Cas particulier l’US Air Force dispose déjà dans son arsenal de cette arme à vocation navale alors qu’elle est encore en essais dans l’US Navy. L’aéronavale américaine valide actuellement l’emploi du nouveau missile de croisière anti-navire AGM-158C LRASM conçu par Lockheed-Martin. Dans un premier temps il sera gréé sur F/A-18E/F Super Hornet puis sous quelques années sur F-35C Lightning II. À terme il doit même remplacer le mythique AGM-84 Harpoon.

En fait l’existence du missile de croisière anti-navire AGM-158C LRASM n’a été réellement révélée au monde que l’an dernier lorsque l’US Air Force l’a accepté au service. Il a ainsi intégré l’arsenal du bombardier lourd Rockwell B-1B Lancer qui peut l’emporter en soute. Pour autant il n’a toujours pas été employé autrement qu’en tests ou pour des tirs d’entraînement. À un prix unitaire de trois millions de dollars américains même le puissant Pentagone ne les gâche pas.

Pourtant Lockheed-Martin a développé avant tout son missile anti-navire comme une arme destinée à la chasse embarquée américaine. Sur le papier ce sont entre deux et quatre de ces missiles furtifs qui pourront être gréés sous la voilure des Boeing F/A-18E/F Super Hornet de l’US Navy. Dans la réalité des faits le chiffre de deux missiles semble bien plus cohérent et crédible, on imagine mal les marins américains installer quatre de ces lourdes et encombrantes munitions sous leurs chasseurs biréacteurs. Ils doivent d’ailleurs être accepté au service au cours de ce second semestre 2019.

À l’horizon 2022 l’aéronavale américaine espère également que l’AGM-158C LRASM rejoigne la panoplie d’armement du chasseur Lockheed-Martin F-35C Lightning II. Un missile anti-navire furtif gréé sur un avion embarqué furtif, ça a en effet du sens. Reste à savoir s’il sera compatible avec la soute de l’avion de combat car dans le cas contraire ce dernier ne sera plus du tout furtif. S’il doit emporter le LRASM sous voilure sa signature radar va profondément s’en faire ressentir. Pour autant on se veut rassurant à ce sujet chez Lockheed-Martin.

Dans le même temps a appris que ce missile ne devrait normalement jamais être ajouté aux arsenaux des Boeing EA-18G Growler et Lockheed-Martin F-35B Lightning II. Un temps envisagé il semble bien que finalement cette option ait été abandonnée. L’avion tueur de radars n’aura pas de mission secondaire de lutte anti-navire, pas plus que la version à décollage très court de l’avion furtif.
Pourtant Lockheed-Martin planche actuellement à l’emport de ce missile sur F-35A. Il ne s’agit pas là de répondre à une requête de l’US Air Force mais d’envisager le futur à l’export.

Missiles AGM-158C LRASM installés sous l’aile d’un Super Hornet d’essais.

Plusieurs pays étrangers, dont des utilisateurs du Lightning II, ont en effet montré depuis quelques mois leur intérêt pour l’AGM-158C. L’Australie, le Japon, la Suède, ou encore le Royaume-Uni aimeraient disposer de telles armes. Des tests sur des avions de facture européenne ne sont pas à exclure.
Il faut dire que Lockheed-Martin n’hésite plus à présenter son nouveau missile comme rien moins que le successeur de l’AGM-84 Harpoon, le missile anti-navire le plus vendu dans le monde depuis 40 ans. Restera ensuite à valider son emploi sur des avions de patmar comme le Boeing P-8A Poseidon. L’aventure du LRASM ne fait que commencer !

Photos © US Navy.

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1 COMMENTAIRE

  1. Mmmh, donc en fait ce LRASM est un dérivé du JASSM. Là, en l’état, avec ses + 4m il semble trop imposant pour entrer dans les soutes du chasseur furtif. Le JSOW, plus petit, est censé y tenir d’après les infographies et la communication de LM, par contre in n’est question que d’un emport externe concernant le JASSM. A voir s’ils sortira une version réduite ?

    En tout cas, concernant un anti-navire spécifique au F35 avec emport en soute, nous avons déjà les Norvégiens de Kongsberg qui développent le JSM (Joint Strike Missile) et sa version anti-navire NSM (Naval Strike Missile), dérivée de leur missile NSM actuel qu’ils raccourcissent drastiquement. Aux dernières nouvelles, outre la Norvège, le Japon et l’Australie sont intéressés et ont signé un partenariat financier avec l’industriel. Ce missile serait compatible OTAN, et donc utilisable également sur F18, F16 et consors.

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