Sa présence en Afrique n’est plus du tout un mystère ! Depuis plusieurs mois l’Escadron Électronique Aéroporté 1/54 Dunkerque a élu domicile au sein de la force Barkhane. Son avion de recueil du renseignement C.160G Gabriel y assure une mission essentielle en participant à la traque des terroristes islamistes qui menacent la stabilité régionale autant que la sécurité en Europe. Beau challenge pour un avion que certains avaient enterré un peu trop rapidement.

C’est de manière totalement inopinée que le monde avait découvert la preuve que l’Armée de l’Air disposait d’un Transall C.160G Gabriel dans le cadre de l’opération Barkhane. Le ministère espagnol de la défense avait publié une photo de l’avion français en train de se faire ravitailler au-dessus de l’Afrique par un Lockheed KC-130H Hercules de l’Éjercito del Aire. C’était au début de l’année dernière. Le fameux cliché vous est reproduit ci-dessus.

Objectivement c’était là un secret de Polichinelle. Il était évident que si la France menait une guerre totale contre le terrorisme djihadiste dans le Sahel elle y possédait des moyens de renseignement aéroporté au plus haut niveau de ses capacités. Et ceux-ci n’allaient pas se limiter à l’emploi des drones MALE General Atomics MQ-9 Reaper achetés auprès des États-Unis et qui y font des merveilles.
La présence du Transall C.160G Gabriel était donc une évidence jamais confirmée.

Et aujourd’hui la récente élimination du chef djihadiste Abdelmalik Droukdel à la tête d’AQMI par des éléments français démontre forcément l’utilisation d’un tel avion. Sans le Gabriel impossible pour la force Barkhane de disposer de moyens d’écoute permettant de poursuivre les djihadistes jusque dans leurs caches les plus isolées. Malgré son âge désormais avancé cet avion demeure un espion volant de haute volée.

La base sur laquelle l’avion est stationné le plus fréquemment demeure cependant un secret bien gardé, pour d’évidentes raisons de sécurité. Par contre il est intéressant de voir que désormais le ministère des Armées communique à demi-mot sur le Gabriel et ses missions dans le Sahel. Récemment il a annoncé que l’avion-espion français était apte à être ravitaillé en vol par les nouveaux Lockheed-Martin KC-130J Super Hercules de l’Armée de l’Air. Une allonge qui se justifie par les dimensions du champ de bataille sahélo-saharien. Le territoire en question est aussi vaste que l’Union Européenne.
C’est dire si le C.160G Gabriel a besoin de transfert de carburant quand il patrouille en recherche de signaux ennemis.

Reste à savoir si les futurs Beechcraft Super King Air 350 ALSR seront aussi efficaces dans la région. À n’en pas douter la rusticité de la cellule du C.160 Transall à l’origine du Gabriel rend l’avion-espion français forcément adapté à la rudesse africaine.

Photo © Éjercito del Aire.

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3 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Arnaud,
    Encore merci pour vos excellents articles.
    Je me posais une question concernant l autonomie des beechcraft en remplacement des Gabriels. Leur autonomie, ne va t elle pas être un peu juste si il doivent effectuer les mêmes missions que les Gabriels ?
    Avez vous des Infos concernant les façon de ISR ?
    Encore merci pour votre site
    Chris, un lecteur assidu.

    • Bonjour Chris peu d’infos filtrent actuellement sur les ALSR et pas assez pour répondre actuellement à votre question de manière factuelle. Après le Falcon 2000 ISR est en plein développement, donc là encore je vous conseille la patience quand nous saurons nos lecteurs et lectrices seront informés.

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