Il s’agit actuellement d’une des principales zones de frictions entre d’un côté la Chine et de l’autre les États-Unis et ses alliés régionaux. Depuis une petite dizaine d’années maintenant la présence américaine en Mer de Chine orientale se fait de plus en plus présente, notamment au travers de déploiement fréquents de navires de guerre et d’avions de surveillance maritime. Dernier fait en date : le porte-avions USS Ronald Reagan patrouille dans ces eaux. Pourtant officiellement il ne s’agit que d’exercices avec les marines japonaises et sud-coréennes.

Les pétafs du porte-avions à l’œuvre.

Pour mieux comprendre les enjeux de la présence des avions et hélicoptères de l’US Navy dans la zone il est peut-être utile de rappeler ce qu’est la Mer de Chine orientale. Considérée comme une mer marginale celle ci s’étend du sud de l’archipel japonais à l’île de Formose et aux côtes chinoises. Ses eaux sont peu profondes mais recèleraient selon les géologues des possibilités d’exploitation gazières et minières. De quoi justifier que Chinois, Japonais, et Taïwanais se la disputent régulièrement. Et donc que l’Amérique contemporaine s’en mêle.
Pour autant durant plusieurs décennie elle fut relativement boudée par les stratèges du Pentagone.

Or la zone où en cette seconde moitié d’août 2019 le porte-avions USS Ronald Reagan patrouille est le sud de cette Mer de Chine orientale. Ses avions de combat Growler et Super Hornet ont notamment été aperçu ce mardi 20 août aux abords de l’archipel japonais d’Okinawa. Il est à noter que depuis plusieurs jours le géant des mers est appuyé au quotidien par le destroyer lance-missiles JS Myōkō et son hélicoptère embarqué Seahawk. Un destroyer taïwanais de classe Kee-Lung et ses deux Seahawk doivent également participer à cette patrouille qui est officiellement présentée par Washington comme une série d’exercices régionaux entre les marines des trois pays.

Le destroyer japonais au plus près du mastodonte américain.

Mais en Asie personne n’est vraiment dupe. Japonais et Taïwanais tentent de contrer la menace grandissante des sous-marins et des navires de surface de la marine chinoise. Et dans cette situation un porte-avions du «grand frère» américain est plus que bienvenu, d’autant que celui-ci ne se déplace jamais seul.

Dans les airs l’un des Hawkeye de l’USS Ronald Reagan est perpétuellement en vol. Quand l’un revient sur le pont du porte-avions l’autre le remplace, et ainsi de suite. Car malgré la présence des puissants radars anti-aériens de ses deux anges-gardiens que sont les deux croiseurs lance-missiles USS Antietam et USS Shiloh la menace aérienne est prise très au sérieux par l’US Navy. Les avions russes de patrouille maritime lointaine ne sont pas rares dans la région, comme en atteste le récent incident du rocher de Socotra.

Pour autant il est bon de relativiser la présence de l’USS Ronald Reagan et de ses aéronefs embarqués sur les eaux de la Mer de Chine orientale. Ce porte-avions américain est basé en permanence au Japon afin d’assurer une assez contestable souveraineté des États-Unis sur la région. Même dans l’archipel nippon de plus en plus de voix s’élèvent contre cette présence jugée souvent comme néo-colonialiste. Pour autant cela demeure des minorités, certes très bruyantes, mais sans réelle capacité de faire changer les choses.

Les hélicoptères du bord comme ce MH-60S Knighthawk lourdement armé demeurent très actifs.

Alors les bâtiments de guerre chinois, et sans doute leurs avions de surveillance, vont continuer comme si de rien n’était à observer de loin l’agitation de cette flottille multinationale. Mais sans jamais en perdre une miette.
Cette fausse bataille navale démontre tout de même que désormais au Pentagone plus personne ne prend à la légère la guerre froide qui s’installe depuis quelques années entre Pékin et Washington. Et une fois encore les pilotes de l’aéronavale américaine sont les pions de ce jeu autant diplomatique que stratégique.

Photos © US Navy.

 

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