C’est une mission très importante pour la défense européenne autant que pour l’alliance Atlantique. Depuis le début de ce mois de mai 2020 un détachement de l’Armée de l’Air assure le rôle de défense aérienne depuis la base estonienne d’Ämari. La particularité de ce dispositif tient dans le fait qu’il a lieu en pleine pandémie de Covid19 et que les militaires français doivent donc respecter des mesures sanitaires drastiques. Pour autant ils ont pu pendant toute une semaine vérifier que celles-ci n’étaient pas contraire à l’exercice de leur profession.

Le principe de Baltic Air Policing, la mission de l’OTAN en charge de la défense aérienne des états baltes, repose sur les rotations d’alertes entre les unités déployées. Par tranche d’une semaine sur trois les militaires français sont en Alpha Scramble. C’est à dire que mécanos et pilotes doivent pouvoir faire décoller une patrouille de Mirage 2000-5F en quelques minutes seulement afin d’aller identifier tout avion intrus s’approchant ou violant l’espace aérien des pays baltes.

Et récemment c’est du lundi 11 mai au matin au lundi 18 mai que les pilotes français ont tenu cette alerte. En dehors de cette période ils pouvaient compter sur les collègues britanniques et espagnols eux-aussi déployés dans cette région européenne. L’Ejercito del Aire et la Royal Air Force stationnent par contre leurs avions de chasse en Lituanie. Ce sont respectivement des McDonnell-Douglas F/A-18A Hornet et des Eurofighter Typhoon FGR.4. Et durant cette semaine d’alerte les pilotes français ont décollé au moins deux fois pour des identifications, si on en croit les médias estoniens qui ont semble t-il trouvé leurs chouchous avec le monoréacteur français.

Le rôle de nos militaires étaient donc durant ces sept jours d’assurer la défense aérienne des trois états baltes face à la menace russe. Il n’est en effet pas rare que des avions envoyés par Moscou violent l’espace aérien d’un de ces trois petits pays européens. Il en va donc de la souveraineté de l’Union Européenne.
L’autre grande mission des avions de Baltic Air Policing est l’identification des avions civils et militaires évoluant aux limites des espaces aériens souverain mais avec les transpondeurs éteints. Dans 100% des cas il s’agit d’avion porteurs des marquages de nationalité russe. Généralement ils relient le territoire métropolitain russe et l’enclave de Kaliningrad. Si au passage ils peuvent espionner les positions de l’OTAN, pourquoi s’en priver ?

Lorsqu’ils ne sont pas en Alpha Scramble les militaires français ne se tournent pas les pouces pour autant. Ils enchaînent les vols d’entraînement et les vols au profit des forces alliées dans la région, notamment scandinaves. La vraie nouveauté de ce déploiement concerne les mesures de distanciation sociales édictées à la fois par les gouvernements français et estoniens. Elles sont si bien respectées par nos militaires qu’aucune contamination n’a pour l’instant été relevé à Ämari.
Pour mémoire nos avions devraient demeurer en Europe du nord jusqu’au mois d’août inclus.

Photos © Armée de l’Air.

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3 COMMENTAIRES

  1. Bonjour, petite question : ces interventions se font elles au nom de l’OTAN, ou uniquement de l’Union Européenne (ou encore d’une autre structure ?)

  2. Nos brave 2000 de retour dans les Etats baltes. C’est bon à savoir que les Estoniens considèrent nos -5 comme leurs « chouchou ».
    Par contre, vous nous éviterez le terme « souveraineté Européenne » ou encore pire « souveraineté de l’Union Européenne. »
    L’Europe comme continent et l’UE comme association politico-économique n’est ni une nation, ni un peuple. Donc le terme souveraineté n’est pas approprié. Surtout si c’est pour que des pays étranger s’occupe de l’espace aérien de pays souverain qu’est l’Estonie, la Lituanie ou autre (même si il s’agit d’allier). Ce sont des accords de défense commune via membre de l’OTAN.
    Dire que le terme souveraineté de l’UE existe n’est pas à proprement parlé un oxymore, mais plus une mauvaise interprétation du terme souveraineté.

  3. Louis Carteron 23 mai 2020 at 22 h 41 min
    « Bonjour, petite question : ces interventions se font elles au nom de l’OTAN, ou uniquement de l’Union Européenne (ou encore d’une autre structure ?) »

    C’est fait par l’OTAN.

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