C’est un évènement pour l’avion de combat français, mais également pour son constructeur. L’émirat du Qatar vient de prendre livraison ce jeudi 6 juin 2019 de cinq chasseurs omnirôles Dassault Aviation Rafale. Des avions qui jusque là étaient stationnés à Mérignac dans le sud-ouest de la France et assuraient la mission de transformation des futurs équipages. Désormais ces avions vont pouvoir devenir opérationnels et apporter un véritable gain de modernités à nos alliés qataris.

Il y a quelques semaines les débuts de la phase d’entraînement des pilotes qataris dans le Bordelais avait soulevé un début de polémique avec les populations locales. Si cette transformation opération en France se poursuit, les avions sont désormais donc bel et bien sur le territoire qatari. Ce sont donc cinq Dassault Aviation Rafale qui ont été livrés en vol, par leurs propres pilotes.

Sur le tarmac de la base de Dukhan, dans l’ouest du pays, les plus hautes autorités civiles et militaires les attendaient. Et en premier lieu Tamim bin Hamad al-Thani, l’actuel émir du Qatar. Le souverain avait fait le déplacement marquant ainsi l’importance politique et diplomatique de la réception de ces premiers avions de combat. Au micro de la célèbre chaine d’information en continue Al-Jazeera le chef d’état s’est dit impressionné par les avions conçus et construits en France par Dassault Aviation.

Pour mémoire les trente-six avions achetés par le Qatar l’ont été en deux lots différents. Un premier de vingt-quatre machines en avril 2015 puis un second pour douze exemplaires en décembre 2017. Ce dernier concernait en fait une option placée sur ces avions lors de la commande initiale. Ce sont donc trente-et-un avions qui doivent encore être assemblés et/ou livrés à la Qatar Emiri Air Force actuellement en pleine mutation.
Dans le détail il s’agit de trente monoplace Rafale EQ et de six biplace Rafale DQ.

Le fait intéressant c’est que si actuellement ces cinq avions sont les machines les plus modernes en dotation elles seront rejointes dans quelques semaines par des exemplaires du grand concurrent de l’avion français : l’Eurofighter EF-2000 Typhoon. Ces avions avaient été commandés en septembre 2017 à hauteur de vingt-quatre exemplaires.
Si ces derniers devraient être utilisés surtout pour la défense aérienne il n’en est rien des Rafale EQ/DQ. Eux assureront un panel très large de missions : défense aérienne, appui tactique rapproché, frappes aériennes en profondeur, voire peut-être de la reconnaissance tactique. L’armement retenu par les Qataris comprend les missiles air-air Mica (en versions électro-magnétiques et infrarouges) et Meteor, les munitions de précision A2SM et GBU-12, ou encore les missiles de croisière SCALP-EG. Ces avions n’auront donc rien à envier à ceux en dotation dans l’Armée de l’Air.
Leur déclaration opérationnelle devrait intervenir dans le courant de l’été.

Photo © Dassault Aviation.

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11 COMMENTAIRES

    • Absolument, et j’ajouterai que son intégration est un argument supplémentaire de vente export.
      Ainsi, Dassault propose le Sniper en complément du TALIOS sur les 2 Rafale lors des évaluations qui sont en cours en Suisse depuis le 16 Mai.

    • Hé bien, l’on sait au moins que le premier « lot » de pilotes Rafale qataris sont formés en France, et qu’une fois opérationnels ils formeront à leur tour les suivants. Donc niveau instruction initiale, ils reçoivent quelque chose d’équivalent à ce que notre Armée de l’Air prodigue sur le territoire national, à voir ensuite s’ils bénéficient ou non de la partie outre-Atlantique de la formation. Cela dit, vu qu’ils achètent aussi des F15E, un partenariat de formation aux USA semble plus que plausible.

      Ce qu’ils valent en eux-mêmes… ma foi, c’est assez dur d’en juger, vous en conviendrez ! Factuellement, le Qatar n’a pas une grande histoire aéronautique, son armée de l’air fut créée en 1974, et ses premiers jets furent une poignée de Hunter, puis Alpha Jets et M-2000. Leurs Mirage ont été peu employés en opérations, Guerre du Golfe (pour la forme), et plus récemment Lybie et Yemen.
      Donc de facto une assez faible expérience, ce qui va sans doute changer du tout au tout avec les 36 Rafale, 24 Typhoons, et 36 F15E à venir.

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