C’est directement la Federal Aviation Administration qui a révélé cette faille. Ce mercredi 26 juin 2019 ses enquêteurs ont annoncé que lors d’un vol réalisé sur simulateur il leur avait été impossible de récupérer correctement le contrôle de l’avion une fois le logiciel MCAS désactivé. Ce type de simulation est nécessaire afin de préparer le premier vol d’essais de l’avion, qui forcément a été encore repoussé. Et dans la foulée de cette annonce la santé financière de Boeing a été dégradée puisque l’action a chuté à Wall Street.

Plus de trois mois après la suspension «planétaire» des vols des avions de ligne 737 Max la situation ne s’arrange donc toujours pas pour Boeing. Car c’est bien la FAA qui supervise toutes les phases de tests autours des simulateurs de vols et prochainement des avions eux-même. Le constructeur n’est qu’en seconde ligne dans ces phases, ce qui montre bien que la confiance entre Washington et Seattle s’est profondément effritée. Le scandale du logiciel MCAS va laisser des traces durables.

Et aux enquêteurs fédéraux américains d’enfoncer le clou lors de leur conférence de presse puisqu’ils ont rappelé que sans le premier défaut majeur du logiciel MCAS jamais les deux drames récents n’auraient eu lieu. Pour eux c’est clairement désormais la seule explication aux accidents de Lion Air en octobre 2018 et d’Ethiopian Airlines en mars 2019. Pour mémoire ces crashs avaient entraînés la mort de 345 personnes, passagers et personnels navigants commerciaux confondus. Rappelons qu’un plongeur-sauveteur indonésien est également mort directement en raison de ces accidents.

Sommé de régler ce défaut jugé majeur par la FAA l’avionneur Boeing ne pourra donc pas faire voler son 737 Max en ce mois de juin. Les hypothèses les plus optimistes donnent un vol d’essais prévu entre le 7 et 15 juillet 2019. Pour autant cela n’impliquera pas du tout un retour à la normale et une exploitation commerciale de nouveau autorisée pour les avions de lignes. Là encore les autorisations devront venir de l’aviation civile américaine. Cette dernière communique fréquemment avec ses homologues européennes sur cet épineux dossier.

Photo © Keypublishing.

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2 COMMENTAIRES

  1. Boeing semblait rebondir de cette affaire à l’occasion du dernier salon aéronautique du Bourget de Paris, mais cette fois s’en est trop. C’est à se demander si des avions Boeing autres que le funeste 737 max n’ont pas de problèmes analogues ?

    • Je pense que non, les autres modèles n’ont pas eu des évolutions qui touchent aussi sensiblement à l’équilibre aérodynamique, en tout cas pas encore.

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