C’est un accident fort heureusement très rare. Ce vendredi 2 août 2019 en après-midi un avion bombardier d’eau appartenant à la Sécurité Civile s’est écrasé en bordure de la commune de Générac dans le Gard. L’appareil en question était le Tracker numéro 22 et son pilote n’a malheureusement pas survécu à l’accident. Les causes de l’accident sont encore inconnues.

L’avion intervenait sur le feu de Générac dans le Gard. Cet incendie de nature a déjà ravagé plus de 500 hectares et Tracker 22 assurait la très dangereuse mission de guet aérien armé sur la zone. Il volait aux côtés d’autres bombardiers d’eau tels les Bombardier CL-415 et Dash 8.
C’est aux alentours de 17 heures 20 que l’accident a eu lieu. L’avion survolait une zone fortement impactée par l’incendie. Selon plusieurs témoins rapportés par l’Agence France Presse le bimoteur à turbopropulseurs s’est littéralement disloqué en heurtant le sol. Les équipes de secours ont mis près de trois quarts d’heure avant de réussir à rejoindre la zone de l’accident et elles n’ont pu que constater le décès du pilote de l’avion.

Tracker 22 était en service au sein de la Sécurité Civile depuis juin 1987. Il a été remotorisé six ans plus tard, délaissant ses moteurs en étoile d’origine pour des turbopropulseurs. À l’origine il avait appartenu à l’US Navy en tant que Grumman S2F Tracker et avait été construit en 1958 comme chasseur de sous-marins. C’est quelques années après son retrait du service qu’il a rejoint la lutte anti-feu en France. Il portait l’immatriculation F-ZBAA.

Pour mémoire les pilotes de bombardiers d’eau de la Sécurité Civile (qu’ils volent sur Tracker, Dash 8, ou CL-415) sont des gens de très grandes compétences. Il s’agit d’anciens pilotes de l’Armée de l’Air et de la Marine Nationale, des aviateurs très aguerris qui connaissent par ailleurs très bien leurs machines.
C’est le second accident mortel d’un avion de ce modèle depuis le début du 21ème siècle sur un feu de nature. Le précédent remonte à août 2005 et avait causé le décès de deux membres d’équipage.

Désormais c’est aux enquêteurs de comprendre comment s’est déroulé ce drame. Et l’état de l’environnement ne va pas leur faciliter la tâche, le site du crash étant actuellement cerné par les flammes. Un incendie a été déclenché par l’accident.

Pour de nombreux passionnés d’aviation comme nous ce genre de crash est forcément un déchirement, d’autant plus qu’ici il touche des pompiers volants. La rédaction de notre site présente ses plus sincères condoléances aux femmes et hommes de la Sécurité Civile et aux proches du pilote tué dans cet accident.

Photo © Sécurité Civile.

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10 COMMENTAIRES

  1. Et dire que ces Trackers auraient du être retirés du service il y a déjà plusieurs années mais faute de solutions de remplacement leurs retraites a été repoussée maintes fois. Structurellement ce sont des avions fatigués.

  2. « Structurellement ce sont des avions fatigués. » Dimitri, vous avez des infos précises à ce sujet? Certes ces aéronefs ne sont pas de la première jeunesse mais c’est du costaud car à l’origine ils servaient sur porte avions..Les cellules et les plumes sont étudiées pour les appontages et catapultages…Ce serait très étonnant que l’on laisse voler des avions fatigués structurellement pour ce type de mission contre les feux qui nécessite pas mal de facteurs de charges…

    • Je ne sais plus où j’ai lu ça, mais une personne disait il y a une paire d’année qu’il faudrait trouver une solution au plus vite pour le remplacement des trackers car ces avions souffrent de leur âge avancé, beaucoup ont passés les 60 ans, et que leur pilotage se faisaient de plus en plus dangereux.

    • Le Parisien a publié aujourd’hui un article sur cet accident, avec le titre choc « Crash dans le Gard : le Tracker, un avion qui devait s’arrêter de voler en 2008 ».

      Je cite: « Un rapport du Sénat de mars 2012 sur l’avenir de la flotte aérienne de la sécurité civile estimait que la « limite » de vie des Trackers était initialement prévue entre 2016 et 2020. En outre, ces avions génèrent aujourd’hui « des surcoûts de maintenance, car certaines pièces ne sont plus produites. Le remplacement de ces appareils est donc apparu comme une priorité à court terme », insiste le texte. »

      Le bombardement d’incendie fatigue très vite la cellule de l »avion.
      Mais la cas de cet accident, il semble que la responsabilité est d’origine humaine, le pilote aurait été victime d’une désorientation spatiale.

      cf:

      http://www.leparisien.fr/societe/crash-dans-le-gard-l-avion-qui-s-est-ecrase-un-modele-qui-devait-etre-retire-en-2008-02-08-2019-8128062.php

      https://www.senat.fr/rap/r05-452/r05-4527.html

      • C’est toujours impressionnant qu’après des drames humains de ce genre certaines personnes ne puissent s’empêcher de tomber dans la polémique aussi rapidement.

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