L’affaire commence à faire grand bruit aux États-Unis. Des internautes et des journalistes ont révélé que ce vendredi 29 mai 2020 un drone de surveillance des frontières General Atomics Predator B appartenant à l’US Department of Homeland Security avait été utilisé afin de suivre en temps réel l’évolution des manifestations suite à la mort de George Floyd. L’avion sans pilote a orbité au-dessus de Minneapolis permettant de donner des images nettes aux forces de l’ordre. Un procédé aujourd’hui attaqué sur sa légitimité constitutionnelle d’autant que des zones d’ombre persistent encore sur cette mission aérienne.

Lorsqu’il est envoyé au-dessus de cette ville du Minnesota le drone réalise un vol de surveillance le long de frontière nord des États-Unis, celle commune avec le Canada. Il a décollé quelques temps plus tôt de sa base de Grand Forks dans le Dakota du Nord.
Et donc au bout de quelques minutes de vol il a été dérouté afin de réaliser une rotation totale au-dessus de Minneapolis. Sauf qu’aujourd’hui encore on ignore exactement qui a ordonné que le plan de vol de cet avion sans pilote soit modifié.

À 20000 pieds sous le drone des milliers d’Américains manifestent contre les violences policières et le racisme ambiant aux États-Unis. Quatre jours plus tôt George Floyd a été tué par un policier qui l’a asphyxié en maintenant son genou sur ses voies respiratoires. L’affaire a eu un retentissement phénoménale. La victime était noire et son meurtrier blanc.
Des milliers de gens sont alors descendus dans la rue pour hurler leur colère et leur indignation, totalement légitime reconnaissons-le.

Sauf que ce drone n’appartient pas à la police locale. Il s’agit d’un Predator B qui fait parti de la flotte de l’US Customs & Border Protection. Cette administration est en charge de la surveillance frontalière et gère la lutte contre l’immigration clandestine au sein de l’US Department of Homeland Security. C’est donc un moyen fédéral.
Or son intervention au-dessus de la ville pour ce qui n’est qu’une mission de maintien de l’ordre intervient plus de 24 heures avant que Donald Trump n’ait décidé de la mobilisation de moyens fédéraux pour enrayer cette vague de contestation. Du coup d’où est donc partie la décision de déployer un tel aéronef pour une mission qui n’est pas du tout la sienne ?

La révélation de ce survol au-dessus de Minneapolis est la conjugaison du travail de journalistes d’investigation et d’internautes passionnés dans le suivi radar des mouvements aériens. Du côté de la mairie de Minneapolis, autant que du gouverneur du Minnesota, ou encore des administrations fédérales c’est un silence pesant et gêné. Car un drone Predator B n’est pas exactement un drone quadricopter qu’on peut dégainer de l’arrière d’un SUV pour surveiller une manif. C’est un moyen très lourd, et très onéreux.

Les plus aguerris d’entre vous auront remarqué que l’US Department of Homeland Security appelle Predator B le drone que les militaires nomment MQ-9 Reaper. C’est le même avion sans pilote, à cela près que le premier est civil et totalement désarmé. Par contre ses équipements de surveillance sont tout aussi précis. Ce qui explique qu’il soit demeuré à 20000 pieds au-dessus des manifestants ce vendredi après-midi.

Photo © US Department of Homeland Security.

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