L’affaire commence à faire grand bruit outre-Atlantique. L’état-major du Pentagone a annoncé ce jeudi 21 mai 2020 avoir abaissé la taille minimum pour entrer dans les écoles de pilotage de l’US Air Force. Une manière comme une autre à la fois d’endiguer le manque croissant de pilotes et d’ouvrir plus largement aux femmes. Si cela fonctionne la mesure pourrait être élargie à l’US Navy et l’US Marines Corps.

Jusque là il fallait mesurer au minimum 1 mètre 62 et au maximum 1 mètre 95 pour pouvoir espérer un jour piloter un General Dynamics F-16C Fighting Falcon, un Lockheed U-2S Dragon Lady, ou encore un Rockwell B-1B Lancer. Autant le dire tout de suite que ces mesures fermaient la porte à un bon nombre de femmes américaines.
En effet aux États-Unis les tailles moyennes de la populations des adultes de moins de 30 ans sont les suivantes : 1 mètre 60 pour les femmes et 1 mètre 76 pour les hommes. De nombreuses jeunes femmes pouvaient donc dire adieu à leurs rêves de se retrouver dans un poste de pilotage.

Cette volonté d’accueillir dans les rangs de l’US Air Force des femmes plus petites serait donc une victoire féministe dans l’Amérique de Donald Trump ? Il n’en est rien. C’est une mesure bien plus pragmatique. Le Pentagone n’ouvre pas l’aviation militaire à toutes les femmes mais à tous les adultes de moins de 30 ans mesurant moins d’un mètre soixante-deux. Hommes et femmes confondus donc.
D’autant qu’une règle demeure d’actualité : la taille des candidats assis sur un tabouret doit toujours être compris entre 86 et 101 centimètres. Et là clairement les associations de défense de l’égalité femmes-hommes hurlent au scandale. Car pourquoi accueillir des gens moins grands si au final le test de la position assise demeure toujours aussi excluant.

Car une fois encore il ne s’agit pas forcément d’accueillir plus de femmes mais plus de gens moins grands. Et dans la part de la population comprise entre 1 mètre 54 et 1 mètre 62 ce sont majoritairement des hommes qui réussissent à atteindre les 86 centimètres en position assise. La différence serait alors de quatre hommes pour une femme.
Mais au fait pourquoi 1 mètre 54 ? Tout simplement parce qu’en dessous de cette taille les militaires américains vous considèrent comme atteints de nanisme. Il faut savoir que la majorité des académies de médecine ne reconnaissent ce handicap physique qu’en dessous de la taille 1 mètre 30. Bon cette idée dans les armées américaines remontent au 19e siècle et à la guerre civile américaine.

Jeune femme pilote de Lockheed-Martin F-35A Lightning II au sein de l’US Air Force.

Avec cette mesure le Pentagone entend accueillir entre 18 et 22% d’élèves-pilotes de plus dans ses écoles. Des jeunes femmes et des jeunes hommes qui ainsi viendront eux-aussi se former sur Beechcraft T-1A, Cirrus T-53A, ou encore Northrop T-38C. Et ainsi conserver un nombre acceptable de pilotes pour ses unités d’active. L’US Air Force connait actuellement une crise grave, ses pilotes ne restant que quelques années en service avant de rejoindre le privé. Avec cette mesure elle espère éponger un peu ses fuites de cerveaux.
Si l’expérience réussit le Pentagone entend l’élargir aux autres armes.

Photos © US Air Force.

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6 COMMENTAIRES

  1. Tant que les salaire ne suive pas et s’aligne sur le privé, cette mesure n’aura aucune influence et cela malgré le coronavirus et ces suite dans l’aviation commerciale

  2. La défense de l’égalité femmes-hommes est un combat important mais il faut comprendre qu’entre le réglage en hauteur du siège et le réglage en profondeur des palonniers, le pilote doit rester capable d’effectuer toutes ses taches sans restriction : voir à l’extérieur et actionner toutes les commandes de l’avion.

  3. « Car pourquoi accueillir des gens moins grands si au final le test de la position assise demeure toujours aussi excluant »

    Tout simplement pour les raisons matérielles insolubles de la confection actuelle des avions et surtout de leurs sièges éjectables.

    Mais au moins les personnes de moins d’1m62 auront l’opportunité de passer le premier filtre de la taille. Et de pouvoir ensuite être dirigés vers les aéronefs pour laquelle leur taille est compatible. Si je ne dis pas de bêtise, jusqu’à présent les pilotes étaient recrutés dans l’optique de pouvoir être potentiellement dirigé vers le pilotage de n’importe quel appareil.

    Mais on est bien d’accord que la justification d’une décision prise exclusivement pour des raison d’égalité des sexes ça ressemble à du bon pipo, si la pression de la baisse des candidats n’était pas passée par là, cette mesure n’aurait sans doute pas été prise par une administration comme celle de Trump.

  4. En ce moment, avec la situation dramatique des compagnies aériennes, les flux de départ des pilotes vers le privé doivent être plus que ralentis. Ce sont plutôt des pilotes réservistes qui vont demander à être réactivés pour voler à plein temps dans l’USAF !

    • En fait il faut savoir que l’aviation d’affaire, très gourmande en anciens pilotes de chasse, est toujours aussi florissante aux États-Unis.

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