C’est le grand retour des Philippines dans le monde aéronautique contemporain. L’état-major de la force aérienne philippine a annoncé qu’il avait lancé une série d’études visant à se doter de dix à quinze chasseurs monoréacteurs multi-rôles. La compétition oppose en fait Lockheed-Martin à Saab, sans que d’autres avionneurs ne soient pour l’instant annoncés. Jusque là la chasse philippine se résumait à douze FA-50PH Golden Eagle.

En fait les généraux philippins sont partis fin 2018 d’un constat assez simple. Si ces nouveaux chasseurs légers livrés par la Corée du Sud sont très efficaces dans les missions d’appui aérien rapproché et d’interception d’aéronefs légers ils sont incapables en revanche de mener à bien des missions plus complexes. Il leur fallait donc un avion réellement polyvalent.
Seulement voilà les finances du pays, en proie depuis une trentaine d’années à une corruption galopante, sont au plus mal. Inutile alors d’espérer acquérir des avions de combat dans le top du top. Les Lightning II, Rafale, et autres Typhoon peuvent donc aller se rhabiller. Ils sont (beaucoup) trop onéreux. Les avions russes ne sont pas non plus en compétition car les relations entre Manille et Moscou sont loin d’être au beau fixe.

Reste donc les avions les moins chers. Et ça tombe bien puisque le cahier des charges initié par les Philippins prévoit que le futur avion soit monoréacteur. Il va donc voir s’affronter le presque nouveaux Lockheed-Martin F-16V Viper américain au à peine moins ancien Saab JAS 39C/D Gripen. Pas de F-16E/F ou de JAS 39E/F en jeu, ces deux versions sont là encore hors de propos financiers.
Et la compétition s’annonce âpre même si les autorités philippines ont annoncé avoir déjà un favori : l’avion suédois. Le Gripen est logiquement considéré comme plus polyvalent et intéressant pour ce pays que le Viper. Pour mémoire en 1995 l’aviation philippine avait déjà rejeté l’acquisition du F-16C/D Fighting Falcon.

Le prochain avion de combat, choisi selon toutes vraisemblances dans le courant 2020, sera donc le quatrième chasseur philippin à réaction de l’histoire. Avant lui il y eut le North American F-86D Sabre Dog entre 1957 et 1979, le Vought F-8H Crusader entre 1977 et 1988, et enfin le Northrop F-5A/B Freedom Fighter entre 1965 et 2005. Le cinquième si on retient le FA-50 Golden Eagle en service depuis 2017 comme un vrai chasseur.
Une compétition sur laquelle à coups sûrs nous reviendrons dans les semaines à venir.

Photo © Saab Group.

 

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6 COMMENTAIRES

  1. Comme quoi il y a un marché à l’export pour un mono moteur.
    Un voeux pieux : pour ramener la Suède du côté du projet SCAF pourquoi ne pas lui proposer la maîtrise d’oeuvre d’un mono moteur, à un prix abordable, intégré/intégrable à l’écho système SCAF et qui sera exportable ?

  2. Combien de pilotes ont eu la vie sauf due à un bi-réacteur, rien que pour avoir adopté cette formule, j’aurais aimé que la Belgique achète le Rafale.

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