval Strike Missile) de l’armurier norvégien Kongsberg Defence Systems. Ce missile dispose d’un rayon d’action d’environ 185 kilomètres et d’un système de guidage GPS-Inertiel. Comme d’autres armes de ce type il est capable de foncer au ras des flots, à environ deux à trois mètres de la surface et ainsi frapper sa cible au plus près de ligne de flottaison. Ce principe (appelé sea skimming en anglais) a notamment été employé par les Exocet de facture française durant les attaques de navires britanniques et américains par respectivement les forces argentines et irakiennes. Un missile anti-navire volant si bas est très difficilement détectable et donc par conséquent très difficilement destructible.
Et c’est cette arme nouvelle génération que l’Indian Navy a donc sélectionné comme principale missile aéroporté pour ses futurs hélicoptères.

Mais désormais Kongsberg Defence Systems fait du charme a un autre client du MH-60R Seahawk, et pas des moindres : l’US Navy. Pour cela un accord a été signé avec l’équipementier américain Raytheon autour d’un projet commun d’intégration du NSM sur les hélicoptères de l’aéronavale des États-Unis. Et l’idée n’a rien de saugrenue puisque l’armurier norvégien a déjà vendu par le passé des munitions aux Américains. Son missile Penguin est actuellement le missile anti-navire des Seahawk. Il est désigné AGM-119 dans la nomenclature américaine.
Or le NSM a été conçu comme successeur du Penguin.

Une maquette de démonstration a été présenté conjointement lors du salon Sea Air Space Exposition qui se tenait la semaine dernière à National Harbor dans le Maryland, à quelques kilomètres au sud de Washington. Et force est de constater qu’elle a fait son petit effet. À tel point même que des officiers américains n’hésitent plus à parler du NSM comme potentiellement le meilleur successeur aux alentours de 2021-2022 de l’AGM-119 Penguin. Pour autant l’US Navy qui utilise très peu ce type d’armement n’a rien annoncé quant à une fin de vie de ce missile dans ses rangs.

Il y a fort à parier qu’il faudra attendre les premiers essais d’intégration, au profit des Indiens, pour que l’aéronavale américaine commence à vraiment s’y intéresser. Et ce n’est pas parce qu’il existe à l’export sur le Seahawk que l’US Navy l’achètera obligatoirement.
Désormais il est annoncé que Kongsberg Defence Systems s’intéresse également à l’Arabie-Saoudite et à la Grèce, toutes deux clientes de cet appareil.

Photo © US Navy.

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