Ils avaient décidé que leur engagement servirait à sauver des vies, ils en ont payé le prix fort. Ce lundi 2 décembre 2019, l’équipage d’un hélicoptère de la Sécurité Civile s’est tué dans l’écrasement de son biturbine Eurocopter EC145. Les trois hommes intervenaient pour une mission de reconnaissance et de sauvetage dans le Var, alors que Météo France avait placé une partie du sud-est français en vigilance rouge aux intempéries. On ignore encore actuellement les raisons exactes de l’accident, l’enquête permettra d’y voir plus clair.

Ils s’appelaient Jean Garat et Michel Escalin, et étaient tous deux membres de la Sécurité Civile. Pilote pour le premier et mécanicien de bord pour le second, tous deux œuvraient bien évidemment sur Eurocopter EC145. Leur indicatif était Dragon 30. Ils avaient accueilli à leur bord Norbert Savornin, sapeur-pompier secouriste héliporté appartenant au SDIS 13. Tous trois sont morts peu après minuit ce lundi 2 décembre 2019 alors que leur appareil survolait la commune du Rove dans la banlieue marseillaise. Leurs dépouilles ont été retrouvées aux alentours d’1 heure 30 du matin.

Pour une raison encore inconnue, le « Dragon 30 » s’est écrasé. Il avait décollé quelques minutes auparavant de la base de Marignane, où est basé en permanence Dragon 13, en direction de la commune du Luc dans le département du Var. Toute la région subissait une météorologie exécrable en raison d’un épisode méditerranéen particulièrement intense. Des vents soufflaient en rafale sur toute la zone tandis que des pluies diluviennes s’abattaient sur la région. Les pires conditions pour prendre les airs, pourtant en pleine nuit, l’équipage n’avait pas hésité une seule seconde. On ignore encore pourquoi l’hélicoptère a décroché avant de heurter le relief accidenté du Rove. Sise dans le célèbre massif de l’Estaque, cette commune est bien connue des amoureux de randonnées autant que de plongée sous-marine.

Il semble désormais acquis que l’hélicoptère se rendait en mission de recherches suite à l’annonce d’une disparition inquiétante près du Luc. Quelques heures auparavant ce même Dragon 30 avait participé à une mission d’hélitreuillage de sinistrés sur la commune de Pertuis dans le Vaucluse. Là encore il s’agissait d’une mission en relation avec cet épisode méditerranéen.

Les passionnés que nous sommes sont forcément effondrés devant un tel drame. Bien sûr que l’on sait que le sauvetage aéroporté est l’une des disciplines aériennes les plus contraignantes et les plus dangereuses, mais nous n’arrivons pas à nous y faire. Une chose est sûre 2019 restera comme une année noire pour notre Sécurité Civile après la mort cet été d’un pilote de Tracker lors d’un feu de forêt. Nos pensées vont aux familles de ces trois sauveteurs et à leurs collègues qu’ils soient dans les airs ou à terre.

Photo © Direction de la Sécurité Civile.

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9 COMMENTAIRES

  1. Peut être décrochage du RAC problème connu sur les EC 145….et je sais pas s’il a été résolu…. Avec un vol base hauteur pour cause de mauvais temps, cela ne pardonne pas…

    • La différence c’est que là il n’y avait pas d’informations contradictoires concernant l’accident et que toutes les données étaient concordantes, à la différence de la collision des deux hélicoptères de l’ALAT. Et pour info notre article était en ligne cinq heures après le drame et non dix heures après. 🙂

  2. Pour la collision en vol, il n’avait pas les données et ne voulait pas faire du BFmouise, Ici c’est différent, on peut malheureusement rendre hommage à leur engagement. Je ne vois pas le besoin de polémiquer, surtout que je trouve le compte-rendu sobre et émouvant.
    Après derrière un écran, il est facile de critiquer.

  3. ` »Fortune de mer »comme disent les marins. Toutes mes sincères sympathies pour ces familles qui subissent ce drame. Avec les fortes pluies qui sévissent dans le sud de la France, il me semble que vous éprouvez des difficultés avec la gestion des cours d’eau en zone inondable. Au Québec nous ressentons le même type de problème à chaque printemps avec la fonte de la neige dans nos nombreux cours d’eau. L’une des solutions consiste à exproprier des résidences dans ces zones problématiques..

  4. Membre de l ADRASEC 38 j ai effectué des missions de recherche balises SATER avec dragon 38 en alouette. Quelques secours speleos aussi. Toutes mes condoléances pour cette île ce perte.

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