On peut dire que sur ce coup là l’avionneur européen jouit d’un timing parfait. Dévoilé au grand public et aux professionnels lors du dernier Salon du Bourget l’Airbus A321XLR arrive sur un marché plombé par le scandale du 737 Max et l’immobilisation de toute la flotte mondiale. Et de ce fait le constructeur de Toulouse réussit à engranger des contrats alors que son concurrent de Seattle s’enlise toujours autant. Et récemment c’est la compagnie américaine United Airlines qui a enfoncé le clou.

Mais au fait c’est quoi cet Airbus A321XLR ?
il s’agit en fait du dernier né de la famille des monocouloirs européens, le plus grand aussi. Il est annoncé pouvoir accueillir entre 210 et 240 passagers (suivant la configuration) sur un rayon d’action de 4500 miles, soit environ 8300 kilomètres. Initialement il avait été pensé d’ailleurs pour damer le pion à Boeing et son futur Y1, le remplaçant désigné du 757 et du 767-200 actuellement en cours de développement. Mais l’interdiction de vol planétaire des 737 Max a rebattu les cartes.

Car désormais dans le collimateur de l’A321XLR il y a clairement le tout nouveau 737 Max 10. La version rallongée du biréacteur américain est elle aussi interdite de vol tant que les soucis du logiciel MCAS ne seront pas réglés. Airbus met son avion en avant face à ce faux «petit nouveau» venu de chez Boeing.
Et ça marche puisque d’ores et déjà le nouveau monocouloir européen a enregistré des commandes de la part d’American Airlines aux États-Unis, d’IndiGo en Inde, de Middle East Airlines au Liban, ou encore de Qantas en Australie. Les loueurs d’avions de ligne ALC, IAG, et GECAS ont aussi fait le choix de l’avion. Des compagnies comme Air Canada, Air France, ou encore British Airways se disent elles-aussi intéressées par l’avion.
Là où le bât blesse pour Boeing c’est que l’A321XLR l’a emporté aux États-Unis auprès du transporteur à bas coût Frontier Airlines qui avait pourtant initialement jeté son dévolu sur le 737 Max 10. Et dernier exemplaire en date : United Airlines.

La prestigieuse compagnie aérienne américaine s’était elle aussi dite intéressée par les 737 Max 9 et Max 10 afin de remplacer ses actuels Boeing 757-200. Mais coup de théâtre ce mardi 3 décembre 2019 quand le transport annonce que finalement il tourne le dos à cette famille de biréacteurs américains pour s’orienter vers Airbus et son A321XLR. Et la commande est plus que conséquente avec cinquante exemplaires fermes. Il faut dire que United Airlines a subi de plein fouet les restrictions du 737 Max puisque ses quatorze Max 9 sont cloués au sol depuis mars. Autant dire que la compagnie perd de l’argent et doit reporter les vols prévus ses A319/A320 et ses très nombreux 737NG.

Même si officiellement le constructeur européen se défend d’abuser des désagréments que subissent Boeing et son 737 Max depuis la fin de l’hiver il est clair qu’il tire son épingle du jeu. Il faut dire que rarement l’histoire de l’aviation civile aura connu une affaire aussi sombre que celle-ci. Elle fait même oublier les drames vécus en leurs temps par feu McDonnell-Douglas et son DC-10 ou encore le consortium franco-britannique Concorde.
Bien que non encore en service commercial l’A321XLR semble être une belle réussite de l’avionneur européen.

Illustration © Airbus Group.

 

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7 COMMENTAIRES

    • Il reste de la place avec de la main d’œuvre à occuper chez Airbus avec la fin du 380. Rien qu’à Saint Nazaire, c’est plusieurs poste d’assemblage potentiel.

  1. Je suis français et européen. Tout ce qui peut nuire à Boeing est une bonne chose. Je pense pas que les américains s’en priveraient, eux qui lancent des sanctions à plusieurs milliards à chaque pets de travers de quelconque compagnie étrangère.

  2. Qui va à la chasse perd sa place, comme on dit. Les temps sont durs pour Boeing, je leur souhaite de se reprendre vite. En attendant, la nature ayant horreur du vide, Airbus fait le plein de commandes et c’est bon pour l’emploi en Europe ! 🙂

  3. Mais les USA ont mis la mains sur LATECOERE et d’autre sous traitant stratégique.
    Avec l’application conjointe du Foreign Account Tax Compliance Act, le Foreign Corrupt Practices Act, la loi Sarbanes-Oxley et renforcer, au cas ou, par le Cloud Act, Ils peuvent nous paralysé,comme ils l’ont déjà fait avec Alstom,
    Et ils le referont à n’en pas douter.
    L’extra territorialité du droit américains est faite avant tout pour empêcher les industries non US de prendre une quelconque forme ascendance sur eux.
    Le patriotismes et la souveraineté national sont primordial chez eux; loin devant toutes règles de pseudo libre échange!

  4. +1 pour latecoere mais le plus ennuyeux c’est que personne ne voit la potentialité de cet avion sur les aéroports de province qui risquent devoir doubler leur capacité notamment par les vols transatlantiques.

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