L’annonce officielle est attendue pour ce jeudi 14 février 2019 au plus tard. Le ministère espagnol de la défense va rejoindre ses homologues allemands et français dans le programme de développement appelé SCAF. D’abord réticents Paris a finalement accepté d’élargir le programme à Madrid qui cherche aussi un remplaçant d’ici maximum vingt ans pour ses actuels Eurofighter Typhoon. C’est aussi un mauvais signal envoyé aux Britanniques et Italiens engagés de leur côté dans le programme concurrent Team Tempest.

Et afin de paraître un partenaire de poids il est annoncé que l’Espagne pourrait apporter une enveloppe de cinquante millions d’euros sur deux ans pour les études de pré-développement du SCAF. Une somme qui viendra s’ajouter aux cent trente millions apportés conjointement par l’Allemagne et la France pour la même période biennale. La lettre d’intentions doit être signée entre ce mercredi 13 et ce jeudi 14 février 2019 par la ministre espagnole de la défense auprès de ses homologues allemandes et françaises. Mesdames Robles, Von der Leyen, et Parly doivent se retrouver à Bruxelles dans le cadre d’un sommet ordinaire de l’OTAN.

Pour l’Ejército del Aire l’avion (piloté ou non) qui dérivera du SCAF succèdera aux actuels Eurofighter C.16 Typhoon, mais à priori pas à ceux qui devraient entrer en service entre 2021 et 2024. En effet l’aviation espagnole doit recevoir de nouveaux exemplaires d’ici deux à cinq ans afin de remplacer ses McDonnell-Douglas EF-18A/B Hornet encore en dotation. Des avions qui commencent à sérieusement accuser le poids des ans. Entre 2035 et 2040 les plus anciens des C.16 (la désignation des Typhoon dans la nomenclature espagnole) accuseront alors entre trente et trente-cinq ans de service… particulièrement intensif. Les plus récents eux possèderont encore au moins quinze à vingt ans de potentiel, et ne devraient pas présenter de souci majeur !

L’Eurofighter C.16 Typhoon en vol.

Pour mémoire les maîtres d’œuvres actuels du SCAF sont le groupe Airbus pour l’Allemagne, et donc très prochainement l’Espagne, et l’avionneur Dassault Aviation pour la France. Une fois la lettre d’intentions connue officiellement il restera aux dirigeants des trois pays à signer le protocole d’accord final. Il pourrait très certainement voir le jour en juin prochain lors du Salon du Bourget.
Plus que jamais le programme Team Tempest initié par les Britanniques et les Italiens comme réponse au SCAF semble isolé. Il est plus que probable que le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne ait un impact plus que négatif sur lui… et sur pas mal de programmes dans les secteurs de l’aéronautique et de la défense. L’industrie britannique pourrait, selon certains économistes pro-européens, d’ailleurs mettre plus de vingt ans à s’en remettre. L’ombre du Brexit n’a pas fini de peser sur le Team Tempest.

Photos © Ejército del Aire.

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14 COMMENTAIRES

    • Non car les deux appareils ne seront pas de la même génération. En 2040 le SCAF entrera ( normalement ) en service alors que le F-35 lui sera à mi-vie. D’ici là sûrement que les US seront sur un projet de nouveau chasseur qui lui fera de l’ombre au SCAF.

  1. Les british devraient refaire une élection pour ou contre le brexit. Face aux potentiels dégâts futurs il n’y aurait pas de honte, à mon avis.
    Mes les politiques ne pensent qu’à eux-mêmes, comme partout au monde. Du coup aucune chance que ça se fasse.

  2. Quand le scaf sortira et s’il n’a pas trop de déboires, vu les défis technologiques, le F35 devrait être mature car s’il ne l´est pas en 2040……

  3. Désolé pour mon commentaire sur le brexit. Si c’est vraiment trop politique le modo le supprimera.
    Mais d’imaginer l’industrie aéronautique britannique se casser la gueule, ça me degoute.

  4. Vous verrez que tôt ou tard l’Angleterre et l’Italie entreront dans le programme au nom d’une Europe de la défense stérile et on aura le droit à un deuxième Eurofighter Typhoon et une production débile étalé dans 5 pays, de quoi monter le coût unitaire inutilement. J’espère que c’est dassault qui s’occupera de l’aspect esthétique du zinc car le Typhoon je ne suis vraiment pas fan et surtout de ses entrées d’air en forme d’aspirateur à miettes. Et qu’ils gardent à tout prix la configuration sans dérives, ça fait vraiment avant-gardiste.

    • Je vais dans votre sens, Dimitri. La multiplication des  » avionneurs « , ce n’est pas comme les pains de Jésus: il n’y a jamais de miracle ! Depuis l’affaire NAVANTIA, j’ai une confiance vers les espagnols, disons… « relative ». Pour moi ils sont incapables de produire quelque chose de pointu, et devrons rester à leur place, en « deuxième échelon ». La coopération Européenne, oui, ça marchait. Il y a 50 ans,

  5. C’est un drôle d’exercice d’anticipation quand même, 2040 c’est dans 21 ans, deux décennies.
    Il peut se passer beaucoup de choses en 20 ans et il faut voir plus loin encore sachant que le système est prévu pour engager des menaces du spectre haut envisagées en 2050-60 et à l’horizon 70/75.
    Si on regarde en arrière, c’est comme se projeter en 2020 avec une vision de la guerre aérienne telle qu’elle existait en 1970.
    C’est un défi.

    • C’est intéressant, et je vous approuve. Encore que soyons un peu optimistes : l’avènement du tout-furtif que l’on nous annonçait dans les années 90 n’est pas aussi prédominant que cela à l’heure actuelle, à l’instar du tout-missile que nous promettaient les années 60.
      Preuve en est, les « papys » de 4° gen (F15-16-18 Gripen Rafale EF2000 SU30) font de la résistance et pèsen(ron)t encore sur le marché mondial pour quelques décennies, pour peu qu’ils soient équipés de missiles / radars / liaisons dernier cri.
      Il faut bien être honnêtes, l’arme aérienne crédible de premier plan est devenue un luxe que seul un « pool » d’une vingtaine de nations peut réellement se targuer de posséder (j’entends par là « appareils modernes en nombre suffisant, avec des capacités de projection, pour mener à très court délai des frappes unilatérales ou de l’A2/AD contre un ennemi doté de fortes capacités air et sol-air »). Dans ce cercle assez fermé de nations, on constate que les appareils en eux-mêmes sont juste un élément de l’équation, pour preuve on peut les dissocier de l’électronique embarquée, de l’armement et des liaisons de données, qui revêtent aujourd’hui une importance capitale. Bref des appareils up-to-date que l’on pourrait pourtant qualifier de déjà anciens (voire archaïques pour certains) peuvent faire le job, pour peu qu’ils aient des capacités de suivre le mouvement niveau technologie embarquée. Un appareil ultramoderne, dans cette vision, c’est donc à la fois beaucoup et pas grand-chose 😉 .

      Niveau planification / anticipation de la guerre aérienne à l’horizon milieu du siècle, c’est vrai que cela porte loin et que les concepts actuels vont être mis à l’épreuve avec ouverture sur l’avenir (les observateurs vont forcément se pencher sur les capacités du F35, on pensera aussi aux missiles hypersoniques, essaims de drones, mise en réseau des appareils, guerre cyber / électronique, nouveaux radars AESA…), mais il m’est avis que ce sont aussi aux industriels et aux armées de l’air d’être parties prenantes de la doctrine, car à vous lire au pied de la lettre, on pourrait se laisser dire que l’aviation de combat se contente de s’adapter aux menaces ou à des théories changeantes.
      Certes il y a du vrai là-dedans, car après tout, il est bien plus aisé et rapide de développer des systèmes radar / SAM et de créer de nouvelles doctrines d’emploi de ces moyens plutôt que de d’anticiper sur un avion de combat, mais je dois tout de même de tempérer, pour la simple et bonne raison qu’avec la durée de conception + maturation des appareils à l’heure actuelle qui se compte en décennies, ils sont de toute façon en théorie déjà dépassés dès leur mise en service et obsolètes à mi-vie, bref à peine nés ils courent après leur propre évolution !
      En théorie seulement, car on en revient toujours au petit nombre -très concret, lui- de nations réellement « capables » en la matière ainsi qu’aux chiffres des inventaires respectifs, et quand on se rend compte que les appareils en service ont toujours un temps de retard sur les concepts et les doctrines, cela porte tout de même à relativiser.
      Il est clair en tout cas que ce SCAF devra avoir une haute capacité d’évolution, logicielle comme offensive.

  6. Ils devraient demander à des personnes qui font des avions sur le net de concevoir le scaf, il y en à de très bien et ca leur coûterait peut être moins cher, quand je vois des schémas fait par des passionnés, ca doit leur prendre des heures à faire!

  7. Pourquoi est ce qu’on s’entète a vouloir faire des avions en cooperation europeene alors que l’on sait pertinament , qu’on va droit vers un echec . La France avait eu le nez creux en se retirant du projet eurofighter , mais s’est remise dans la mouise avec tous les autres projets europeen. Je prends en exemple le Nh90 ou l’A400m.
    Et ça va continuer avec ce projet Scarf.
    On.aurait mieux fait de filer ce projet uniquement a Dassault …

    • Il ne vous ai pas venu une seule fois à l’idée que Dassault Aviation n’avait peut-être pas les moyens d’assurer seul la maîtrise d’œuvre d’un tel programme ? Et puis en s’appuyant sur une coopération européenne on peut alléger l’amortissement économique de chaque pays partenaire.
      Enfin les avis que vous exposez concernant les programmes européens sont les vôtres, gagez que tout le monde ne les partage pas. Le NH90 Caïman est un hélicoptère qui fonctionne très bien, et que dire par le passé des programmes Jaguar, Transall, ou encore Tornado. À eux seuls ils annulent toutes vos critiques.
      Avec le SCAF c’est bien l’Europe de défense qui progresse plutôt que la défense de chaque pays. 🙂

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