La date du 15 décembre 2005 restera sans doute dans l’histoire aéronautique. Ce jour là l’US Air Force faisait officiellement entrer en service le chasseur furtif Lockheed-Martin F-22A Raptor. Depuis lors l’avion demeure le seul avion opérationnel de supériorité aérienne à signature radar réduite dans le monde. Chinois et Russes courent toujours derrière les Américains.

Même au sol l’avion impressionne.

En ce tout début de vingt-et-unième siècle les avions furtifs ne sont plus du tout mystérieux. Depuis 1991 le monde connait l’existence de l’avion d’attaque Lockheed F-117A Night Hawk. Ses images durant les opérations en Irak contre les forces de Saddam Hussein ont fait le tour du monde, notamment grâce à la puissance médiatique de CNN. Aussi l’apparition d’un chasseur furtif dans l’arsenal américain passe relativement inaperçu pour le commun des mortels. Il en est tout autrement chez les militaires et les passionnés d’aviation.

Raptor prêt à glouglouter son carburéacteur en plein vol.

En ce jeudi 15 décembre 2005 le tout nouveau Lockheed-Martin F-22A Raptor entre donc en service au sein de l’US Air Force. Officiellement l’avion doit permettre le remplacement des plus anciens des McDonnell F-15 Eagle alors en service. Officieusement il va surtout redonner l’avantage et la totale maîtrise du ciel aux forces américaines. Grâce à ses services de renseignement l’Amérique sait que la Chine et la Russie tente également de mettre au point chacun un tel avion. Mais en cette fin d’année 2005 les deux pays en sont encore très loin.

Le F-22A Raptor volant de conserve avec son prédécesseur.

Alors pendant quinze ans le Lockheed-Martin F-22A Raptor va s’imposer comme la terreur absolue des cieux. L’avion de supériorité aérienne est présenté par le Pentagone comme le plus puissant chasseur de tous les temps. Surtout il est le moins aisément détectable par les aviations adverses. Les forces aériennes russes en font régulièrement les frais en s’approchant des côtes américaines. Désormais elles sont même obligés de faire escorter leurs avions de reconnaissance et leurs bombardiers par des chasseurs à long rayon d’action Sukhoi Su-35. Comble de l’ironie : eux aussi n’ont pas les moyens technologiques de détecter l’approche des Raptor.

Comme un air de puissance brute…

De chasseurs purs les Lockheed-Martin F-22 Raptor se sont mués peu à peu en avions multi-rôles, notamment durant la guerre contre l’autoproclamé État Islamique. Pour autant ces avions ont encore leurs détracteurs, et pas uniquement parmi celles et ceux qui n’y connaissent rien. Le prix prohibitif de l’avion en a fait la coqueluche des complotistes, haters et autres pessimistes de compétition. Ce qui ne touche évidemment pas les équipages de cet avion qui continuent d’œuvrer quinze ans plus tard sur le seul et unique chasseur furtif de supériorité aérienne au monde.

Photos © US Air Force

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7 COMMENTAIRES

  1. S’il est admis que ce soit un avion « furtif », je me pose la question de la furtivité 15 ans après sa mise en service. Quelques entreprises comme Thales ont bien du trouver la solution. Même si la discrétion est de règle dans ce métier.

    • Pour la furtivité passive, sûr que la forme ne peut évoluer mais le revêtement extérieur peut être amélioré pour la SER et des modifications pour refroidir les gaz éjectés pour la SIR.

  2. Effectivement, il est très agréable à regarder
    De la même manière, le B2 est unique dans 2 catégories: Bombardier furtif et aile volante, il est encore plus futuriste

  3. La difficulté n’est pas tant de détecter l’avion que d’avoir un missile capable de se verrouiller dessus.
    La taille des missiles à radar impose l’utilisation de la bande X qui est justement la bande de fréquence pour laquelle la furtivité de ces avions est conçue.

  4. L’un des plus beau appareils jamais conçu. Des formes bien proportionnées. Un design très réussi, copié mais jamais égalé. J’aime le reflet doré de la verrière. C’est dû au revêtement métallique d’oxyde d’indium-étain qui reflète les ondes radars ce qui participe à la furtivité. D’ailleurs il y a une anecdote a son sujet. En 2006 un pilote est resté coincé 5h au sol dans le cockpit à cause du verrouillage de la verrière. Les pompiers ont du découper la verrière avec des scies sabre. Coût de remplacement de la verrière: 182 000 $.

  5. Je suis beaucoup moins sensible que vous à la « beauté » de cet avion, surtout la partie avant.
    Le YF23 était beaucoup plus élégant à mon goût.

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