Plus que jamais l’organisation atlantiste semble se rapprocher de ces deux pays océaniens. Entre ce lundi 5 et ce jeudi 8 août 2019 le secrétaire général de l’OTAN s’est rendu en visite officielle en Australie et en Nouvelle-Zélande. Un déplacement mis sous le signe des forces aériennes et navales de ces deux pays anglophones. Une occasion comme une autre se rapprocher à une époque où les dangers sont de plus en plus présents dans la zone Pacifique.

En fait ce n’est pas très nouveau.
L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord caresse fréquemment dans le sens du poil ses alliés australiens et néo-zélandais. Mais le fait que désormais ce soit son secrétaire général, monsieur Jans Stoltenberg qui fasse le déplacement finit d’enfoncer le clou. Et dans ses bagages le patron de l’OTAN a emmené avec lui des conseillers sur les questions aériennes et navales.
On pourrait se dire que l’Australie comme allié principal de l’organisation dans la région ça a vraiment du sens, la Nouvelle-Zélande au final beaucoup moins.

Car les militaires australiens (ou tout du moins dans le cas présent les aviateurs et les marins) sont totalement compatibles dans leurs moyens matériels autant que dans leurs doctrines d’emploi avec l’OTAN. Tout leur matériel provient soit d’une production locale soit de pays membres de l’organisation atlantiste, et surtout ils n’emploient aucun aéronef ou navire développé en Chine ou en Russie. Pour l’aviation australienne les États-Unis demeurent le fournisseur numéro 1 aussi bien en terme d’aéronefs que de munitions.
L’Australie partage d’ailleurs des accords de défense avec trois pays membres de l’organisation : les États-Unis donc, mais également la France et le Royaume-Uni. Et c’est très fréquemment que les forces australiennes interagissent avec celles de ces pays.

Pour leurs homologues néo-zélandais un partenariat avec l’alliance atlantique est moins évident. Ce pays est notoirement connu pour être très pacifiste. Sa force aérienne par exemple est un des seules sur la planète à avoir rejeté l’aviation de combat au profit d’une force purement défensive. Mais comme la RAAF la RNZAF est totalement interdépendante des industriels américains et européens. Il en va de même de sa marine de petite taille.

En fait c’est bien plus sur un plan stratégique que tactique que les forces aériennes et navales australiennes et néo-zélandaises semblent avoir un intérêt quelconque à s’allier plus encore à l’OTAN. Car ces deux pays connaissent actuellement une montée en puissance des forces navales et aéronavales chinoises dans leurs zones habituelles de patrouilles. À la différence d’autres pays de la zone Pacifique pourtant ils n’ont aucun intérêt à voir leur souveraineté remise entre les mains des États-Unis.

Mais surtout cette démarche de l’OTAN, via son secrétaire général, pose de sérieuses questions sur l’avenir de cette organisation. Est t-elle encore un rempart de protection et de sécurité en Atlantique nord et en Europe, ou bien se mue t-elle petit à petit en gendarme planétaire de la pax-americana ? L’alignement de pays comme l’Australie ou la Nouvelle-Zélande pourrait bien achever d’annoncer une nouvelle guerre froide. Non plus face à la Russie qui n’a évidemment plus les moyens économiques et diplomatiques de ses ambitions militaires, mais bien entre OTAN et Chine. Une guerre froide autant militaire que politique ou encore financière.

Pour autant la légitimité de l’OTAN à intervenir en zone Pacifique serait très faible, et particulièrement difficile à défendre. Aussi un accord de défense avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande pourrait permettre de la valider. Les forces aériennes et navales de ces deux pays y gagneront t-ils ? C’est une autre histoire là !

Photo © Royal Australian Air Force.

 

Publicité

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'écrire votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom